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Mutilations de la guerre et détention

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Introduction :

La guerre est une cause de la métamorphose du moi. Rimbaud, à 16 ans, dans le contexte de la guerre franco-prussienne de 1870 et précisément celui de la bataille de Sedan, écrit « Le Dormeur du val ». Ce poème décrit un soldat mort, apparemment apaisé, dans une nature accueillante :

« Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »

Mais les immenses traumatismes des deux guerres mondiales laisseront, quant à eux, des récits beaucoup moins « bucoliques ». Les « gueules cassées » de la guerre de 14-18, tout comme les rescapés des batailles, des camps de prisonniers et de travail, des camps de concentration et d’extermination, seront les témoins tragiques de la transformation de leur propre « moi ». Il est évident qu’une guerre est un événement dont on ne ressort pas indemne : il s’agit dès lors de s’interroger sur ces différentes formes de transformations destructrices.

  • Comment la guerre détruit-elle le « moi » ?

Les gueules cassées

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Rappel

Les « gueules cassées » est le nom que l’on donne aux soldats qui ont subi des mutilations du visage durant la Première Guerre mondiale, avec des séquelles physiques et psychologiques graves.

Les « gueules cassées » prennent leur place dans l’histoire des blessures de guerre : durant les campagnes napoléoniennes, on parlait des blessés de la tête en utilisant l’expression « les invalides à la tête de bois ». Durant la guerre de 14-18, l’usage d’armes modernes (obus, grenades ou balles explosives) aggrave l’atrocité de la blessure faciale.

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Astuce

L’expression « gueules cassées » vient du colonel Picot, premier président de « l’Union des Blessés de la Face et de la Tête ».

Certains hommes, profondément marqués par la guerre, n’ont pu se réintégrer dans la vie sociale. Certains ont été internés. La médecine et la chirurgie réparatrice se sont développées (greffes, prothèse, masques) pour tenter de redonner aux soldats défigurés un visage moins effrayant. Il y a donc, pour le moi, un « avant » et un « après ».

L’abondance de la littérature sur le sujet est à la mesure du traumatisme qu’il a laissé. Maurice Genevoix est l’un des témoins du moi mutilé, ce que l’on constate notamment dans ses livres Sous Verdun et La Mort de près.

Maurice Genevoix (1890-1980) est un écrivain et poète français. Il témoigne, dans certaines de ces œuvres, de la Première Guerre mondiale à laquelle il a participé et où il a été blessé.

Dans cet extrait de La Mort de près, Genevoix décrit les soldats blessés durant les combats.

« Ce qui m’a frappé ce jour-là, au fort de la première bataille meurtrière où je le voyais jeté, c’est la pâleur et le fléchissement des traits qui altèrent instantanément leur visage, la détresse qu’avouent leurs yeux, et le désir, avec la fièvre commençante, qui les fait briller : être loin, le plus loin possible, dans le monde des autres hommes où les balles ne sifflent plus. Tout cela est d’ordre physique. C’est le corps qui comprend dans l’instant presque où il perçoit. Faute de cette participation charnelle, l’intelligence, le raisonnement ne seraient que de faible prise, la générosité guère plus. […]

Le premier n’avait plus de nez. Il courait en baissant la tête, penchant vers les feuilles mortes ce trou béant, saignant, où éclosaient de grosses bulles roses. Le second le suivait à quelques mètres. Une balle lui avait fait sauter la moitié inférieure du visage. Une seule balle ? Je me rappelle m’être demandé si cela était possible : un minuscule lingot de métal, et aussitôt cette bouillie rouge, gargouillante ; et au-dessus les yeux, leur stupeur, leur détresse, leur regard insoutenable. […] Un peu plus loin un grand blessé, un capitaine d’artillerie lourde, couché sur un brancard que ses porteurs avaient posé, pour un instant, dans l’herbe de l’accotement. Sa tête, bandée jusqu’au-dessous des yeux, creusait la toile profondément et le sang, autour d’elle, la ceignait d’une auréole rouge. Cette vision m’est restée. Une montée de pitié m’avait porté vers cet inconnu. J’avais senti avec une force singulière la misère, la déchéance de cet homme dans la vigueur de l’âge et que la vie était en train d’abandonner. »

Maurice Genevoix, La Mort de près, 1972.

Genevoix décrit d’abord le regard des corps en sursis qui viennent, au cœur du combat, de recevoir une balle ou un éclat d’obus. L’horreur vient du mélange d’effroi mental et de douleur physique. Ensemble, les deux révèlent de façon instinctive, humaine et animale à la fois, la conscience de l’imminence possible de la mort et, en tout état de cause, la réalité de la blessure. À ce moment même où l’on se sait blessé et où l’on se demande si l’on va survivre à ses blessures, une frontière disparaît : celle qui sépare le blessé qui va peut-être s’en sortir grâce à des soins de l’homme agonisant qui ne reviendra pas vivant du champ de bataille.

