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Indépendance et nouveaux États pendant la guerre froide

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La fin des empires coloniaux

  • La colonisation, tout en prétendant apporter la civilisation et le progrès, a été avant tout une exploitation économique au profit des puissances coloniales.
  • Des politiques sanitaires et médicales ont été mises en place, mais elles ont suscité une forte augmentation de la population qui ne s’est pas accompagnée d’un équipement ou d’un développement approprié du pays.
  • L’appauvrissement de la population s’est accompagné de l’émergence d’une bourgeoisie indigène profitant de la colonisation et attirée par la culture européenne.
  • C’est au sein de cette bourgeoisie qu’apparaissent des intellectuels « indigènes » qui adoptent les idéologies modernes.
  • La Deuxième Guerre mondiale porte un coup décisif aux empires coloniaux, ils n’apparaissent plus invincibles aux yeux des territoires colonisés et des indépendances sont proclamées dès la fin de la guerre.
  • Les États-Unis et l’URSS sont tous deux opposés à la colonisation et refusent explicitement d’aider les puissances coloniales à garder leurs empires.
  • La lutte pour la décolonisation est menée par des mouvements variés mais qui peuvent se répartir en 4 grandes catégories :
  • Les nationalistes, qui s’appuient sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et visent à moderniser le pays pour renforcer la nation ;
  • Les révolutionnaires, qui s’inspirent de la théorie marxiste et projettent de fonder un État non seulement émancipé mais aussi révolutionnaire (modèle plus ou moins proche de l’URSS ou de la République Populaire de Chine) ;
  • Les panarabistes et panafricanistes, qui souhaitent renverser l’ordre colonial et ses frontières pour créer un grand État de tous les Arabes ou Africains ;
  • Les religieux, essentiellement musulmans, qui souhaitent restaurer une société organisée par la religion.
  • Ces mouvements sont soutenus – à des degrés divers – par l’URSS et les États-Unis dans leurs luttes contre les pouvoirs coloniaux.
  • Les puissances coloniales se rendent rapidement compte que les colonies en perpétuelle rébellion sont un gouffre de soldats et d’argent.

L’émergence de nouveaux États

  • Les Britanniques sont les premiers à se résoudre à l’émancipation de leurs colonies, suivis de près par la France puis, dans les années 1960-1970, par la Belgique et le Portugal.
  • Dans les Indes Britanniques, l’agitation anticoloniale existe depuis l’entre-deux guerres et est représentée par deux principaux mouvements, le Parti du Congrès de Gandhi et Nehru et la Ligue musulmane d’Ali Jinnah.
  • Gandhi utilise la méthode de la désobéissance civile pour montrer l’injustice du système colonial de façon non-violente, en refusant de se plier à ses règles.
  • L’accession à l’indépendance est marquée par un désaccord entre Nehru et Ali Jinnah, des affrontements entre hindous et musulmans font des millions de morts en quelques années et aboutissent à la partition des Indes en 1947 : les musulmans fondent un État séparé, le Pakistan.
  • En Asie, Ceylan et la Birmanie deviennent indépendants en 1948 et la Malaisie en 1957, après l’écrasement de la guérilla communiste.
  • En Afrique :
  • Le Ghana est le premier pays indépendant en 1957 grâce au combat du panafricaniste Kwame Nkrumah.  ;
  • Le Nigéria devient indépendant en 1960 et bascule dans une sanglante guerre civile en 1967-1970 ;
  • Dans les années 1960, les dernières colonies anglaises d’Afrique (Ouganda, Kenya, Tanzanie, etc.) accèdent à l’indépendance.
  • La Rhodésie et l’Afrique du Sud, sous l’influence des Blancs locaux, rompent avec le Commonwealth pour pouvoir pratiquer la politique d’apartheid.
  • La décolonisation française se fait, dans certains cas, de manière pacifique :
  • En Afrique Occidentale Française et Afrique Équatoriale Française, la France met en place l’Union Française en 1946 en s’inspirant du Commonwealth ;
  • En 1956, la loi-cadre Deferre donne une représentation accrue aux colonisés ;
  • Le Sénégal demande et obtient l’indépendance en 1960, suivi par les autres pays.
  • Dans les protectorats du Maghreb, les mouvements nationalistes tiennent tête à la France (grèves, attentats) malgré la répression et l’exil de leurs leaders ;
  • En 1956, la Tunisie et le Maroc obtiennent l’indépendance ;
  • Dans d’autres cas, certaines colonies françaises doivent lutter des années pour leur indépendance :
  • En Indochine, Hồ Chi Minh proclame l’indépendance en août 1945, mais les troupes françaises reprennent le contrôle de la colonie et imposent le maintien dans l’Union Française ;
  • La France bombarde le port de Haïphong pour signifier l’échec des négociations, c’est le début de huit années de guerre : la guerre d’Indochine.
  • Pierre Mendès France conclut les accords de Genève en 1954, ils confèrent l’indépendance au Laos et au Cambodge tout en séparant le Vietnam en deux ;
  • Les communistes entendent prendre le contrôle du pays, ce qui amène les États-Unis à soutenir leurs adversaires, jusqu’à s’engager militairement dans la guerre du Vietnam.
  • En Algérie, le peuple a aussi dû lutter pour l’indépendance : la rébellion armée s’impose, mise en œuvre par le Front de libération nationale. Les premières attaques contre les Français commencent le 1er novembre 1954 (Toussaint Sanglante).
  • La guerre d’Algérie ne se termine qu’en 1962 avec l’indépendance de l’Algérie, au prix de près d’un million de morts.
  • À côté des grands empires de la France et du Royaume-Uni, d’autres puissances coloniales perdent aussi leurs territoires. En Belgique :
  • Des insurrections pour l’indépendance du Congo belge se produisent dans les années 1950 et aboutissent au vote de l’indépendance par le Parlement de Bruxelles en 1960 ;
  • Le manque abyssal d’infrastructures et de cadres politiques plongent aussitôt le pays dans la crise. Il faut l’intervention des Casques bleus pour mettre fin à la rébellion katangaise (1960-1963).
  • Au Portugal :
  • Des mouvements anticoloniaux se développent sur les côtes africaines (Guinée-Bissau, Cap-Vert, Angola et Mozambique) dès les années 1950, mais le régime du dictateur Salazar refuse de lâcher ces territoires ;
  • Le sud de l’Afrique devient un terrain de la guerre froide à partir de la fin des années 1960  les mouvements communistes sont aidés dans la lutte contre l’armée portugaise par l’URSS, tandis que les mouvements du FNLA angolais et du Renamo mozambicains sont soutenus par les États-Unis et l’Afrique du Sud ;
  • Il faut attendre 1974 et la chute du régime de Salazar pour voir ces États accéder à l’indépendance, mais les nouveaux pays basculent aussitôt dans la guerre civile.

