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Mutilations de la guerre et détention

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Les gueules cassées

  • L’aggravation des blessures durant la guerre de 14-18 développe la médecine et la chirurgie réparatrice qui tentent de redonner aux soldats défigurés un visage moins effrayant.
  • Il y a donc, pour le moi, un « avant » et un « après ».
  • Maurice Genevoix l’un des témoins du moi mutilé, constate le traumatisme laissé dans La Mort de près. Il décrit l’horreur qui vient du mélange d’effroi mental et de douleur physique.
  • Au moment où l’on se sait blessé et se demande si l’on va survivre à ses blessures, une frontière disparaît : celle qui sépare le blessé qui va peut-être s’en sortir grâce à des soins de l’homme agonisant qui ne reviendra pas vivant du champ de bataille.
  • Le visage de l’autre est ce qu’on ne peut supporter. Le regard non mutilé ne peut soutenir le regard du mutilé. Et le regard du mutilé ne peut tenir son regard sur ce visage intact qu’il n’aura plus jamais.
  • La défiguration n’est pas seulement physique, elle touche au plus profond de la subjectivité. Avec le visage, c’est l’identité même du moi qui est mise en miettes.
  • Le sujet peine alors à s’inscrire de nouveau dans l’humanité et se rend compte qu’il ne sera plus jamais le même.

Le moi avant et le moi après la guerre

  • La période du retour de la guerre et de la captivité est un moment où l’ancien soldat éprouve la différence entre le moi avant et le moi après la guerre.
  • Georges Hyvernaud a fait le récit de cette transformation tragique du moi qu’il a vécue dans son ouvrage La Peau et les Os.
  • Il y montre le contraste entre ce qu’il éprouve au fond de lui-même – sa souffrance – et la perception que les autres ont de lui, se comportant comme si rien ne s’était passé.
  • L’expérience de la guerre marque le moi à jamais et paraît le tenir définitivement à distance des autres.
  • Levinas parle de « tumeur de la mémoire », pour évoquer le souvenir de l’horreur que le temps n’efface pas.

La mort du moi : concentration et extermination

  • La destruction du moi est un thème également abordé dans les récits de prisonniers de camps de concentration.
  • Primo Levi, dans son livre Si c’est un homme, décrit son internement et les conditions d’emprisonnement dans le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz en 1944.
  • La phrase « nous avons touché le fond » montre que le moi subit l’altération « la plus grave », non pas le changement d’identité mais l’anéantissement de l’identité.
  • L’humain a perdu son humanité.
  • Soljénitsyne, lui, a décrit les conditions de captivité dans les camps du Goulag dont il a été victime. Dans L’Archipel du Goulag, publié en 1973, il traite du système carcéral et du travail forcé. Il a été composé à partir de 227 témoignages de prisonniers ainsi que celui de l’auteur.
  • L’auteur y dénonce le système stalinien, l’existence des camps du Goulag faisant partie d’un système comprenant d’autres crimes contre l’humanité : purges stalinienne, procès joués d’avance, torture, ainsi que l’holodomor : l’« extermination par la faim ».