Vient ensuite l’instant où la gueule cassée qui a survécu est vu à l’hôpital. Dans l’extrait suivant, tiré de Sous Verdun, Maurice Genevoix décrit les soins que reçoivent les soldats blessés après les combats.

« Il n’a plus de nez. À la place, un trou qui saigne, qui saigne… Avec lui, un autre dont la mâchoire inférieure vient de sauter. Est-il possible qu’une seule balle ait fait cela ? La moitié inférieure du visage n’est plus qu’un morceau de chair rouge, molle, pendante, d’où le sang mêlé à la salive coule en filet visqueux. Et ce visage a deux yeux bleus d’enfant, qui arrêtent sur moi un lourd, un intolérable regard de détresse et de stupeur muette. Cela me bouleverse, pitié aux larmes, tristesse, puis colère démesurée contre ceux qui nous font la guerre, ceux par qui tout ce sang coule, ceux qui massacrent et mutilent.
Et nous voyons des visages dont les yeux seulement apparaissent, fiévreux et inquiets, tout le reste deviné mutilé sous les bandes de toile qui dissimulent ; des visages borgnes, barrés de pansements obliques qui laissent couler le sang le long de la joue et dans les poils de barbe. »

Maurice Genevoix, Sous Verdun, 1916.

Après le combat, tout ce qui est mutilé se cache sous les indispensables pansements, faits pour soigner, certes, mais qui semblent aussi vouloir cacher les chaires et les os détruits et, pire, parfois absents. Cet extrait relate un face à face entre l’auteur et un soldat mutilé. Le blessé n’a plus que ses yeux, pour voir et être vu. Mais même soutenir le regard de l’autre, dans les deux sens, semble insupportable : le visage de l’autre est ce qu’on ne peut supporter. Par pudeur, le regard non mutilé ne peut soutenir le regard du mutilé. Dans l’autre sens, le regard du mutilé ne peut tenir son regard sur ce visage intact, harmonie physique qu’il ne connaîtra plus jamais.

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À retenir

La défiguration n’est pas seulement physique, elle touche au plus profond de la subjectivité. Avec le visage, c’est l’identité même du moi qui est mise en miettes.

Le sujet peine alors à s’inscrire de nouveau dans l’humanité et se rend compte qu’il ne sera plus jamais le même.

Le moi avant et le moi après la guerre

La période du retour de la guerre et de la captivité est un moment où l’ancien soldat éprouve de façon aigue la différence entre le moi avant et le moi après la guerre. La question qui se pose est alors la suivante : un retour à la normale est-il possible ?

  • La vie reprend-elle son cours après des années de souffrance et tourments, années qui ne seraient qu’une parenthèse dans la vie ?
  • Ou bien, au contraire, la guerre n’est-elle pas une brèche qui continuera à marquer le soldat toute son existence durant, et notamment dans son for intérieur ?

Georges Hyvernaud a fait le récit de cette transformation tragique du moi, qu’il a vécue.

Georges Hyvernaud (1902-1983) est un écrivain français. Il est l’auteur de deux récits portant sur sa captivité dans des oflags (camps d’officiers prisonniers) en Poméranie, La Peau et les Os et Le Wagon à vaches.

Dans l’extrait suivant, Hyvernaud, après sa captivité, décrit son retour parmi les siens.

« Parce que votre existence a été éventrée, retournée par l’événement, vous imaginez vaguement que vous aviez droit à du neuf, que vous alliez repartir à zéro. Pas du tout, ça se recolle, ça se retape, c’est comme avant. On ne part pas, on continue. On recommence. On remet ça. On remet sa vieille veste, on remet sa vieille vie. La vie se remet à couler dans ses vieilles petites rigoles. Comme s’il n’y avait rien eu. On a retrouvé sa place. Ma place de passant parmi les passants, ma place d’homme dans la rue, d’homme dans le métro. Nous sommes des hommes et des hommes à couler comme ça, dans des couloirs. À couler le long des murs, le long des barrières, et tout est tracé d’avance, les portillons s’ouvrent et se referment, on n’a qu’à se laisser couler. On est des globules de cette espèce de sang qui coule dans le corps des villes. J’ai retrouvé ma place de globule. Et quelque fois ça se coagule, ça forme un petit caillot. Ça se rassemble dans une salle à manger qui sent la vieille femme et le vieux chien. Merlandon me verse du bourgogne. Ginette fait à son vétérinaire des sourires de magazine. “Tante Julia tient tellement à ce que nous déjeunions chez elle dimanche, m’a dit Louise, c’est pour fêter ton retour.” D’accord. Nous irons chez Tante Julia. Chez tous les oncles, toutes les tantes, tous les cousins, j’en ai des tas. Tout le monde est gentil avec moi, je ne peux pas me plaindre. Ils me demandent si j’ai maigri. Ils me disent : “Les prisonniers, ce n’était pas comme les déportés.” Je réponds : “Bien sûr, ce n’était pas la même chose.” »

