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La France durant l'entre-deux guerres

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Introduction :

À la fin de la Première Guerre mondiale, la France est victorieuse. Mais elle est également complètement détruite. Le nord-est du pays est en partie dévasté et le nombre de veuves et d’orphelins est immense. Dans ce terrible contexte, comment réagissent les hommes politiques français pour faire passer la France de la guerre à la paix ? Comment la république de l’entre-deux guerres, c’est-à-dire comprise entre la période qui va de la fin de la Première Guerre mondiale (1918) au début de la Seconde (1939) affronte-t-elle la crise économique des années 1930 ?

Nous allons étudier ce chapitre en deux parties : tout d’abord nous analyserons le passage de la guerre à la paix, c’est-à-dire la France des années 1920, puis nous étudierons la réaction de la France face à la crise des années 1930.

Le passage de la guerre à la paix

La fin de l’Union Sacrée

Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, tous les partis politiques français, de gauche, du centre ou de droite, se sont réunis et se sont alliés, afin de s’opposer à l’Allemagne.

  • C’est ce qu’on appelle l’Union Sacrée.

Mais celle-ci ne résiste pas à la fin de la guerre. En effet, la vie politique se divise dès 1919 en deux camps : le Bloc National, composé des hommes politiques de centre droit, s’opposent alors aux hommes politiques de gauche réunis en un cartel, c’est-à-dire un regroupement.

  • En 1919, c’est donc le Bloc National qui gagne les élections.

Il est dirigé par Georges Clemenceau, surnommé « le Tigre », qui avait gouverné la France à partir de l’année 1917. C’est lui qui avait représenté la France au traité de Versailles (c’est le traité signé par les vainqueurs de la Première Guerre et qui déclare l’Allemagne seule responsable). Celui-ci est profondément anti-communiste mais également anti-allemand. Clemenceau ne restera au pouvoir que jusqu’en 1920, abandonné ensuite par une partie de la droite, en raison de son anticléricalisme (il critique la présence de la religion dans la vie publique). Finalement, le Bloc National perd les élections de 1926.

L’impact des révolutions russes en France

Si l’Union Sacrée a pris fin en 1919, c’est à cause du problème causé par les révolutions russes. Clemenceau a été élu grâce à ses discours sur le danger que représentent les révolutions communistes en France. En effet, le communisme de Lénine, mis en place en 1917, s’oppose radicalement aux principes de la démocratie, par l’instauration notamment d’un parti unique.

En 1920, les socialistes français se réunissent dans un congrès très connu, le Congrès de Tours, dans lequel ils se posent une question : les socialistes français doivent-ils adhérer à la IIIe Internationale ?

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Définition

IIIe Internationale :

La IIIe Internationale est une association qui regroupe tous les partis communistes du monde, dans le but de diffuser les idées du parti.

Au Congrès de Tours, Marcel Cachin est favorable à la diffusion du modèle léniniste. D’un autre côté, Léon Blum ne souhaite pas obéir à la Russie, même s’il est sensible aux idées communistes.

Léon Blum en 1927 Léon Blum en 1927

Deux partis politiques naissent alors : le PC, ou parti communiste, rattaché à la IIIe internationale et à l’URSS, et la SFIO, ou parti socialiste, qui souhaite des progrès en matière sociale mais qui n’est pas révolutionnaire.

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Attention

Chaque terme est important, et il est important de ne pas confondre communisme et socialisme, totalitarisme et fascisme.

La France des années 1930 : entre crise et espoir

Origine de la crise

C’est dans un contexte politique divisé entre la droite anti-communiste, les socialistes et les communistes que la France affronte une terrible crise financière en 1931. La crise est apparue en 1929 aux États-Unis. En raison d’un effondrement des cours de la bourse, de nombreuses banques font faillite, de nombreuses entreprises mettent la clé sous la porte et le nombre de chômeurs augmente considérablement. Les États-Unis ne peuvent plus acheter les matières premières en Europe et celle-ci se retrouve alors prise dans la spirale de la crise. En France, à partir de 1931 et 1932, les industries font faillite et le nombre de chômeurs explose.

  • Cette crise économique et sociale provoque une crise politique.

Dans ce contexte, les idées d’extrême droite séduisent beaucoup de gens et des mouvements d’inspiration fasciste (doctrine politique mise en application en Italie, qui est dictatoriale et nationaliste) se développent en France. Des ligues d’extrême droite (c’est-à-dire des organisations) manifestent en France pour critiquer la République et souhaitent voir en France l’installation d’un régime autoritaire, comme en Allemagne avec Hitler ou en Italie avec Mussolini. Le gouvernement en place est déstabilisé par ces groupes d’inspiration fasciste.

