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L'essor d'un nouvel esprit scientifique et technique aux XVIIe et XVIIIe siècle

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Ce cours est en cours de création par nos équipes et il sera prêt pour la rentrée 2019 💪

Introduction :

Dans la foulée du courant humaniste et de la Renaissance, l’Époque moderne est marquée par des avancées décisives dans les domaines de la science et des techniques. La science moderne prend naissance au XVIIe siècle. Les découvertes et inventions se multiplient au XVIIIe siècle et donnent lieu aux débuts de l’industrialisation.
Nous allons nous demander dans ce cours comment se sont opérées cette mutation de l’esprit scientifique et cette révolution des sciences. Nous étudierons dans un premier temps la naissance d’un nouvel esprit scientifique qui prend son essor au XVIIe siècle puis nous évoquerons l’accélération du progrès scientifique et sa diffusion au siècle suivant.

La naissance de l’esprit scientifique au XVIIe siècle

La pensée scientifique s’affranchit de la tradition

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Rappel

Jusqu’au XVIe siècle, la pensée scientifique était limitée par les textes des savants de l’Antiquité et par le contrôle exercé par l’Église catholique sur le savoir.

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À retenir

Même si certains humanistes avaient parfois bravé les réticences de l’Église, c’est au XVIIe siècle que débute la véritable rupture entre la science et la religion.

IMG01 – Portrait de Galilée par Justus Sustermans, vers 1640

C’est le savant florentin Galilée (1564-1642) qui illustre le mieux cette rupture. Au XVIe siècle, l’Église a condamné l’hypothèse formulée par Copernic sur l’héliocentrisme et a interdit sa diffusion car celle-ci semble en contradiction avec le texte biblique.

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Définition

Héliocentrisme :

L’héliocentrisme est une conception astronomique qui place le Soleil (hélios en grec) au centre de l’univers par opposition au géocentrisme (plaçant la Terre au centre) que le savant antique Ptolémée avait défini.

Mais Galilée décide de braver l’interdit et entreprend de prouver la théorie copernicienne.

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À retenir

Par l’observation scientifique, Galilée montre que c’est bien le Soleil et non la Terre qui se trouve au centre de la galaxie.

Cette observation est impensable et jugée hérétique par l’Église qui estime que cela remettrait en doute l’idée que la Terre est le centre de l’univers.
Malgré la condamnation de l’Église, qui emprisonne Galilée et l’oblige à renoncer à ses thèses, les théories héliocentristes se diffusent en Europe.

Img02 - Joseph-Nicolas Robert-Fleury, Galilée devant le Saint-Office, XIXème siècle

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À retenir

S’affranchissant de la tradition, des savants comme Galilée vont peu à peu définir de nouvelles méthodes et pratiques.

La naissance de la science moderne

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Rappel

Au Moyen Âge comme à la Renaissance, les clercs et les humanistes s’en tenaient essentiellement à la description des phénomènes. On observe mais on n’expérimente pas.

Mais à partir de la fin du XVIe siècle, une nouvelle démarche scientifique apparaît.

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À retenir

Les savants considèrent désormais que le savoir théorique doit reposer sur l’expérimentation. Ils conçoivent donc des instruments pour mener leurs expériences.

On peut à nouveau s’appuyer sur l’exemple de Galilée : pour mener à bien ses recherches et prouver les thèses de Copernic, le savant florentin a fabriqué la première lunette astronomique. On peut aussi évoquer Janssen, scientifique hollandais, qui invente le microscope en 1590 ou Blaise Pascal, mathématicien, qui met au point une machine à calculer en 1642.

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À retenir

Autre rupture majeure, c’est sur les mathématiques que les savants veulent fonder leur nouvelle approche. Les scientifiques vont donc chercher à mesurer les phénomènes qu’ils observent.

On peut remarquer comme de nombreuses unités de mesure (pascal, newton, celsius, watt, etc.) portent le nom des savants des XVIIe et XVIIIe siècles Et c’est en appliquant les mathématiques à l’étude des phénomènes naturels qu’Isaac Newton (1642-1727) pose les bases de la physique moderne. Il élabore notamment la loi de la gravitation universelle, montrant ainsi que phénomènes terrestres et célestes obéissent aux mêmes lois.

Adoptant une nouvelle démarche fondée sur les mathématiques et l’expérimentation, les savants vont aussi être soutenus dans leur recherche par le pouvoir politique.

Un savoir encouragé par les États

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Rappel

À la Renaissance, les découvertes scientifiques ne sont l’œuvre que de quelques savants isolés soutenus par des mécènes et qui collaborent peu entre eux.

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À retenir

Au XVIIe siècle, les grands souverains européens fondent des établissements destinés à favoriser le progrès scientifique.

