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Renaissance et Humanisme : les mutations de l'Europe

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Ce cours est en cours de création par nos équipes et il sera prêt pour la rentrée 2019 💪

Introduction :

L’Italie de la fin du Moyen Âge (entre 1450 et 1498) connait une période particulièrement faste. Si de nombreux États se forment et sont en concurrence dans de nombreux domaines (économique, politique, artistique), ils font preuve de toujours plus de créativité pour se distinguer les uns des autres. La traduction d’ouvrages anciens redécouverts (de la Grèce et de la Rome antiques) et l’apparition de l’imprimerie (en Allemagne avec l’imprimeur Gutenberg vers 1450) sont deux événement majeurs qui changent le regard des hommes vis-à-vis de la connaissance.

Cette redécouverte des ouvrages et de l’art antique permet le développement de la Renaissance, à partir du XIIIe siècle en Italie. Cette dernière s’étend dans le reste de l’Europe au début du XVIe siècle. Elle permet aux Européens de renouer avec le passé classique de l’Antiquité et de réinventer la façon de voir l’être humain à travers le mouvement humaniste.

Nous verrons comment l’humanisme se développe grâce au développement de nouvelles façons de transmettre la connaissance et comment ce mouvement permet de revivifier la culture européenne. Nous verrons également en quoi le mouvement humaniste s’inscrit dans un cadre plus large, qui est celui de la Renaissance.

L’humanisme : Le renouveau culturel de l’occident

L’imprimerie, une nouvelle façon d’aborder le savoir

Jusqu’au XVe siècle, pour faire une copie d’un document, il fallait faire recopier ce dernier à la main par des copieurs, qui sont bien souvent des moines. C’est un travail long et fastidieux, qui se déroule dans les monastères, et qui laisse souvent place à des erreurs de retranscription. Les manuscrits sont donc très rares et chers, et seules quelques bibliothèques existent pour les rares lettrés de l’époque (gens d’église ou clercs, princes ou familles nobles).

IMG01 Une imprimerie ancienne

IMG02 - Un atelier d’impression au XVIe siècle ©Codex – CC BY-SA 3.0

Vers 1450, un inventeur allemand, Gutenberg, met au point l’imprimerie : c’est un système qui se base sur l’impression à la chaine de caractères mobiles sur des feuilles de papiers. Ce système révolutionnaire permet de créer très rapidement des livres en très grande quantité, et ce de manière standardisée. L’invention se développe très vite dans le monde allemand puis dans le reste de l’Europe, et va pouvoir aider à diffuser massivement le savoir dans cette époque de changements. Cette invention combinée à la redécouverte des textes anciens crée un terrain favorable à la naissance d’une nouvelle ère dans l’histoire européenne.

Le retour aux sources et la redécouverte de savoirs oubliés

Au XVe siècle en effet, des savants redécouvrent des traductions arabes et grecques d’ouvrages qu’ils avaient lus dans des traductions latines erronées. Ils constatent que certaines erreurs de traduction ont changé jusqu’au message de la Bible. Ils vont alors étudier minutieusement les langues anciennes (grec et hébreu) pour faire des traductions latines plus fidèles aux Saintes Écritures. Des savants comme Marsile Ficin ou Pic de la Mirandole proposent de nouvelles traductions d’ouvrages antiques oubliés depuis des siècles, permettant ainsi de renouveler le savoir européen.

L’humanisme, une nouvelle approche de l’être humain

La nouvelle approche du savoir proposée par ces savants va se généraliser à toute l’Europe et va profondément changer la façon de percevoir l’être humain. Ce mouvement, l’humanisme, conçoit l’homme comme un individu qui doit atteindre la liberté et la sagesse par la connaissance. Jusqu’à cette époque, seuls les gens d’église et les nobles pouvaient y prétendre.
L’humanisme est porté par le savant hollandais Érasme, qui se déplace dans toute l’Europe pour diffuser son message. L’être humain est au centre de sa réflexion et au centre monde. Auparavant, Dieu et la religion étaient au centre de tout.

IMG03 Gravure d’Albrecht Dürer représentant Érasme (1526), Louvre Lens

Cette nouvelle approche de la connaissance provoque aussi une véritable révolution dans le domaine des sciences. Ainsi des médecins tentent de nouvelles approches en remettant en question le savoir ancestral, comme Vésale qui commence les dissections humaines (analyses des organes internes du corps humain) pour comprendre le fonctionnement anatomique de l’être humain. Cela était impensable et interdit pendant le Moyen Âge.

IMG04 Illustration de l’ouvrage de Vésale sur l’anatomie : De humani corporis fabrica (1543)

L’art de la renaissance : la redécouverte du classicisme

L’Italie, lieu de l’inspiration antique

L’Italie est depuis le XIIIe siècle le cœur d’un renouveau politique et culturel. La péninsule est fragmentée en une multitude de petits États indépendants qui se livrent une concurrence féroce. Les plus importants et puissants sont la République de Florence, la République de Vénétie (avec Venise comme capitale) et le Duché de Milan. Au milieu du XVe siècle, la paix de Lodi (1454) instaurée dans la péninsule, garantit l’équilibre des puissances et empêche toute concurrence militaire, déportant la rivalité entre ces petits États dans le domaine des arts : c’est au prince qui aura les plus beaux monuments et œuvres d’art que reviendra le plus grand prestige.

