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Les fondements du commerce international

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Introduction :

Depuis la fin des années 1980, la croissance demeure l’un des objectifs prioritaires de tous les acteurs économiques et, dans un monde globalisé, elle est désormais fortement liée à l’insertion dans le commerce international.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les échanges internationaux ne sont pas récents. En effet, déjà sous l’Antiquité, les Romains échangeaient des épices, des étoffes et des pierres précieuses avec l’Asie ; les Chinois exportaient de la soie à destination des pays occidentaux. On parle des prémisses de l’internationalisation, c’est-à-dire de l’élargissement du champ d’activité d’une économie au-delà du territoire national.
Les échanges se sont accélérés depuis les années 1980. Désormais, les économistes utilisent le terme de mondialisation, qui désigne ce processus vers une circulation accrue des biens, des capitaux, des hommes, mais aussi des informations et des cultures.

Ainsi, ce cours aura tout d’abord pour objectif de mettre en évidence les grandes évolutions et les caractéristiques du commerce international, puis d’expliquer quels en ont été les déterminants, autrement dit les éléments qui ont permis son essor.

Les évolutions du commerce international

La croissance des échanges de la révolution industrielle à la veille de la Première Guerre mondiale

L’évolution du commerce international entre la révolution industrielle du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale est caractérisée par une multiplication par 25 des échanges, alors que la production mondiale n’a été multipliée que par 2,2 (source : Paul Bairoch, « Révolution industrielle et sous-développement », revue Tiers-Monde, 1964).

Ce sont principalement les pays européens qui participent à cette « première mondialisation » :

  • le commerce intra-européen représente 40 % des flux en 1913 ;
  • le commerce entre les pays européens et le reste du monde représente 37 % des flux à la même date.
  • En 1913, 77 % des échanges mondiaux impliquent des pays européens. Le Royaume-Uni domine d’ailleurs ces échanges sur toute la période allant du XIXe siècle au début de la Première Guerre mondiale.

COMPOSITION DES ÉCHANGES INTERNATIONAUX EN 1913 EN POURCENTAGES

Poids dans les exportations mondiales (%) Part des exportations de produits manufacturés dans les exportations totales (%)
France 12,1 57,9
Royaume-Uni 22,8 76,6
États-Unis 22,1 34,1
  • Ainsi, en 1913, les exportations françaises représentent 12,1 % des exportations mondiales, tandis qu’elles s’élèvent à 22,8 % pour le Royaume-Uni. Ces exportations se composent alors en majorité de produits manufacturés (57,9 % pour la France, 76,6 % pour le Royaume-Uni).

De nombreux facteurs permettent d’expliquer le développement de cette première mondialisation :

  • la révolution industrielle entraîne de nombreuses innovations dans les transports et dans les industries (développement du chemin de fer, construction de bateaux plus puissants et plus rapides…) ;
  • la croissance économique est forte ;
  • les entreprises commencent à chercher des moyens pour rentabiliser leur production en écoulant le trop-plein de production par l’ouverture vers d’autres acheteurs (export) ;
  • les entreprises souhaitent se fournir en matières premières inexistantes sur place ou moins chères à l’étranger (import) ;
  • la pensée économique se modifie, avec des auteurs comme Adam Smith et David Ricardo qui développent leur théorie du commerce international. Ces auteurs classiques vont montrer les avantages du libre-échange et de la spécialisation internationale.

Concernant les caractéristiques des échanges jusqu’en 1913, on peut différencier deux grands types de pays :

  • les pays qui ne sont pas encore rentrés dans l’ère industrielle, qui échangent les produits de leurs colonies (les épices, le chocolat ou le thé par exemple) et des matières premières, comme le Portugal ou l’Espagne par exemple ;
  • les pays qui sont en pleine révolution industrielle, comme l’Angleterre, l’Allemagne ou la France qui commencent à produire à grande échelle et s’échangent les produits issus de leurs spécialisations réciproques.

Au XIXe siècle, dans le monde, les produits échangés sont essentiellement composés de produits primaires (2/3 du commerce international).
En Europe, les importations sont pour beaucoup constituées de produits primaires (85 %), tandis que les exportations concernent principalement des produits manufacturés (60 %).

