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Formes et genres de la poésie

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Les genres poétiques fixes et variables

  • Chaque courant littéraire a imposé son lot de contraintes poétiques.

Les poèmes à forme fixe

  • Le rondeau : il implique un retour systématique au refrain mis en exergue.
  • Il est composé de treize décasyllabes ou octosyllabes (vers de dix ou huit syllabes), alternant deux rimes.
  • Cinq sont masculines, huit féminines ou l’inverse (Ma foi, c’est fait, Vincent Voiture).
  • La ballade : elle est constituée de trois strophes de taille égale, faites de huit ou dix vers, rythmées par un refrain.
  • Elle se clôt sur une strophe de cinq vers appelée l’envoi, qui reprend les dernières rimes et le refrain (La Ballade des pendus, François Villon).
  • Le sonnet : c’est la forme poétique fixe la plus connue.
  • Il connaît ses lettres de noblesse grâce à Ronsard et Du Bellay au XVIe siècle.
  • C’est un poème de trois strophes réparties en deux quatrains et deux tercets.
  • Ces tercets ont souvent une unité de sens, ils ne forment qu’un seul et unique sizain.
  • Le vers de prédilection du sonnet est l’alexandrin.
  • Le sonnet se termine souvent par une chute à travers un vers proposant une image forte ou un fin jeu de langage.
  • Dans le sonnet original, les rimes des quatrains sont embrassées et celles des tercets forment une rime plate puis deux rimes embrassées (« Quand vous serez bien vieille », Ronsard).
  • Au XIXe et au XXe siècles, le sonnet est repris par certains poètes qui jouent de ses contraintes et traditions en proposant des versions plus libres et modernes, comme le font les membres de l’Oulipo.
  • Ils inventent le sonnet irrationnel, un sonnet à forme fixe, de quatorze vers, dont la structure s’appuie sur le nombre pi. Il est donc fait de cinq strophes composées de 3–1–4–1–5 vers, faisant référence à 3,1415, soit les cinq premiers chiffres de π\pi (« Mélancolique », Jacques Bens).

Les poèmes à forme variable

  • L’ode et l’élégie sont deux formes typiques de la poésie lyrique.
  • Ces poèmes, qui mettent l’accent sur l’expression des sentiments et des émotions, sont écrits à la première personne et usent parfois du registre pathétique.
  • Ils traitent le plus souvent des thèmes de l’amour, de la mort, de l’existence ou de la nature.
  • L’ode : elle est traditionnellement composée de trois strophes de longueur généralement similaire.
  • Les vers sont de mètres variables, mais sont le plus souvent des octosyllabes (Ode à Cassandre, Ronsard).
  • L’élégie : C’est un genre consacré à l’expression de la douleur amoureuse et du deuil.
  • Il prend aussi une dimension élégiaque et est employé pour célébrer des personnages de renoms ou des êtres aimés.
  • Prisée à la Renaissance, l’ode est remise à la mode par les romantiques au XIXe siècle, puis au XXe par les surréalistes (Le Pont Mirabeau, Apollinaire).

Les formes poétiques typographiques

  • L’acrostiche : c’est un poème ludique.
  • À partir des initiales formées par chaque début de vers, on peut lire un mot ou un nom généralement important pour comprendre le texte ou l’auteur (« Ballade pour prier Notre-Dame », François Villon).
  • Le calligramme : forme typographique de poème inventée par Guillaume Apollinaire au début du XXe siècle, c’est un poème-dessin qui fusionne la forme et le sens du contenu (« Il pleut », Apollinaire).

Les genres poétiques libres

  • Le poème en vers libre : apparu au XIXe siècle, répondant à un besoin de modernité, le vers libre n’obéit ni à une forme de régularité, ni à une forme de rime.
  • Ces poèmes peuvent ne pas être ponctués et se placent parfois de manière anarchique sur la page.
  • Le caractère poétique d’un tel poème se retrouve particulièrement dans les rythmes, les images et dans les sonorités.
  • Le poète est libre de créer et de donner au lecteur sa propre conception de la poésie (« Iles », Blaise Cendars).
  • Le poème en prose : popularisé par Aloysius Bertrand puis par Charles Baudelaire et Arthur Rimbaud au XIXe siècle, il ne respecte pas le retour à la ligne du vers et se présente sous la forme de simples paragraphes.
  • Il n’y a pas de rimes sinon des jeux de sonorités, de rythmes et de figures de style.
  • C’est en cela qu’il se distingue d’un texte « normal » (« Un rêve », Aloysius Bertrand).