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L’univers concentrationnaire et le génocide juif et tzigane

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Introduction :

L’univers concentrationnaire nazi est un phénomène unique dans l’Histoire. La politique nazie a suivi plusieurs étapes, qu’il est nécessaire de bien distinguer. Nous verrons que le camp de concentration est dans un premier temps imaginé par les nazis pour « épurer » la société nazie de ses « éléments indésirables » comme les communistes, les gens de gauche en général, et tout opposant quel que soit sa nature. Nous verrons ensuite que le système concentrationnaire a été un outil central dans les génocides juif, tzigane et homosexuel notamment.

L’univers concentrationnaire de la Seconde Guerre mondiale

Les camps de concentration

Le premier camp de concentration est ouvert dès 1933, à Dachau. Le but est de sortir les personnes considérées comme indésirables de la société et de les faire travailler dans des conditions très dures. Ce processus résulte :

  • d’opportunités économiques : les prisonniers travaillent comme des esclaves ;
  • et de l’idéologie nazie : ces personnes ne sont pas considérées comme des êtres humains : il s’agit donc de les éliminer.

Les conditions de vie dans les camps se durcissent avec l’entrée en guerre de l’Allemagne. Les « indésirables » de l’Europe, surtout à l’Est, en subissent les conséquences. Plus le conflit avance, plus les conditions de vie se dégradent. À la fin de la guerre, les prisonniers des camps sont laissés à l’abandon dans un dénuement total. Beaucoup ont également subi les « marches de la mort », des marches forcées pour fuir l’avancée de l’Armée rouge, pendant lesquelles les prisonniers ont péri par milliers.

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À retenir

Himmler et Heydrich sont les « artisans » de ce système où tout est prévu, rationnalisé.

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Attention

Il faut distinguer les camps de concentration des camps d’extermination.

Pour construire les camps de concentration, l’Allemagne a lancé des appels d’offre.

L’enceinte est très bien gardée, munie de hautes clôtures de fils de fer barbelés, souvent électrifiées. Il y a des baraquements en bois pour les détenus. À l’« infirmerie », appelée le Ravier, les malades meurent en masse et les médecins pratiquent des expériences sur des cobayes humains. Il y a toujours une place d’appel où se réunissent les prisonniers le matin et le soir, très souvent une chambre à gaz et systématiquement des fours crématoires.

Voici le quotidien d’un détenu :

  • levé à 5 heures du matin, il doit attendre une heure debout dans la cour pendant d’appel, et ce par n’importe quel temps ;
  • les détenus n’ont qu’un vêtement rayé sur le dos, ils sont rasés et tatoués ;
  • la journée de travail dure 12 heures, sous la surveillance, et souvent les coups, des gardiens ;
  • de retour au camp, vient une autre heure d’appel, puis le retour dans les baraquements ;
  • la nourriture est insuffisante. Les déportés meurent de faim, de maladie, des coups reçus. Le typhus fait des ravages dans les camps ;
  • le port de l’étoile jaune est obligatoire pour les Juifs.

Les camps d’extermination

Dans les camps d’extermination, un tri est effectué dès l’arrivée des détenus entre ceux qui survivront pour un temps et ceux qui mourront immédiatement. Tous les déportés sont dépouillés de leurs vêtements et tondus, et ceux qui sont admis dans le camps découvrent le système concentrationnaire, conçu pour détruire les êtres humains considérés comme inférieurs par les nazis.

  • Une longue agonie physique et morale attend les déportés, elle est fatale à beaucoup d’entre eux.

Parmi les prisonniers écartés dès l’entrée du camps se trouvent les enfants en bas âge et les vieillards. Eux aussi sont tondus, dépouillés de toutes leurs affaires, et doivent rentrer dans une douche collective qui s’avère être une chambre à gaz. Dans ces chambres à gaz on déverse le Zyklon B, un gaz qui tue les déportés en une vingtaine de minutes.

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À retenir

Tous les camps d’extermination sont en Pologne, loin des regards des Allemands : Auschwitz-Birkenau, Belzec, Sobibor, Maidanek, Treblinka et Chelmno. On évalue à 1,5 million le nombre de victimes rien qu’à Auschwitz. C’est « la solution finale », la destruction d’humains pensée selon une logique industrielle.

Dans les camps d’extermination, les Sonderkommandos sont des unités de travail affectées aux tâches liées à ces mises à mort de masse. Leur rôle est, par exemple, de sortir les corps des chambres à gaz pour les brûler dans les fours crématoires. Ces unités sont composées de prisonniers, principalement de juifs, forcés de participer à la solution finale avant d’être abattus à leur tour. Dans la conception nazie, il n’était pas convenable de confier une telle mission à la race aryenne, ce sont donc les races considérées comme inférieures qui ont été forcées à exécuter ces tâches.

