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La mondialisation en fonctionnement

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Introduction :

La mondialisation est un phénomène apparu depuis trois siècles au moins mais qui, grâce aux évolutions techniques et technologiques, a pris une ampleur très importante. C’est un processus complexe qui a eu des accélérations multiples au cours de son histoire.

Depuis une vingtaine d’années, la mondialisation est au cœur des débats économiques et sociétaux. Parfois, elle est adulée et vue comme un bienfait pour la planète entière, et à d’autres moments, elle est vue comme responsable de la mauvaise situation des pays pauvres. Ce qui est sûr, c’est que le phénomène est bien réel, et touche à des degrés divers tous les citoyens du globe.

Il faut d’abord voir les différents processus et acteurs de la mondialisation, avant de regarder du côté des mobilités et flux qu’elle engendre. Il nous faudra aussi aborder les débats parfois houleux qu’elle suscite. Nous terminerons par un exemple concret de produit mondialisé : l’automobile.

Processus et acteurs de la mondialisation

Étapes historiques

La mondialisation n’est pas un concept nouveau. Le XIXe siècle, au-delà de la colonisation, est aussi le siècle de la révolution industrielle en Europe, aux États-Unis d’Amérique ainsi qu’au Japon.

  • Qui dit révolution industrielle dit innovations dans les transports et capacité à produire pour des marchés toujours plus lointains.

Les échanges se font de plus en plus intenses jusqu’à la crise de 1929. Cette crise et la Seconde Guerre mondiale ont ponctuellement ralenti la mondialisation.

En 1944, les États-Unis mettent sur pied un système monétaire international à Bretton Woods où le dollar devient une monnaie internationale équivalente à l’or, ce qui facilite grandement le commerce entre pays. La stabilité d’un système monétaire international est une garantie qui favorise les échanges.

En 1947, les USA créent le GATT pour faire baisser les barrières douanières sur les produits les plus échangés de la planète.

  • Mais les pays colonisés et le bloc communiste ne participent à aucune de ces deux organisations.
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À retenir

Après 1945, les innovations technologiques font encore progresser les transports. On va plus loin, plus vite, on transporte bien plus de marchandises avec plus de sureté.

La décolonisation après 1945 ouvre de nouveaux marchés à la mondialisation. La Chine communiste ouvre ses frontières au début des années 1980 et se lance de fait dans le capitalisme.

En 1991, la chute du monde communiste donne une dernière accélération à la mondialisation.

  • La fin de l’URSS et de ses alliés laisse une planète désormais quasi entièrement capitaliste.

En 1995, le GATT devient l’Organisation mondiale du commerce et change par là même la nature de la mondialisation.

  • L’OMC veut aller beaucoup plus loin que le GATT dans la libéralisation des échanges planétaires.

Acteurs

Les acteurs de la mondialisation sont multiples.
Tout d’abord il faut mettre en avant les transnationales mondiales. Ces géants de l’économie que l’on nommait « trust  » dans les années 1930, puis multinationales à la fin du XXe siècle, sont aujourd’hui appelées transnationales car elles dépassent désormais les cadres de plusieurs États, comme Nestlé, Monsanto ou Sony par exemple, qui agissent sur tous les continents.

  • Leur stratégie est planétaire, elles sont au cœur de la mondialisation.

Les États ont aussi un rôle à jouer en adhérant aux diverses organisations planétaires et en favorisant, par la mise en place d’infrastructures de transport, la mondialisation.

Les organisations régionales de libre échange sont nombreuses. On y trouve :

  • l’Union européenne,
  • l’ALENA, l’Accord de libre-échange nord-americain entre les États-Unis, le Mexique et le Canada,
  • le Mercosur, ou Marché commun du Sud, qui regroupe plusieurs pays d’Amérique du Sud,
  • ou encore l’ASEAN, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.
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À retenir

Toutes ces organisations accélèrent la mondialisation puisqu’elles permettent une circulation plus libre des biens.

L’Organisation des Nations unies est un autre symbole de mondialisation mais sur le plan de la sécurité, des normes et du droit international. La gestion est ici planétaire puisque 193 pays sont inscrits à l’ONU.

Les ONG, ou organisations non gouvernementales, s’inscrivent pleinement dans la mondialisation car elles interviennent sur tous les fronts et agissent dans de nombreux domaines sur la planète.

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À retenir

Les citoyens participent aussi à cette mondialisation en consommant les produits fabriqués ailleurs ou en voyageant à l’étranger.

Mobilités et flux

Le tourisme

Les moyens de transports se sont démocratisés, notamment les vols aériens, et le tourisme international n’a cessé de progresser et continue de progresser depuis 1945.

Alt texte Carte du tourisme international

Les zones les plus émettrices et réceptrices de ces mobilités sont :

  • l’Europe,
  • l’Amérique du Nord,
  • et l’Asie.

L’Europe, elle, profite d’atouts touristiques :

  • l’espace balnéaire,
  • les sports d’hiver,
  • la culture et l’histoire,
  • le tourisme vert,
  • le tourisme religieux lié au christianisme (Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle, Lourdes).

