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La transmission des savoirs

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L’institutionnalisation de la transmission du savoir

  • L’Église a souvent été l’institution officielle et principale de la transmission. Or, au XVIIIe siècle, Condorcet a insisté sur la nécessité sociale et politique d’une « instruction publique », c’est-à-dire d’une école prise en charge par l’État.
  • Dans son livre, Cinq mémoires sur l’instruction publique, Condorcet énonce les principes fondateurs de l’instruction publique.
  • L’auteur affirme : « La société doit au peuple une instruction publique ».
  • Cette obligation consiste à ne laisser subsister aucune inégalité qui entraîne de dépendance, en effet l’inégalité d’instruction est une des principales sources de tyrannie
  • Le rôle politique de l’État est de réduire les inégalités naturelles. L’égalité de droit quant à l’accès des enfants à l’instruction, est un moyen fondamental de réduire ces inégalités.
  • L’inégalité d’instruction et de connaissance est un facteur d’inégalité politique, puisque ceux qui en savent moins sont placés dans un état de dépendance.
  • C’est une idée que Kant développe à la même époque dans Qu’est-ce que les Lumières ?, en parlant non de dépendance mais de « minorité ».
  • Ne pas être capable de penser par soi-même et de se servir seul de son entendement équivaut à être « mineur ». Le rôle de l’éducation doit être de rendre les individus « majeurs ».
  • L’égalité que Condorcet revendique est une égalité d’accès à la connaissance, non une égalité de connaissance. Il cherche à démontrer l’intérêt et l’utilité, dans la vie de tous les jours, de l’instruction publique et normalement égalitaire.
  • Condorcet rappelle des principes importants, liés à ses recommandations :
  • L’instruction publique peut « diminuer l’inégalité qui naît de la différence des sentiments moraux ». Chaque classe sociale produit en effet ses propres codes et sa propre morale, créant ainsi une disparité qui peut être source d’inégalité ;
  • Le rôle de l’instruction publique devra alors avoir pour effet de niveler par le haut les sentiments moraux.
  • De plus, Condorcet dit que l’abus de pouvoir provient notamment d’un abus du savoir : d’où la nécessité, dans une république, de transmettre le savoir à tous.
  • Il s’agit avant tout de devenir un citoyen éclairé et libre, ainsi qu’un père de famille instruit :
  • La notion de « bon père de famille » a longtemps prévalu dans le droit. Elle n’a bien sûr de sens que dans une société où les femmes se voient privées de l’accès à la citoyenneté.

Le rôle des instituteurs de la République selon Jules Ferry

  • Jules Ferry, dans une lettre adressée aux instituteurs datée du 27 novembre 1883, apporte des précisions à la loi du 28 mars 1882 qui prévoit d’introduire, dans les programmes d’enseignement des classes primaires, un enseignement moral et civique.
  • L’enseignement moral et civique porte sur les règles de conduites en société et qui devraient être les mêmes pour tous, ainsi que sur le fonctionnement juridique, institutionnel et politique du pays.
  • Les réformes scolaires portées par ce qu’on appelle les « lois Jules Ferry » vont également dans ce sens.
  • Elles reposent sur l’idée que l’éducation morale et l’instruction civique doivent être les mêmes pour tous.
  • Pour Jules Ferry, l’enseignement de la morale appartient en propre à l’école publique ; si elle était réservée à la sphère religieuse, elle ne pourrait pas prétendre à la même universalité, chaque religion reposant sur des préceptes différents.
  • Le point essentiel de la lettre est le suivant : « L’instruction religieuse appartient à la famille et à l’Église, l’instruction morale à l’école ».
  • La phrase met en jeu la distinction entre morale laïque et morale religieuse, distinction qui sera le pivot, en 1905, de la loi sur la séparation des Églises et de l’État.

Pourquoi certains n’aiment-ils pas les mathématiques ?

  • L’instruction scolaire est obligatoire pour tous et suit un programme national, que chaque écolier doit suivre.
  • Un programme commun n’implique pas nécessairement que les goûts, les intérêts et les facultés soient également répartis. Prenons l’exemple de l’enseignement des mathématiques :
  • tout le monde reçoit une formation en mathématiques, le programme va bien au-delà de notions élémentaires d’arithmétique et de géométrie ;
  • l’aptitude ou l’inaptitude pour les mathématiques est généralement à la mesure de l’intérêt ou du désintérêt que l’on a pour cette matière.
  • C’est un problème qu’a abordé le philosophe et professeur de philosophie Alain, il propose la maxime pédagogique suivante : « Calculez l’obstacle de façon qu’il puisse le franchir ; et ne soulignez pas d’abord toutes les fautes. »
  • Ce précepte s’appuie sur la pédagogie de l’obstacle : l’élève ne progresse pas par des cours magistraux adressés à tous mais en étant placé devant un obstacle à franchir.
  • L’intelligence du pédagogue consiste à poser devant l’élève des obstacles qui soient suffisamment pertinents pour que leur résolution permette un progrès mais, en même temps, suffisamment abordables pour que celui-ci puisse, par la production d’un effort, le résoudre, du moins en partie.
  • Il s’agit de valoriser le positif plutôt que signaler seulement des erreurs.
  • Il développera ces principes contre les consignes des inspecteurs pédagogiques : c’est l’enfant qui doit travailler, l’enseignant étant près de lui pour le guider. Ce dernier doit garder du temps pour continuer sa propre formation.