Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
La tragi-comédie au XVIIe siècle : Le Cid, Corneille

Déjà plus de

1 million

d'inscrits !

  • À mi-chemin entre la comédie et la tragédie, la tragi-comédie s’est fait connaître auprès du public français au début du XVIIe siècle. Elle connait son apogée dans les années 1630-1640.
  • C’est un sous-genre transitoire car elle fait le lien entre le théâtre et le roman, entre la tragédie et la comédie et entre le baroque et le classicisme.

Définition de la tragi-comédie

  • La tragi-comédie se définit par une intrigue tragique et un dénouement heureux digne d’une comédie.
  • On trouve aussi un aspect romanesque dans les actions avec de multiples rebondissements et des coups de théâtre. Cela rend difficile le respect de la règle des trois unités.
  • La tragi-comédie traite de sujets plus modernes et plus légers comme l’amour, les voyages et l’aventure, tandis que la tragédie préfère les sujets nobles comme les héros antiques et la politique.
  • C’est l’inspiration du théâtre espagnol qui donne un véritable essor à la tragi-comédie. Le Cid est inspiré d’une pièce de théâtre de Guillèn de Castro. La tragi-comédie de Molière, Dom Juan ou le festin de pierre (1665) est une adaptation du dramaturge espagnol Tirso de Molina et de sa pièce El Burlador de Sevilla y combidado de piedra (Le Trompeur de Séville et l’Invité de pierre).
  • En 1636, Le Cid est considéré comme une tragi-comédie. Lorsque la pièce est enfin représentée en 1637, elle remporte un immense succès auprès des spectateurs, au grand dam de l’Académie. Elle provoque en effet une querelle en 1638 à cause de ses multiples irrégularités, et parce que Richelieu n’apprécie pas le caractère turbulent des héros.
  • Le Cid contient des éléments caractéristiques de la tragédie : un héros noble, un obstacle, et un amour contrarié, voire impossible. Mais la résolution de la pièce est digne d’une comédie. Il s’agit d’une fin heureuse et d’un mariage, thème typique pour un dénouement de comédie.
  • En 1657, l’abbé d’Aubignac, dans La Pratique du théâtre, propose de laisser tomber la dénomination de tragi-comédie car elle n’est pas assez distincte de la tragédie. La seule différenciation qui subsiste est la fin heureuse. Les rebondissements et les actions à foison sont alors mis de côté au profit de la règle des trois unités et de celle de la vraisemblance, qui assurent une cohérence et une crédibilité plus grande à la pièce.

Un exemple de tragi-comédie : Le Cid de Corneille

  • Le conflit entre amour et devoir est au cœur du Cid.
  • Scène 6 de l’acte 1, Corneille met en scène don Rodrigue, aux prises avec sa conscience. Il est contraint de choisir entre son amour pour Chimène et l’honneur de son père. Son monologue est un moyen de mettre en scène ses doutes et son désespoir.
  • Tandis que le reste de la pièce est en alexandrins (un vers de douze syllabes), cette scène est mise en valeur par sa forme différente, puisque le monologue est composé de stances. On observe donc une rupture rythmique.
  • De nombreuses antithèses reflètent le conflit intérieur de Rodrigue par rapport à ces choix, aussi douleureux l’un que l’autre :
  • c’est ce que l’on appelle le dilemme cornélien : le héros est face à un choix impossible.
  • L’omniprésence du « je » dans ce monologue dénote un registre lyrique.
  • Rodrigue doit émouvoir le public en se confiant. Son déchirement entre ces choix impossibles est mis en scène par un registre pathétique.
  • Le champ lexical de la tristesse est abondant. Des émotions intenses traversent Rodrigue et les hyperboles employées permettent de rendre compte de la douleur ressentie.