Que ce soit dans les camps de concentration ou d’extermination, rien n’est laissé au hasard, les nazis récupèrent tout : les cheveux, les dents, les vêtements, les chaussures, les valises, les cendres des fours crématoires… Tout est recyclé par une véritable industrie du recyclage. Les nazis avaient en effet pensé en amont le système de destruction des Juifs, des tziganes, des opposants politiques, des homosexuels, etc.

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Cette carte permet de bien comprendre la politique nazie en Europe de l’Est et le système concentrationnaire. En Allemagne, on trouve les camps de concentration, et en Pologne, les camps d’extermination et les principaux ghettos.

Le génocide des Juifs d’Europe

L’Allemagne d’Hitler et l’extermination systématique des Juifs

Les camps ont été l’un des principaux outils du génocide juif et tzigane.
Le mot génocide doit être employé à bon escient. Un génocide, c’est la volonté de faire disparaître de la planète un groupe de personnes pour des raisons politiques, religieuses, ethniques, économiques, raciales… Le génocide juif a pris le nom de Shoah qui veut dire « catastrophe » en hébreu.

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À retenir

Le génocide juif s’inscrit dans la politique raciale et antisémite d’Hitler. Il y a plusieurs étapes dans cette politique antisémite comme notamment les lois de Nuremberg, en 1935, qui érigent plusieurs lois ségrégationnistes, ou la nuit de cristal en 1938, véritable pogrom contre les Juifs d’Allemagne.

Par la suite, la Seconde Guerre mondiale a permis à Hitler d’aller plus loin dans sa haine des Juifs.

  • En 1942 est décidée la solution finale, qui vise à éliminer totalement les Juifs du sol européen. En Europe de l’Est, et notamment en Pologne, les Juifs sont regroupés dans des ghettos en attendant d’être envoyés dans les camps de la mort. On y laisse mourir de faim et de maladie des milliers d’entre eux. Le ghetto le plus connu est celui de Varsovie où une révolte armée s’est produite, avant d’être écrasée par les forces nazies.
  • Il y eu aussi les massacres collectifs perpétrés par des groupes d’interventions, en allemand les Einsatzgruppen. Les captifs étaient regroupés, et fusillés en masse : c’est la Shoah par balle.

Une collaboration à échelle européenne et l’élimination des tziganes

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À retenir

6 millions de Juifs ont péri pendant le génocide. Tous les pays « collaborateurs » avec les nazis ont participé à la solution finale, dont certains activement, comme la France. Des milliers de convois, partant de toutes les villes d’Europe, ont acheminé des juifs dans les camps de concentration et d’extermination.

Les premières victimes se comptent au sein de ces convois de la mort, où les conditions de voyage sont terribles. Entassés dans des wagons à bestiaux, avec la faim, la soif, dans la chaleur ou le froid, les enfants en bas âge, les personnes âgées et les malades, pour beaucoup, ne survivent pas.

Quant au génocide tzigane, il est moins connu mais tout aussi terrible. Considérée comme une race hybride par les nazis, le peuple tzigane fut déporté, mis dans des ghettos et exterminé dans les mêmes conditions que les Juifs. Bon nombre de tziganes furent des cobayes humains pour servir aux expériences des médecins nazis dans les camps. La population tzigane ne fut pas protégée par les divers gouvernements européens, tout comme la population juive d’ailleurs. On estime entre 250 000 et 500 000 le nombre de morts tziganes dans les camps nazis sur une population évaluée à 700 000 personnes en 1939. Plus d’un tiers des tziganes ont disparu dans ce génocide.

Conclusion :

L’Europe se réveille en 1945 avec cette plaie béante qu’a constitué le système concentrationnaire, outil des génocides dont nous avons parlé. L’Europe, vieille civilisation, berceau de l’humanisme, du siècle des Lumières, des philosophes, de la Révolution française, a accouché d’un système abject qui a renié toutes les valeurs qui étaient siennes.

Il est facile de condamner les nazis mais que faire de tous ceux qui ont participé activement ou passivement à la Shoah y compris en France ?

Cet épisode de l’Histoire est un drame collectif qui nous concerne toutes générations confondues. Il a fallu du temps pour comprendre l’histoire du génocide juif, et certains ne reconnaissent toujours pas le génocide tzigane. Des négationnistes nient que cela ce soit vraiment passé, et des révisionnistes minimisent et tendent à revoir cette histoire en la dénaturant.