Le tiers-monde à l’épreuve de la guerre froide

  • La solidarité entre les mouvements luttant contre le colonialisme permet une prise de conscience qui aboutit à la conférence de Bandung de 1955. Vingt-neuf États africains et asiatiques y participent.
  • Ils y affirment une position neutraliste, soutiennent les mouvements de libération nationale et déclarent refuser toute présence militaire étrangère sur leur territoire.
  • 110 États au total ont rejoint le mouvement des non-alignés, soit la majorité des membres de l’ONU qui se définissent comme n’étant alignés sur aucune puissance mondiale.
  • On note la volonté de certains acteurs de créer des organisations internationales, parvenant parfois à des réalisations concrètes ou montrant des divergences politiques :
  • Au Moyen-Orient, la Ligue Arabe fondée en 1945 au Caire est ainsi concurrencée par la Conférence Islamique fondée en 1969 par l’Arabie Saoudite ;
  • En Afrique, l’Organisation de l’Unité africaine est fondée en 1963 mais est dès le début divisée entre réformistes et révolutionnaires ;
  • En Amérique Latine, l’Organisation des États Américains de 1948 est alignée sur les États-Unis alors que l’Organisation latino-américaine de solidarité (fondée à La Havane en 1966) est dirigée contre eux ;
  • L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) créée en 1960, est à l’origine du choc pétrolier pendant la guerre du Kippour.
  • En 1963, 77 pays en voie de développement demandent à l’ONU la tenue d’une conférence pour le développement.
  • La Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) se réunit en 1964 et conclut des accords internationaux sur le prix des produits de base.
  • En 1974, le Groupe des 77 fait adopter par l’ONU une déclaration appelant à établir un nouvel ordre économique mondial plus favorable au développement, les États-Unis s’y opposent.
  • Les situations des États du tiers-monde sont très diverses :
  • La Corée du Sud et Taïwan passent de pays en voie de développement à une économie moderne et performante ;
  • Le Brésil et le Mexique font figure de « pays émergents » ;
  • Certains pays profitent du tourisme (Égypte, Tunie, Maroc) alors que d’autres n’en profitent pas à cause de leur situation politique (Libye, Algérie) ;
  • On remarque un contraste entre la stabilité affichée par le Sénégal et l’Inde, et les nombreux coups d’État au Pakistan ou en Angola.
  • En 1981, un plan d’aide aux 31 « pays les moins avancés » (PMA) est ainsi décidé à la Conférence de Paris.
  • La volonté politique d’une unité du tiers-monde s’est progressivement effritée sous l’effet des divergences politiques et socio-économiques, mais l’idée de pays unis par des problèmes communs de développement s’est imposée grâce à l’ONU.