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À retenir

La première mondialisation débute au XIXe siècle avec une croissance des échanges supérieure à la croissance de la production.
Favorisée notamment par la révolution industrielle, cette mondialisation concerne principalement les pays européens, et en particulier le Royaume-Uni qui occupe la première place.
À l’échelle mondiale, les produits échangés sont essentiellement des produits primaires.

Un ralentissement des échanges de 1914 à 1945

Cette période est marquée par :

  • deux guerres mondiales ;
  • un ralentissement de la croissance du commerce international (ce dernier n’augmente que de 3 % entre 1913 et 1937) ;
  • la crise économique de 1929 ;
  • la montée du protectionnisme.
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Définition

Protectionnisme :

Il s’agit d’une politique d’intervention d’un État dans l’économie pour protéger ses intérêts nationaux face à la concurrence étrangère.
Par exemple, l’Union européenne a décidé en février 2019 de mettre des quotas sur les importations d’acier. Cette mesure vise à protéger les entreprises européennes qui verraient le prix de l’acier chuter du fait de l’entrée massive d’acier étranger.

Ces évènements ont des répercussions directes sur les échanges internationaux.

  • Les « pays neufs » (États-Unis, Canada, Japon) progressent plus rapidement que l’Europe. Durant cette période, l’Amérique du Nord participe pour 22 % au commerce international et le Royaume-Uni cède sa place de numéro un au profit des États-Unis.
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À retenir

La période d’entre-deux-guerres est caractérisée par un ralentissement des échanges internationaux. Ce phénomène s’explique d’une part par la volonté des pays de se reconstruire et d’autre part par un repli des pays (protectionnisme).
Cette période voit également apparaître de nouveaux pays dans les échanges : les États-Unis prennent la première place du commerce international.

L’évolution du commerce international depuis 1945

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et particulièrement depuis les années 1980, on observe une accélération des échanges internationaux et de l’ouverture des pays (en particulier pour les pays développés à économie de marché).

Cette période est caractérisée par :

  • une croissance exceptionnelle dans l’ensemble des pays (Trente Glorieuses) ;
  • des innovations technologiques ;
  • l’émergence de nouveaux pays industrialisés, dont par exemple les « quatre dragons » (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour).
  • Elle offre ainsi un climat propice au développement des échanges.

Ce sont principalement les organisations internationales qui ont permis cet essor.

  • Le Fonds monétaire international (FMI), organisme international créé en 1945, regroupe aujourd’hui 184 pays.
    Il a pour objectif d’assurer la stabilité financière et de faciliter les échanges internationaux.
  • La Banque mondiale, organisation internationale créée en 1944, est chargée de lutter contre la pauvreté et de promouvoir des projets dans les pays émergents.
  • Le GATT, signé en 1947, n’est pas une organisation internationale, mais un accord qui impose les règles du commerce international (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce).
  • L’OMC (Organisation mondiale du commerce) remplace le GATT en 1995 et devient la principale organisation internationale chargée de développer le commerce mondial. Elle est composée aujourd’hui de 149 pays membres.
    Son objectif principal est de mettre en place des accords commerciaux internationaux, de veiller aux respects de ces accords et de régler les différends commerciaux.

Le commerce international aujourd’hui

Répartition géographique des échanges

Les échanges s’effectuent principalement entre pays développés : Europe et Amérique du Nord en tête totalisent les trois quarts des échanges mondiaux.

Depuis les années 1970 cependant, des pays émergents se sont spécialisés dans la production internationale de produits manufacturés.
La plupart sont localisés en Asie orientale : Hong Kong, Taïwan, Singapour, la Corée du Sud ou encore la Chine. Ailleurs dans le monde, certains pays parviennent également à s’insérer avec succès dans l’économie mondiale, comme le Brésil, en Amérique latine.

Si tous les pays sont concernés par les échanges internationaux, un groupe de trois espaces se distingue : il s’agit de la Triade, qui rassemble l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie orientale.
Les pays membres de cet espace échangent principalement entre eux.