Georges Hyvernaud, La Peau et les Os, 1949.

Ce qui frappe, dans cet extrait, c’est le contraste entre ce qu’Hyvernaud éprouve au fond de lui-même (dans sa tête, il souffre et est encore dans l’oflag) et la perception que les autres ont de lui, se comportant comme si rien ne s’était passé, comme si la guerre et la captivité n’avait pas été si graves, puisqu’il en est revenu. Ses proches se consolent en disant qu’il a vécu les camps de prisonniers et non les camps de concentration.

Extérieurement, tout semble donc redevenu « comme avant », la routine a repris. Les autres se veulent rassurants et rassurés. Hyvernaud lui-même se tait, ne montre rien de sa douleur ni de son traumatisme, et conforte ainsi les autres dans leur attitude à son égard. L’ambiance est celle du non-dit et du doute.

  • Pourquoi les autres n’abordent-ils pas la question de la captivité ? Par pudeur ? Par égoïsme ? Par peur de déranger Hyvernaud ?
  • Et pourquoi Hyvernaud n’aborde-t-il pas la question de sa captivité ? Par peur de déranger les autres et leur routine ? Souhaite-t-il enfin « avoir la paix » ?

Là encore, l’expérience de la guerre marque le moi à jamais et paraît le tenir définitivement à distance des autres. Levinas parle de « tumeur de la mémoire », pour évoquer le souvenir de l’horreur : le temps ne l’efface pas, il pèse au contraire de plus en plus lourd sur l’intériorité, parfois jusqu’à l’empêcher de vivre.

La mort du moi : concentration et extermination

Alt texte Primo Lévi dans les années 1950

La destruction du moi est un thème également abordé dans les récits de prisonniers de camps de concentration, ceux du nazisme comme ceux de l’URSS et de l’administration du Goulag.

Primo Levi, dans son livre Si c’est un homme, décrit son internement et les conditions d’emprisonnement dans le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz en 1944.

Primo Levi (1919-1987) est un écrivain et docteur en chimie italien.

« […] nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte : la démolition d’un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît : nous avons touché le fond. Il est impossible d’aller plus bas : il n’existe pas, il n’est pas possible de concevoir condition humaine plus misérable que la nôtre. Plus rien ne nous appartient : ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures, et même nos cheveux ; si nous parlons, ils ne nous écouteront pas, et même s’ils nous écoutaient, ils ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu’à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste.
Nous savons, en disant cela, que nous serons difficilement compris, et il est bon qu’il en soit ainsi. Mais que chacun considère en soi-même toute la valeur, toute la signification qui s’attache à la plus anodine de nos habitudes quotidiennes, aux mille petites choses qui nous appartiennent et que même le plus humble des mendiants possède : un mouchoir, une vieille lettre, la photographie d’un être cher. Ces choses-là font partie de nous presque autant que les membres de notre corps, et il n’est pas concevable en ce monde d’en être privé, qu’aussitôt nous ne trouvions à les remplacer par d’autres objets, d’autres parties de nous-mêmes qui veillent sur nos souvenirs et les font revivre. Qu’on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu’il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu’il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n’est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même ; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le cœur léger, sans aucune considération d’ordre humain, si ce n’est, tout au plus, le critère d’utilité. On comprendra alors le double sens du terme “camp d’extermination” et ce que nous entendons par l’expression “toucher le fond”. Häftling1 : j’ai appris que je suis un Häftling. Mon nom est 174 517 ; nous avons été baptisés et aussi longtemps que nous vivrons nous porterons cette marque tatouée sur le bras gauche. »

Primo Levi, Si c’est un homme, 1988.

1 Häftling, en allemand : détenu.

La phrase « nous avons touché le fond » montre que le moi subit l’altération « la plus grave », non pas le changement d’identité mais l’anéantissement de l’identité, sa « démolition », la dépossession de sa personne et de tout ce qui constitue sa vie. L’homme n’est pas un autre, l’homme n’est plus rien, juste une entité repérable par un chiffre.