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Définition

Prince italien :

Chef d’un petit État italien appelé principauté. Le prince peut porter différents titres : seigneur, duc voire même pape.

IMG05 L’Italie en 1494

En effet, ces riches chefs d’États vont devenir des mécènes, c’est-à-dire qu’ils vont financer avec leurs deniers privés ou le trésor public la commande d’œuvres d’art qui serviront leur renommée personnelle. L’économie, les finances, et le commerce de ces états est florissant à l’époque.

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Exemple

On peut citer en exemple Laurent le Magnifique, le chef d’État de Florence, issu d’une grande famille de banquiers de l’époque, les Médicis, qui finança personnellement des artistes de renommée. La dynastie des Médicis domina Florence et la Toscane et contribua largement à l’expansion de la Renaissance.

IMG06 Le prince mécène Laurent le Magnifique fait de Florence la capitale de la Renaissance italienne pendant la deuxième moitié du XVe siècle. Peinture de Giorgio Vasari (1533)

L’âge d’or de la renaissance italienne

Cette époque coïncide avec la redécouverte des œuvres de l’art classique provenant de l’époque antique gréco-romaine. Ces dernières inspirent les artistes de ce temps et les poussent à réutiliser les techniques des artistes antiques, comme la perspective (permettant une vision plus réaliste de l’être humain). Ce renouveau artistique représente un retour à un certain âge d’or culturel, et prendra le nom de Renaissance. En effet, on estime que cette période permet de renouer avec des éléments essentiels de la culture antique, jusqu’alors passés sous silence par la société médiévale (très religieuse).

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Exemple

À Pise, dès la fin du XIIIe siècle, le nu réapparaît en sculpture. Cela permettra plus tard la création des fameux « nus » de Michel-Ange avec sa sculpture de David (début des années 1500) ou son Bacchus (1497).

IMG07 Bacchus, par Michel-Ange, Musée du Bargello, Florence, Italie, 1497

IMG08 - David de Michel-Ange, Galleria del’Accademia, Florence, Italie, 1501-1504 ©Jörg Bittnet Unna – CC BY 3.0

Plusieurs artistes de cette époque comme Michel-Ange, Raphael ou encore Léonard de Vinci laissent derrière eux des chefs d’œuvres qui resteront représentatifs de la culture européenne. Ces artistes d’un nouveau genre utilisent tous les supports (peinture sur toile ou fresque, sculpture, architecture), et travaillent sur des sujets de la mythologie grecque et romaine ce qui, à l’époque, est totalement nouveau.

  • C’est grâce aux princes et aux rois mécènes que les artistes peuvent travailler sur des sujets plus variés.

Cependant, l’art de la Renaissance continue de représenter aussi et essentiellement des thèmes catholiques. En effet, les riches commanditaires (ceux qui commandent les œuvres d’art) sont aussi des mécènes religieux.

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Exemple

Le pape Jules II commanda à Michel-Ange la peinture de la Chapelle Sixtine, au Vatican, à Rome.

Les artistes dépendent de leurs mécènes, mais les plus célèbres n’hésitent pas à faire monter les prix parmi les différents princes qui les courtisent.

L’école d’Athènes, fresque de Raphael peinte au Vatican entre 1509 et 1510 à la demande du pape Jules II. II y montre les plus grands philosophes reconnus par les humanistes.

La diffusion du modèle italien à l’Europe

En 1494, la paix italienne est remise à mal par une invasion française, et l’équilibre de la péninsule vole en éclat entre les ambitions françaises et espagnoles. Les deux pays se battent sur le sol italien pendant une série de conflits qui sera connue sous le nom de guerres d’Italie (1494-1559). Bien que la Renaissance se poursuive, la mise sous tutelle progressive des États italiens par les Français et les Espagnols va transporter la Renaissance au-delà de la péninsule. Au contact des splendides villes italiennes, les envahisseurs vont s’éprendre de l’art italien et tenter d’en faire venir les auteurs chez eux. Le roi de France François 1er fera venir Léonard de Vinci à sa cour en France, avec dans ses bagages la Joconde. Dans la vallée de la Loire, le roi de France se fait bâtir des châteaux d’apparat sur le modèle italien, sans aucune vocation défensive, comme le château de Chambord ou celui d’Amboise. C’est ainsi que la Renaissance, d’origine italienne, s’étend à la France et à l’Espagne, puis à toute l’Europe, en parallèle de l’humanisme.

Le château de Chambord, construit par François Ier après ses voyages en Italie, est le symbole de la Renaissance en France. ©Benh LIEU SONG - CC BY-SA 3.0

Conclusion :

Le tournant du XVIe siècle marque un changement radical pour l’Europe : c’est l’âge d’or de l’humanisme, avec le développement de la Renaissance en Europe. On considère que cette période a été une rupture historique avec les sociétés médiévales héritées de la fin de l’Empire romain, car la redécouverte du savoir antique permet aux Européens de modeler leurs sociétés et leurs États sur de nouvelles valeurs. Cette période de trois siècles qui s’étalera jusqu’à la Révolution française sera appelée « période moderne ».