Dans le même temps, on constate que, de plus en plus, les échanges s’organisent prioritairement en grandes zones régionales (l’Union européenne en est une, mais aussi l’ALENA par exemple).

flux commerce international

Une nouvelle catégorisation des échanges

Si la répartition géographique des échanges a évolué, leur catégorisation aussi, avec la distinction entre les échanges intrabranche et les échanges interbranches.

  • Les échanges intrabranche sont principalement réalisés entre pays développés, et plus particulièrement ceux de la Triade.
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Définition

Échanges intrabranche :

Les échanges intrabranche désignent des échanges de produits similaires entre des pays à développement économique similaire.
Par exemple, la France échange des voitures avec l’Allemagne.

échanges intrabranche

  • En 2017, les échanges intrabranche de l’Europe à 28 représentent 57 % du commerce de l’ensemble régional. Autrement dit, en termes d’échanges intrabranche, l’Europe échange essentiellement avec l’Europe.
  • Néanmoins les échanges interbranches traditionnels demeurent.
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Définition

Échanges interbranches  :

Les échanges interbranches désignent des échanges de produits différents entre pays à développement économique différent.

Une structure nouvelle des échanges

Les produits échangés se répartissent en deux catégories :

  • les matières premières, regroupant les matières premières agricoles qui s’échangent de moins en moins depuis les années 1950, mais aussi les hydrocarbures et les produits miniers (denrées énergétiques), qui eux, restent stables ;
  • les produits manufacturés, c’est-à-dire des produits confectionnés à partir de matières premières. Ils connaissent une forte expansion et représentent aujourd’hui 65 % des exportations mondiales.

évolution exportations mondiales de marchandises

  • Ce graphique met en évidence l’évolution des types de marchandises exportés depuis 1900. En 1900, les produits agricoles représentaient 57 % des exportations contre 40 % pour les produits manufacturés. En 2011, les produits agricoles représentent 9 % des exportations contre 65 % pour les produits manufacturés.
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Attention

Notons qu’avec la tertiarisation des économies, une quatrième catégorie est apparue récemment et a tendance à se développer de plus en plus rapidement : le commerce des services (part des échanges de services dans les échanges internationaux : 20 %) principalement sur Internet.

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À retenir

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les échanges s’intensifient entre les pays et des organisations internationales ont été créées pour réglementer et favoriser ce commerce international.
Les pays de la Triade dominent toujours les flux mondiaux et multiplient les échanges intrabranche, mais les flux s’intensifient également dans les associations économiques régionales. De plus, plusieurs pays en développement se spécialisent dans des productions et se démarquer de plus en plus dans l’économie mondiale.
Les échanges concernent essentiellement des produits manufacturés, mais le commerce des services se développe toujours plus.

Les déterminants des échanges

Deux types de justifications aux échanges internationaux ont été mis en évidence de façon théorique. Il s’agit de la notion d’« avantage » (absolu ou comparatif) et de celle de « dotations factorielles » ou « dotations technologiques ».

Avantages absolus, avantages comparatifs

Les théories du commerce international insistent sur l’existence d’un gain à l’échange et sur les bienfaits de l’ouverture sur l’extérieur.

Adam Smith fut le premier à démontrer qu’en se spécialisant dans une production spécifique, chaque nation contribue à obtenir une allocation des ressources optimale au niveau mondial, c’est-à-dire à une meilleure répartition des ressources au niveau mondial.
Pour Adam Smith, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle il dispose d’un avantage absolu par rapport à une autre, par exemple en raison du climat ou de ses connaissances technologiques.
Par exemple, le climat tropical de certaines régions africaines rend la production de mangues plus avantageuse qu’en France. Dès lors, les pays africains concernés pourront éventuellement se spécialiser dans ce type de production.

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Définition

Avantage absolu :

Un avantage absolu est une production pour laquelle un pays donné a des coûts de production et/ou d’exploitation inférieurs à ceux des autres pays.
Pour Adam Smith, chaque pays a donc intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle il est le meilleur en termes de coûts de production.

