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L'État

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Introduction :

Le terme d’« État » est introduit au XVIe siècle par Machiavel. Il désigne un type de pouvoir différent de celui de l’ordre familial, du père, de l’ordre religieux ou du roi. L’État moderne est le pouvoir politique et administratif institué volontairement par le peuple et non plus abusivement par un seul souverain. Il est néanmoins paradoxal que les hommes, naturellement libres, acceptent de se soumettre à l’autorité de l’État.

Pour étudier ce phénomène, nous verrons en première partie comment et pourquoi se fonde un état. Dans un second temps, nous nous demanderons à quoi il sert, et quelles sont ses finalités. Nous étudierons enfin son fonctionnement et celui de ses institutions.

Fondement de l’État

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Définition

État :

Dans son mode de fonctionnement moderne, l’État est une soumission volontaire des hommes à une autorité qui les cadre par des lois.

  • Pourquoi les hommes acceptent-ils de se soumettre et d’obéir à une autorité qui les gouverne ?

Cela semble incohérent, car personne n’accepte la soumission de bon gré. Les théoriciens du contrat social réfléchissent donc aux avantages qui ont pu conduire les hommes à accepter l’insupportable.

L’état de nature

Pour comprendre la raison de cette soumission, il faudrait pouvoir revenir au moment où elle s’est mise en place. Or dans les faits, c’est impossible. Faute de connaître avec certitude les raisons du fondement de l’État, les théoriciens politiques établissent des scénarios hypothétiques sur la manière dont l’événement a pu se produire.

Ils postulent une situation présociale, qui était celle des hommes avant qu’ils n’entrent en société, et instituent l’État. Les théoriciens appellent cette situation état de nature. À partir de là, ils imaginent quel pouvait être le rapport des hommes avec cette société d’avant l’heure.

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Réflexion

L’état de nature pour Hobbes

Une des plus célèbres descriptions de l’état de nature est celle de Hobbes au XVIe siècle. Hobbes est convaincu qu’à l’état de nature, les hommes ont des relations extrêmement conflictuelles. Les rapports entre les hommes sont spontanément destructeurs parce que l’homme est belliqueux, il est naturellement agressif.

Il a soif de pouvoir, et son ego est tel qu’il passe son temps à entrer en rivalité avec ses semblables. étant donné qu’à l’état de nature, il n’existe aucun cadre de loi, les rapports de rivalité dégénèrent inévitablement en conflits psychologiques et physiques. à l’état de nature, la loi de l’intimidation et de la violence règne. Et mieux vaut être le plus fort dans ces domaines si l’on ne veut pas se faire écraser par les autres.

Pour Hobbes, l’état de nature est donc « la guerre de tous contre tous » car « l’homme est un loup pour l’homme ».

Il est étonnant de voir que la description des relations humaines à l’état de nature par Hobbes ressemble étrangement aux relations entre les hommes dans notre société moderne. C’est précisément le reproche que Rousseau lui adresse au XVIIIe siècle. Hobbes imaginait un état de nature dans lequel les relations humaines étaient finalement assez similaires à celles que Rousseau observait à son époque, et à celles que nous connaissons encore aujourd’hui. Rousseau imagine donc une autre définition de l’état de nature.

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Réflexion

L’état de nature selon Rousseau

Pour Rousseau, les hommes n’ont pas toujours été hostiles envers leurs semblables. Les progrès de la civilisation les rendent nerveux dans leur quête incessante pour posséder toujours plus et mieux que les autres. Or, avant la mise en place de la société qui l’a corrompu, l’Homme à l’état de nature était bon. Assez solitaire, il vivait du fruit de son travail, et ressentait de la pitié envers les autres hommes qu’il rencontrait, et avec qui il partageait ses biens.

On a reproché à la vision de Rousseau d’être trop idéaliste. Les visions de l’état de nature proposées par Hobbes et Rousseau ont chacune leurs adeptes et leurs détracteurs. Mais dans les deux cas, ces situations présociales ont évolué vers la société. Alors, qu’est-ce qui a motivé les hommes à accepter leur soumission à l’État ?

La sortie de l’état de nature

À un moment de leur histoire, les hommes ont pris la décision de se regrouper et de placer une autorité au-dessus d’eux. Ce moment d’institution de la société et de l’État qui la gouverne se nomme le contrat social ou le pacte d’association.

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Définition

Contrat social :

Le contrat social est un accord par lequel les hommes constituent le pouvoir commun de manière libre, consentie et volontaire. Cette association dans et par laquelle tous les hommes peuvent coexister de manière pacifique se nomme État civil.

La question est de savoir jusqu’à quel point l’État doit limiter la liberté des hommes, pour permettre cette coexistence pacifique ? Les avis de Hobbes et de Rousseau diffèrent encore radicalement sur cette question.

Finalités de l’État

Expliquer la présence de l’État

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Réflexion

La raison de l’État pour Hobbes

Pour Hobbes, il est évident que les hommes fondent l’État pour protéger leur vie et leurs biens.

