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1968 : la remise en question des modèles

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Le Printemps de Prague, l’espoir brisé dans le Bloc de l’Est

  • En janvier, la République socialiste tchécoslovaque connaît un changement de direction politique avec l’accession au pouvoir d’Alexandre Dubcek :
  • Il met en œuvre un programme de réformes destinées à assouplir le régime et desserrer l’emprise de l’État sur l’économie ;
  • Il déclare que la lutte des classes est terminée dans le pays et qu’est venu le temps d’un « socialisme à visage humain ».
  • La presse est libérée, les frontières sont ouvertes, on parle du « Printemps de Prague ».
  • Les dirigeants des Démocraties Populaires voisines poussent l’URSS à intervenir. Fin août 1968, les troupes du Pacte de Varsovie mettent fin au Printemps de Prague par la « normalisation » du pays.
  • À cette occasion est formulée la Doctrine Brejnev (dite aussi doctrine de la souveraineté limitée), selon laquelle les États communistes n’ont qu’une liberté limitée dans le choix de leur voie d’accès au socialisme, sous le contrôle étroit de l’URSS.
  • La répression du Printemps de Prague est, de manière générale, désapprouvée dans le reste du monde.

Aux États-Unis, une forte montée de la contestation pour une société juste

  • Aux États-Unis, la crise de Cuba est le point culminant de la guerre froide, le risque de conflit nucléaire entraîne les deux grands vers la détente :
  • Le « téléphone rouge » est mis en place entre Washington et Moscou ;
  • Les essais nucléaires atmosphériques sont interdits (1963) ;
  • Juillet 1968 amène finalement à la signature du traité de non-prolifération nucléaire signé par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS (la France et la Chine ne le signent pas pour conserver une puissance nucléaire) ;
  • Les États-Unis sont engagés dans la guerre du Vietnam, un conflit qu'ils ne parviennent pas à remporter, qui dure de 1963 à 1975.
  • En février de la même année, éclate l’offensive du Têt : le Front national de libération attaque par surprise une centaine de villes, ainsi que des bases américaines, situées au sud du Vietnam.
  • C’est un tournant décisif dans la guerre, les pertes humaines sont énormes, les contestataires aux États-Unis se multiplient : la société américaine semble s’être mise à douter de son rôle de leader du monde libre.
  • La société américaine reste très fortement marquée par le racisme inhérent à la construction du pays. L’abolition de l’esclavage au siècle précédente est à l’origine de la guerre de Sécession (1861-1865), conflit ayant laissé place à une politique de ségrégation raciale dans le sud des États-Unis.
  • Dans les années 1950 et 1960, une importante mobilisation sociale autour de figures comme Martin Luther King, Rosa Parks ou Malcolm X permet d’obtenir la déségrégation et l’égalité des droits et du vote.
  • Ce combat passe par des gestes symboliques pour protester contre le racisme : poing levé et tête baissée lorsque l'hymne américain est joué.
  • Le 4 avril 1968, Martin Luther King est assassiné, déclenchant des émeutes à travers tout le pays et l’intervention de l’armée.
  • Le 5 juin 1968, Robert Kennedy est lui aussi assassiné, son meurtre choque le pays. Le même mois, la police réprime dans la violence une manifestation pour la paix.

Une agitation mondiale de la jeunesse

  • Avant 1968, aux États-Unis, la jeunesse commençait déjà à faire entendre sa voix de façon plus forte :
  • En étant particulièrement active dans les manifestations contre le conflit au Vietnam ;
  • En se mobilisant dans le cadre de la révolte contre la ségrégation raciale.
  • 1968 est une année d’agitation mondiale de la génération du baby-boom avec des émeutes étudiantes partout dans le monde, parfois rejointes par des grèves générales des ouvriers (surtout en France et en Italie) :
  • En février 1968, alors que le Printemps de Prague commence, les étudiants de Rome occupent l’université et y restent jusqu’en mai. Il y a des affrontements entre policiers et étudiants, et les appels à la grève générale rencontrent un grand succès.
  • En mars, en Pologne, des manifestations d’étudiants contre le régime en place sont réprimées par la police communiste – le gouvernement polonais en profite pour exclure les Juifs du Parti –.
  • En avril, Tokyo et la RFA voient le déclenchement d’émeutes étudiantes, pendant que les manifestations éclatent aux États-Unis suite à l’assassinat de Martin Luther King.
  • En mai 1968, des révoltes étudiantes commencent en France et au Sénégal. La France est paralysée par des grèves générales, et le gouvernement de De Gaulle est ébranlé.
  • En juin, ce sont des occupations d’université à Belgrade (Yougoslavie), les émeutes du Globus en Suisse et le Lundi de la Matraque au Québec.
  • En août, le Printemps de Prague est écrasé. Aux États-Unis, plusieurs révoltes et batailles avec la police ont lieu sur la question du racisme, de la guerre et du sexisme.
  • Le 2 octobre 1968, juste avant l’ouverture des Jeux Olympiques, la police massacre des centaines d’étudiants manifestants à Mexico (Massacre de Tlatelolco).
  • Les contestations de la jeunesse n’ont pas soudainement démarré en 1968, elles résultent de plusieurs années de remises en cause de la société par les baby boomers.
  • Cette génération, peu écoutée par les gouvernements, se veut un nouvel acteur de la société.
  • La jeunesse de nombreux pays fait entendre sa voix en 1968, revendiquant des volontés parfois communes avec d’autres.
  • Afin de se positionner sur l'échiquier social, la jeunesse se bâtit une forme d'identité se retrouvant autour de l’idée d'une culture contestataire. Cette dernière se crée via des personnalités représentant le changement et une volonté d’éloignement de l’hégémonie des États-Unis et de l’URSS.
  • On pense au mouvement hippie ou encore à la vague musicale du rock qui déferle sur le monde dans les années 1960-1970, portant avec eux des messages de paix mondiale et de changement de société.