Les savants y touchent une pension pour vivre de leurs recherches. Ainsi, en Angleterre, sous l’impulsion du philosophe Francis Bacon, la monarchie fonde la Royal Society of London en 1660. En France naît sur le même modèle l’Académie royale des sciences fondée par Jean-Baptiste Colbert en 1666 puis débute la construction d’un observatoire astronomique. Le Journal des savants publie les recherches de ces scientifiques financées par la Cour de Louis XIV.

IMG03 - Henri Testelin, Colbert présente à Louis XIV les membres de l’Académie royale des sciences, vers 1680, Musée du château de Versailles et de Trianon

Après la naissance, au XVIIe siècle, d’un nouvel esprit qui fonde la science moderne, les connaissances vont connaître des progrès et une diffusion spectaculaires au XVIIIe siècle.

L’accélération des découvertes scientifiques et la diffusion des connaissances au XVIIIe siècle

La diversification des sciences et l’accélération des découvertes au siècle des Lumières

Au XVIIIe siècle s’affirme un nouveau courant intellectuel, celui des Lumières.

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Définition

Les Lumières :

Les Lumières sont un mouvement intellectuel qui a pour ambition d’assurer le progrès de l’humanité par le triomphe de la raison et de la connaissance sur l’obscurantisme religieux (qui s’oppose à la diffusion de l’instruction, du progrès) et l’ignorance.

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À retenir

Avec les Lumières, la rupture définitive avec l’Église s’opère et le progrès scientifique s’accélère.

De plus en plus pointue, la science éclate alors en différents domaines spécialisés (mathématiques, astronomie, physique, chimie, sciences naturelles, etc.) et les découvertes se multiplient. L’américain Benjamin Franklin expérimente la nature électrique de la foudre. Le français Antoine Lavoisier (1743-1794) analyse l’air, révèle l’existence du dioxyde de carbone et découvre la composition de l’eau. Les physiciens Fahrenheit et Celsius créent les premières échelles de mesure thermométrique (mesure de la température). En sciences naturelles, Buffon rédige une Histoire naturelle qui fait progresser la classification de la nature.

Pour soutenir les progrès scientifiques, les États réorganisent l’enseignement : apparaissent alors les premières écoles d’ingénieurs, comme celle des Ponts-et-chaussées ou l’École Polytechnique en France.

Parallèlement à l’accélération du progrès scientifique, on assiste aussi à un intérêt renouvelé du public et à une plus large diffusion des connaissances.

Une société gagnée par les sciences

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À retenir

À partir du XVIIIe siècle, la science touche un public plus large : les ouvrages de vulgarisation destinés à un public instruit se multiplient.

La française Émilie du Châtelet (1706-1749) en est un bon exemple.

IMG04 - Portrait d’Émilie du Châtelet par Maurice Quentin de La Tour, XVIIIe siècle, château de Breteuil, France

Cette riche aristocrate se montre passionnée par les sciences et se lie au philosophe Voltaire. Elle publie des traités scientifiques et entreprend la traduction des travaux de Newton en français, afin de les diffuser dans son pays. Elle est considérée comme une des premières femmes scientifiques de l’histoire.

Dans cet esprit apparaissent aussi des journaux spécialisés comme les Annales de Chimie fondées par Lavoisier. Philosophes et scientifiques sont invités dans les salons de la bourgeoisie parisienne comme celui de Madame Geoffrin.

IMG05 - Anicet Charles Gabriel Lemonnier, Lecture de la tragédie de « l’orphelin de la Chine » de Voltaire dans le salon de madame Geoffrin à Paris en 1755. 1812, Musée des Beaux-Arts de Rouen

Des amateurs constituent des cabinets de curiosités, de physique ou de chimie. Enfin, les expériences scientifiques passionnent un public toujours plus large : à Versailles, l’abbé Nollet passionne la cour avec ses expériences sur l’électricité et en 1783, les Parisiens viennent assister au premier vol d’un ballon gonflé à l’air chaud par les frères Montgolfier.

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À retenir

Mais le plus grand symbole de la diffusion du savoir est évidemment la rédaction de l’Encyclopédie.

Dirigée par le philosophe Denis Diderot et le mathématicien Vincent d’Alembert, elle est publiée en 35 volumes entre 1751 à 1772. Dans l’esprit des Lumières, l’Encyclopédie propose de faire la somme de toutes les connaissances scientifiques acquises, en traitant des sciences, des techniques, mais aussi de philosophie.

Conclusion :

Les XVIIe et XVIIIe siècles marquent une rupture majeure dans le domaine scientifique. Dans la foulée de l’humanisme, les savants fondent peu à peu la science moderne, qui repose sur l’expérimentation et la mesure scientifique des phénomènes. Ce nouvel esprit scientifique qui naît au XVIIe siècle est définitivement installé par les Lumières au XVIIIe. Les progrès des sciences vont aussi entrainer les révolutions techniques à l’origine de l’industrialisation.