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Le laid, objet poétique

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L’art poétique de Baudelaire dans Les Fleurs du mal

  • Le romantisme a dominé la première moitié du XIXe siècle.
  • Baudelaire s’inspire du romantisme, mais pour en rejeter les grands thèmes (nature, amour etc.)
  • Les Fleurs du mal (en 1857) va renouveller profondément la définition traditionnelle de la beauté.
  • Le titre du recueil l’annonce : le poète va extraire la beauté du mal, faire naître des fleurs métaphoriques de la laideur.
  • Les « monstruosités » qu’on reproche à sa poésie, Baudelaire les revendique : il est un poète alchimiste qui veut transformer la boue en or.
  • Il fait du langage poétique sa pierre philosophale, il le rend apte à transformer la matière (cf. « Une Charogne », poème sur un animal mort en décomposition).
  • Baudelaire ne cherche pas à se complaire dans la laideur. S’il s’y frotte, c’est pour mieux en extraire une beauté que seuls peuvent transmettre les pouvoirs de l’œuvre d’art.
  • La structure des Fleurs du mal cherche à retracer la quête d’Idéal de l’être humain en six étapes que constituent les six sections du recueil :
  • « Spleen et Idéal » (Baudelaire en appelle à la poésie et l’amour dans l’espoir de guérir le dégoût que lui inspire la vie) ;
  • « Tableaux parisiens » (il tente de réaliser sa quête en s’adonnant au spectacle de la ville) ;
  • « Le Vin » (le poète entame un voyage dans les paradis artificiels) ;
  • « Fleurs du mal » (le voyage dans les paradis artificiels se poursuit) ;
  • « Révolte » (le poète se tourne vers Satan mais reste sans réponse) ;
  • « La Mort » (dernière section qui est aussi le dernier remède aux souffrances humaines).

La rue, nouvelle source d’inspiration

  • Dans la section « Tableaux parisiens » se manifeste un élément essentiel de la modernité du recueil : la présence de la ville.
  • Contrairement à Balzac ou Hugo, Baudelaire va en faire un véritable objet poétique.
  • Ainsi, le thème de la ville fait son apparition dans la poésie alors qu’il en était jusqu’alors exclu au profit de la nature (cf. l’emploi d’un vocabulaire résolumment urbain).
  • Le poète se présente comme le spectateur d’un « tableau », mot qu’il emploie non seulement dans le titre de la section « Tableaux parisiens » mais aussi dans le poème « Les Petites Vieilles ».
  • Les « petites vieilles » constituent un sujet a priori peu poétique puisque, jusqu’alors, c’est plutôt la femme jeune, belle et aimée qui a inspiré les poètes.
  • De même que c’est plutôt la nature et non la ville qui est traditionnellement jugée digne de l’écriture poétique.
  • La laideur de ces vieilles femmes, tout comme celle de la ville, se révèlent pourtant dignes de poésie.
  • Dans le poème, « villes » et « vieilles » se confondent d’ailleurs dans une paronomase qui permet d’accentuer la confusion.
  • Pour Baudelaire, « le beau est toujours bizarre » (Curiosités esthétiques, 1868).
  • Les vieilles femmes décrites sont désignées par le mot « monstres » et leur laideur est mise en évidence à travers le champ lexical du difforme.
  • Le rythme des vers lui-même traduit et accentue l’idée de dislocation.
  • À la fois monstrueuses et humaines, les « vieilles » sont présentées comme des êtres fragiles qui semblent cheminer vers la mort ; mais cette mort est associée à une nouvelle naissance.
  • Avec ce nouveau rapprochement d’éléments opposés, le poète donne à la mort une dimension spirituelle, celle d’un passage vers l’éternité, vers un Idéal.

Des symboles à déchiffrer

Le reflet de la condition humaine

  • Si les « vieilles femmes » sont un sujet digne de la poésie, c’est qu’au-delà de leur laideur physique, elles laissent entrevoir une image de la condition humaine, dans laquelle le poète se reconnaît particulièrement.
  • Le poète se reconnaît dans la condition de ces vieilles femmes, non seulement en tant qu’être humain, mais aussi parce qu’il voit en elles des figures déchues qu’il présente comme des héroïnes.
  • Baudelaire reconnaît en elles sa propre laideur et sa propre infirmité.
  • Il se dépeint lui-même à travers ces sujets bas, afin de toucher à une vérité qui lui semble universelle : l’imperfection de l’Homme.
  • On notera d’ailleurs une référence à « L’Albatros » dans lequel l’oiseau méprisé incarne le poète rejeté par ses contemporains
  • Le poète est celui qui sait voir le Beau et l’Idéal dans la banalité et la laideur de la réalité.
  • Ce rôle privilégié Baudelaire le revendique ; ainsi, « celui que l’austère Infortune allaita », pour qui « ces yeux mystérieux ont d’invincibles charmes ». c’est lui-même.
  • Par son regard et ses mots, les « petites vieilles » sont transfigurées.