Deux pays ont intérêt échanger chacun le produit pour lequel ils détiennent un avantage absolu par rapport à l’autre. Il y a donc, pour chacun d’entre eux, un véritable intérêt à se spécialiser et à s’ouvrir.

  • Ils peuvent ainsi vendre davantage à l’étranger en raison de prix concurrentiels et importer des produits qui coûteraient plus chers s’ils étaient produits chez eux.

Pour Adam Smith, si un pays ne détient aucun avantage absolu, il n’a pas intérêt à échanger.
David Ricardo nuance cela : si un pays n’a pas d’avantage absolu, il doit échanger des produits pour lesquels il détient un avantage comparatif.

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Définition

Avantage comparatif :

On parle d’avantage comparatif lorsqu’un pays se spécialise dans une production pour laquelle il possède des avantages de coûts relatifs par rapport à d’autres de ses productions.

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Exemple

David Ricardo prend l’exemple suivant :

Portugal Angleterre
Production xx de vin 80 h de travail 120 h de travail
Production yy de draps 90 h de travail 100 h de travail
  • En Angleterre, la production d’une quantité xx de vin nécessite 120 heures de travail, contre 80 heures au Portugal.
  • Toujours en Angleterre, la production d’une quantité yy de draps nécessite 100 heures de travail, contre 90 heures au Portugal.
  • Dans les deux cas, le Portugal est le plus productif, c’est lui qui détient l’avantage absolu.
    Mais dans ce cas, selon l’analyse de Smith, l’échange n’est pas possible, car l’Angleterre ne dispose d’aucun avantage.
    En revanche, pour Ricardo, l’échange doit avoir lieu, tout le monde doit être gagnant : le Portugal doit abandonner la production de draps pour se concentrer sur le vin pour lequel son avantage par rapport à l’Angleterre est bien plus fort. De cette façon, il va pouvoir encore améliorer son avantage comparatif, en laissant à l’Angleterre la possibilité de se spécialiser dans les draps, production pour laquelle elle a le moins grand désavantage.
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À retenir

Adam Smith et David Ricardo ont montré à travers leur théorie que les pays ont intérêt à se spécialiser et à échanger au niveau international.
L’analyse de David Ricardo montre que ces échanges internationaux sont possibles pour tous les pays et sont un jeu à somme non nulle, ce qui signifie que tout le monde peut y gagner. Cette analyse permet encore aujourd’hui d’expliquer les fondements du commerce international.

La théorie des avantages comparatifs de Ricardo a fait l’objet de travaux de la part de Hecksher et Ohlin (modèle HO), puis le travail a été complété dans les années 1940 par Samuelson (modèle HOS). Ces économistes ont ainsi tenté d’expliquer les avantages comparatifs des pays.

Dotations factorielles, technologiques et division internationale du travail

  • Analyse des dotations factorielles

Le théorème HOS ou « théorie des dotations factorielles » stipule que les pays doivent se spécialiser dans la production pour laquelle ils bénéficient naturellement d’un avantage en termes de facteurs de production.
Chaque pays se spécialise donc dans la production et l’exportation de biens qui utilisent le plus intensément le facteur de production le plus abondant.

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Exemple

Voici quelques exemples :

  • L’Allemagne détient beaucoup de capitaux, elle aura donc intérêt à se spécialiser sur les productions nécessitant un capital important ;
  • La Chine dispose d’un grand nombre de travailleurs, elle peut donc se spécialiser dans les productions exigeant une quantité de facteur travail importante.
  • La Suède possède des espaces maritimes exploitables, elle peut se spécialiser dans l’élevage de poissons.

L’économiste Wassily Leontief a voulu vérifier le modèle HOS sur les États-Unis.
Les États-Unis détiennent relativement plus de facteur capital que de facteur travail. Si l’on utilise le théorème d’HOS, les spécialisations américaines devraient se faire dans des domaines utilisant plus de capital. Les États-Unis devraient donc exporter des produits à forte intensité capitalistique et importer des produits utilisant beaucoup de travail.
Or, Léontief constate qu’il y a plus d’intensité capitalistique dans les importations américaines que dans leurs exportations : c’est ce que l’on appelle le paradoxe de Leontief.