  • L’humain a perdu son humanité.

Soljénitsyne, lui, a décrit les conditions de captivité dans les camps du Goulag. Le Goulag (en français « Administration principale des camps »), mis en place par Staline et son système totalitaire, est l’organisme centralisé qui gérait les camps de travail forcé en URSS entre 1930 et 1991. La police politique, à la tête du système pénal, a développé le Goulag comme instrument de terreur et de développement industriel : les opposants au pouvoir étaient déportés et devaient travailler, notamment à la construction d’infrastructures pour le pays. De 1934 à 1947, on compte 963 766 décès chez les prisonniers politiques et de droits communs. Les morts étaient principalement dues à la famine, au froid, à la fatigue et aux épidémies de typhus.

Alexandre Issaïevitch Soljénitsyne (1918-2008) est un écrivain russe et dissident du régime soviétique. Il a notamment écrit Une Journée d’Ivan Dennisovitch puis L’Archipel du Goulag.

Publié en 1962, Une Journée d’Ivan Denissovitch présente pour la première fois dans une œuvre littéraire un témoignage du Goulag. Le roman décrit les conditions de vie dans un camp du Goulag au début des années 1950 à travers le point de vue d’un prisonnier, Ivan Denissovitch Choukhov, que le lecteur suit sur une journée complète.

Quant à L’Archipel du Goulag, publié en 1973, il s’agit d’un « essai d’investigation littéraire ». Il traite du système carcéral et du travail forcé dont Soljénitsyne a été victime. Le livre a été écrit dans la clandestinité entre 1958 à 1967. Soljénitsyne définit son livre comme un témoignage des victimes de goulags dont il est le porte-parole. Il a été composé à partir de 227 témoignages de prisonniers ainsi que celui de l’auteur. Celui-ci précise : « Ce livre ne contient ni personnages ni événements inventés. Hommes et lieux y sont désignés sous leurs vrais noms ». D’une façon générale, c’est l’ensemble du système stalinien que Soljénitsyne dénonce, l’existence des camps du Goulag faisant partie d’un système comprenant d’autres crimes contre l’humanité : purges stalinienne, procès joués d’avance, torture, ainsi que l’Holodomor, c’est-à-dire, dès le début des années 1932 et 1933, l’« extermination par la faim », la grande famine en Ukraine et dans le Kouban, qui fit, selon les estimations des historiens, entre 2,6 et 5 millions de victimes. C’est l’ensemble de ce système totalitaire que décrit Soljénitsyne dans cet extrait.

« Si, aux intellectuels de Tchekhov qui passaient leur temps à essayer de deviner ce qu’il adviendrait dans vingt, trente ou quarante ans, on avait répondu que, quarante ans plus tard, dans la Sainte Russie, on torturerait les inculpés pendant l’instruction, on leur comprimerait le crâne à l’aide d’un cercle de fer, on les plongerait dans des baignoires d’acide, on les attacherait nus pour les livrer en pâture aux fourmis ou aux punaises, on leur enfoncerait dans l’anus une baguette à fusil chauffée à blanc sur un réchaud (opération du “marquage secret”), on leur écraserait lentement les organes génitaux sous la semelle des bottes, et, en guise de traitement le plus bénin, on leur infligerait pendant une semaine d’affilée le supplice de l’insomnie et de la soif tout en les battant jusqu’à ce que leur chair ne soit plus qu’une bouillie sanglante, aucune des pièces de Tchekhov ne serait arrivée jusqu’à son dénouement et tous leurs héros auraient pris le chemin de l’asile. »

Soljénitsyne, L’Archipel du Goulag, 1973.

L’écrivain Tchekhov est, rétrospectivement, pris à témoin. Tchekhov est un écrivain et dramaturge russe du XIXe siècle et du début du XXe siècle, auteur notamment de La Mouette.

Conclusion :

Les métamorphoses du moi prennent donc de multiples formes, entre recherche de l’identité que le sujet possède par nature (l’être humain est un moi pensant, ou encore digne de respect au plan moral) ; recherche du moi que l’on ne nous ne reconnaît pas et que l’on voudrait pouvoir assumer officiellement (revendication de nombreux droits à la différence, en particulier en ce qui concerne le genre) ; mais aussi dénonciation de différentes altérations atroces et des procédés de destruction du moi (camps de concentration et d’extermination). Dans ce contexte, les métamorphoses du moi, quand ce dernier survit aux horreurs des guerres et du totalitarisme politique, quand ce dernier ne choisit pas le suicide comme ultime remède à des traumatismes dont on ne revient pas, résident dans une tentative de réparation et de reconstruction.