En effet, le pouvoir individuel des hommes à l’état de nature leur donne sans cesse la liberté de convoiter et de prendre ce qui ne leur appartient pas. La finalité de l’État est donc prioritairement et exclusivement la protection des biens et des personnes. C’est là l’avantage inestimable que les hommes retirent de leur soumission à l’autorité politique. Nous comprenons alors mieux pourquoi ils ont volontiers aliéné leur liberté : leur vie en dépend.

De plus, Hobbes considère que la soumission à l’État doit être totale. Autrement, les hommes, animés d’une soif de pouvoir, passeraient leur temps à menacer l’État et à vouloir le renverser. Hobbes est donc défenseur d’une autorité absolue qui contrôle la liberté de l’homme au maximum, afin d’éradiquer tout conflit d’intérêts et débordement.

Ce qui distingue l’État de la monarchie absolue, c’est que ce pouvoir total n’est pas détenu par un seul monarque, mais par tous les hommes. Ces derniers forment un grand monarque artificiel qui n’est personne en particulier, et est au service de tous. Ce monarque, Hobbes l’appelle le Léviathan, du nom d’un monstre biblique à la force colossale. C’est aussi le nom de l’œuvre dans laquelle il développe sa vision des choses.

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Réflexion

La raison de l’État pour Rousseau

Rousseau s’oppose à la vision d’Hobbes. Si les hommes s’assemblent sous une autorité et lui obéissent, ce n’est pas parce qu’ils ont peur d’être tués, volés ou de vivre dans la précarité. Selon Rousseau, le contrat social devient nécessaire lorsque les besoins de chacun sont supérieurs à ce que l’homme peut faire pour y subvenir par lui-même. Pour survivre, les hommes doivent alors s’unir et agir ensemble. Pour Rousseau, l’État qui se met en place n’est en aucun cas un pouvoir absolu qui limite voire abolit toutes les libertés de l’homme. Au contraire, l’État n’est juste et légitime que s’il préserve au maximum les libertés de l’Homme.

L’État de droit

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À retenir

Rousseau fonde la théorie de l’État de droit. C’est un État où les libertés individuelles sont garanties, et où tous sont traités de la même façon par les lois. L’État de droit est aujourd’hui considéré comme la caractéristique principale des régimes démocratiques.

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Définition

Démocratie :

La démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est souverain et défend certaines valeurs comme la liberté et l’égalité.

Fonctionnement de l’État

Le droit et la justice

En latin, un même mot désigne le droit et la justice. C’est le mot jus, qui signifie « ce qui est droit ou juste ». En français, nous distinguons cependant les deux définitions.

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Définition

Droit :

Le droit désigne l’ensemble des règles et des normes qui organisent la vie d’une société. Le droit positif concerne les différents systèmes de lois institués par les hommes dans leur société.

Le droit positif est appliqué par la justice qui recourt à des tribunaux, des prisons ou des centres de prévention. Cependant, la justice est aussi un principe moral, un idéal d’égalité parfaite entre les hommes, que nous cherchons à atteindre par l’intermédiaire du droit positif, lui-même imparfait.

  • C’est pour cette raison que le droit se heurte parfois à l’idéal de justice.

Les valeurs de la justice

En France, les valeurs chères à la démocratie sont la liberté et l’égalité, comme le déclarent les hommes dans leur devise en 1789.

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À retenir

La liberté et l’égalité sont les droits les plus fondamentaux des citoyens.

Ils sont communs à toutes les démocraties. La fonction de la justice est donc de garantir la mise en place de ces droits, en contrepartie du respect de certains devoirs qui limitent les libertés des uns, pour garantir les libertés des autres.

Conclusion :

L’État n’est pas une chose naturelle mais une construction des sociétés humaines. Les théoriciens se sont interrogés sur la raison d’être de l’état, sans parvenir à un accord.

  • Pour Hobbes, théoricien du XVIesiècle, les hommes ont créé l’État pour se protéger d’eux-mêmes. L’État est donc le garant de la sécurité des individus. Il doit être autoritaire car le réflexe d’agression de l’homme peut aussi servir à renverser l’État.
  • Rousseau, théoricien plus tardif, constate que l’État n’annule en rien les comportements d’agression dans sa propre société. Il oppose donc à la théorie d’Hobbes la notion de contrat social. Selon lui, les hommes s’organisent en société lorsque le travail de l’un ne suffit pas à assurer sa survie. Le regroupement des individus permet alors un partage des forces et de la production du travail. L’État est né, et Rousseau l’appelle État de droit, puisqu’il légifère pour que les individus aient chacun les mêmes libertés.

Les démocraties se réclament de l’État de droit. Pour assurer la liberté et la préservation des droits de ses membres, l’État a recours à la justice. Elle permet d’empêcher les manquements aux droits de chacun, et de pénaliser ceux qui ne les respectent pas. La multiplication des lois imparfaites visant à protéger les droits empêche le sentiment de liberté. Plus qu’une réalité, l’État de droit est donc un idéal, auquel aspirent les membres de la société.