  • Pour résoudre ce paradoxe, Leontief distingue alors le facteur travail qualifié et le facteur travail non qualifié : les États-Unis disposent en abondance de facteur travail qualifié, comparativement aux autres pays. Il est donc logique que leurs spécialisations se tournent vers des produits utilisant en abondance du facteur travail qualifié.
  • Analyse des dotations technologiques

Cette analyse a été proposée par Michael Posner en 1961. Cet économiste a montré que l’innovation et les dépenses en recherche et développement procuraient aux firmes ou aux pays un avantage technologique valorisable sur le marché international.

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Exemple

Par exemple, une firme détient le monopole dans la production d’un bien nouveau. Si ce bien est consommé à la fois sur le territoire national et à l’étranger, cela génère des flux d’exportations. La firme se retrouve en situation de monopole temporaire tant que d’autres firmes n’ont pas mis au point un produit concurrent.

  • L’innovation procure donc un avantage temporaire dans la production et l’exportation.
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À retenir

L’analyse ricardienne et le théorème d’HOS permettent d’expliquer les échanges interbranches, ou ce que l’on appelle la division internationale du travail (DIT) traditionnelle.
Les pays se spécialisent dans les productions dont ils détiennent les facteurs de production en abondance. Les différentes économies du monde se répartissent les activités de production entre spécialités complémentaires. Les économies nationales sont donc connectées entre elles et interdépendantes.

D’autre part, l’analyse des dotations technologiques prouve que l’avance technologique procure un avantage comparatif et que la compétition internationale ne passe pas uniquement par des avantages naturels ou des facteurs abondants, mais qu’elle peut provenir de l’innovation de produits ou de procédés.

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Définition

Division internationale du travail :

La répartition des activités de production entre plusieurs États est appelée division internationale du travail, (DIT). Elle désigne la spécialisation de pays dans certaines productions complémentaires de biens et de services qu’ils s’échangent en maîtrisant l’intégralité du processus productif.

Cependant, si l’on regarde la nature des échanges aujourd’hui, il existe, comme nous avons pu le voir, des échanges intrabranche, c’est-à-dire de produits similaires. De nouvelles théories permettent d’expliquer ces nouveaux échanges.

Les déterminants des échanges intrabranche

En 1961, l’économiste Staffan Linder centre son analyse sur la demande domestique (ou intérieure) : il montre que le marché international n’est que le prolongement du marché national.
La demande locale détermine le type de production envisageable. Le surplus non consommé par le marché local sera alors exporté.

  • On comprend donc que les échanges vont se tourner vers des pays à développement économique similaires (les demandes étant similaires).

Bernard Lassudrie-Duchêne approfondit cette idée de demande dans les années 1970. Il montre que le consommateur cherche à se distinguer : il choisit de consommer des produits étrangers ayant des caractéristiques différentes de la production locale (différences qualitatives, de marques, de finition…).

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À retenir

La demande est un facteur explicatif des échanges de produits similaires. Le besoin de différenciation permet d’expliquer l’échange intrabranche.
Les pays à développements économiques similaires vont donc échanger des produits similaires, mais aux caractéristiques différentes.
Ces échanges sont caractéristiques de la nouvelle division internationale du travail.

Conclusion :

Les échanges internationaux, initiés dès la révolution industrielle, se sont fortement développés tout au long de la seconde moitié du XXe siècle. Ils représentent aujourd’hui un poids considérable dans les PIB des pays du monde. Les produits manufacturés sont ceux qui s’échangent le plus et leur nombre ne cesse d’augmenter, même si la part des services croît sensiblement.

Les échanges sont inégaux : ils se concentrent en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, laissant de côté une grande partie du reste du monde.

Les échanges se justifient par plusieurs théories qui s’appuient sur une analyse des facteurs de production de chaque pays : les avantages absolus, les avantages comparatifs et les dotations factorielles. Les spécialisations qui en découlent ont conduit à une répartition des activités productives à l’échelle mondiale, appelée division internationale du travail.
On observe aujourd’hui une nouvelle division du travail caractérisée par la distinction entre des échanges intrabranche et interbranches.