  • Face au danger réel que l’extrême droite faisait peser sur la République, les partis de gauche décident de s’unir. En février 1936, le SFIO, le parti radical et les communistes forment le Front populaire, qui s’oppose à la misère, à la guerre et au fascisme.

Alt Affiche du Front Populaire, 1936 Affiche du Front Populaire, 1936

Le Front Populaire gagne les élections en 1936

À la tête du Front Populaire, on retrouve Léon Blum, qui va entreprendre dès 1936 des réformes politiques et sociales très importantes, dans un climat de grèves généralisées. Il devient le Président du Conseil, c’est-à-dire le chef des ministres du gouvernement.

Le Front Populaire fait voter des lois sociales importantes. Les accords de Matignon, en juin 1936, donnent le droit aux travailleurs d’adhérer à un syndicat, et prévoient une augmentation des salaires (la France et le monde sont dans une période de crise économique profonde, ceci est donc une mesure importante). Ces mesures sont vécues comme une victoire de la classe ouvrière.

Quelques semaines plus tard, le Front Populaire signe deux nouvelles lois :

  • la semaine de travail de 40 heures ;
  • la création des premiers congés payés : deux semaines par an. Pour la première fois dans l’histoire de la France, beaucoup d’ouvriers partent en vacances.

Le gouvernement nationalise également les industries d’armement et des chemins de fer, c’est-à-dire que ces industries deviennent publiques et appartiennent à l’État.

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À retenir

Le Front Populaire avait pensé que la crise économique allait être en partie contrée grâce à ces mesures destinées à relancer l’économie et le pouvoir d’achat. Mais le résultat est contraire à ses espérances : la crise s’aggrave rapidement et le chômage continue d’augmenter.

L’échec du Front Populaire

Les difficultés que connait le Front Populaire sont liées au contexte européen. L’Allemagne n’a pas apprécié le traité de Versailles, vécu comme un diktat (une décision imposée et humiliante) et Hitler devient chancelier en 1933. Il réarme l’Allemagne (alors qu’il n’en n’avait pas le droit) et la guerre se profile à l’horizon. En France, les dépenses vont alors être liées à la préparation de la Seconde Guerre mondiale et ne vont pas être dirigées dans le secteur social, ce qui empêche le Front Populaire de résoudre la crise.

  • Par ailleurs, le Front Populaire était composé d’une alliance entre les socialistes, les radicaux de gauche et les communistes. En 1936, un évènement majeur va mettre une fin à cette alliance : c’est la guerre d’Espagne.

La guerre d’Espagne oppose les partisans de Franco, favorables à un régime dictatorial et appuyé par Hitler, aux républicains espagnols, qui souhaitent défendre la République. Les communistes français désirent alors envoyer de l’aide et soutenir militairement les républicains espagnols. Les socialistes préfèrent ne pas se mêler au conflit.

  • Les divisions sont alors de plus en plus marquées au sein du gouvernement, affaibli également par les critiques de la droite et de l’extrême droite.
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À retenir

Finalement, en 1937, Léon Blum est obligé de démissionner et le Front populaire disparait en 1938. Il est remplacé par un gouvernement de centre droit, dirigé par Édouard Daladier, dont l’objectif est le réarmement de la France en vue de la guerre qui se profile dangereusement à l’horizon.

Conclusion :

Pendant l’entre-deux-guerres, la République française est fragilisée par de nombreuses crises internes et externes. Dans un premier temps, c’est le passage de la guerre à la paix qui est compliqué, non seulement en raison de la destruction du pays, mais aussi à cause de raisons politiques. Les révolutions communistes russes avaient eu un impact en France et une partie de la classe politique française considérait que le communisme était un danger pour la démocratie et qu’il fallait donc lutter contre lui (c’est l’idée de Clemenceau).
D’autres hommes politques en revanche souhaitaient diffuser la révolution en France. Au sein de la gauche, cette question divise également, et de cette division sont nés les partis communistes et partis socialistes français en 1920.

Mais les divisions politiques sont loin d’être le seul problème de la France. En 1930, une terrible crise économique provoque dans le monde une augmentation du chômage sans précédent. Face à ces problèmes sociaux, ce sont les partis d’extrême droite qui se développent en France. Le Front populaire est une alliance des partis de gauche pour s’opposer à l’extrême droite. Malgré des réformes importantes, le Front Populaire échouera à résoudre la crise. Le second conflit mondial se prépare à cette époque.