Pour faire du tourisme international il faut un bon niveau de vie, et surtout, du temps libre.

Migrations économiques

Le tourisme n’est pas tout, on trouve des mobilités liées aux migrations économiques et politiques. Ces mobilités concernent principalement les pays du Sud qui connaissent de grandes difficultés économiques, sociales, politiques et parfois même un état de guerre.

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À retenir

Les plus grandes mobilités se font du Sud vers le Nord.

  • La frontière entre le Mexique et les États-Unis est, par exemple, un territoire crucial pour les millions de personnes candidates à l’émigration. Un mur de 3 000 kilomètres a été érigé entre les deux pays, et le fleuve Rio Grande est le théâtre quotidien de centaines de tentatives de passages clandestins.
  • La Méditerranée est aussi un passage crucial pour les candidats à l’émigration du continent africain et du Proche et Moyen-Orient vers l’Europe. Le détroit de Gibraltar, l’île de Lampedusa, les territoires espagnols au Maroc de Ceuta et Melilla sont le théâtre de nombreux drames humains pour cette immigration clandestine.

Au-delà des migrations internationales, il y a des migrations intracontinentales, c’est-à-dire les flux de populations qui quittent leur pays pour un pays voisin.

Dans l’UE, avec les accords de Schengen, 26 pays ont obtenu une totale liberté de circulation pour leurs concitoyens, qui peuvent donc se déplacer vers les autres pays de l’Union européenne selon leurs besoins. Les pays du Nord voient donc des migrations liées au travail et à ce que l’on appelle l’héliotropisme.

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Définition

Héliotropisme :

Migrations liées à l’attraction des régions ensoleillées comme la Californie aux États-Unis ou la côte d’Azur en France.

Il reste enfin les mobilités journalières, ce que l’on appelle les migrations pendulaires : les millions de personnes qui quittent leurs foyers au matin pour se rendre à leur travail et rentrent le soir, ce qui engendre de gros problèmes de circulation dans les plus grandes agglomérations.

Sur le continent africain, les choses sont bien différentes car l’essentiel des migrations entre pays se fait à cause des guerres, de la misère et des instabilités politiques. On se réfugie dans les pays voisins en cas de graves troubles. Des millions d’Africains vivent aujourd’hui hors de leurs frontières.

Les flux

Toutes ces mobilités deviennent des flux. On parle de flux touristiques d’une région à l’autre de la planète ou encore de flux migratoires liés aux conditions économiques du Sud vers le Nord.

Carte des flux aériens en 2010 Carte des flux aériens en 2010

Cette carte montre clairement les principaux flux qui vont du Sud vers le Nord.

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Attention

Il ne faut toutefois pas oublier les flux Sud/Sud, secondaires mais très importants.

On trouve aussi des flux de marchandises, de capitaux et d’informations.

  • Les flux pétroliers, par exemple, partent des pays producteurs vers les pays consommateurs.
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À retenir

Les plus gros flux de marchandises se font vers la triade formée par l’Union européenne, l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud-Est. Il en est de même pour les flux de capitaux, la triade capte l’essentiel des capitaux mondiaux. Idem pour les informations, ce sont les pays les plus riches, dont le niveau de vie est le plus élevé, qui concentrent ces flux.

Réseaux

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Définition

Réseau :

Flux en connexion permanente. C’est le cas des réseaux internet, bancaires et boursiers à l’échelle planétaire. Tout moyen de transport est en réseau, c’est-à-dire connecté d’un point A à un point B, gares, aéroports ou ports.

La mondialisation a vu naître les plates-formes multimodales, des centres ou des espaces d’échange qui possèdent de multiples moyens de transports : rails, autoroutes, routes, fleuves, canaux et aéroports pour permettre le choix du moyen de transport en fonction de la marchandise transportée.

On appelle hub les centres mondiaux qui concentrent et répartissent les marchandises, les informations et les Hommes vers leurs destinations. Ce sont des centres de « tri » , qui répartissent les différents flux, comme par exemple un port ou un aéroport international.

Les débats

Les antimondialistes sont très minoritaires. Ils refusent totalement la mondialisation sous toutes ses formes. Il s’agit de groupuscules qui pèsent peu dans le débat mais dont la voix se fait parfois entendre.

Les altermondialistes combattent la mondialisation capitaliste et libérale. Ils sont :

  • contre une forme de mondialisation qui pour eux mène à la catastrophe économique, sociale et écologique ;
  • pour une mondialisation régulée, protectrice des populations les plus fragiles et des écosystèmes planétaires ;
  • pour des États garant de l’accès aux soins, à l’éducation, à la culture, à l’eau potable, au logement et à l’énergie ;
  • contre la privatisation de ces domaines.

Les altermondialistes gagnent en visibilité en manifestant lors de contre-sommets liés au G8 ou au G20, comme à Davos ou Cancún.

Les mondialistes sont, eux, attachés à la mondialisation capitaliste libérale. L’idée est que la mondialisation n’est pas encore assez poussée. Ils veulent une planète sans frontières pour tous les commerces.

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À retenir

À l’OMC, les accords de l’AMI, Accords sur les investissements multilatéraux, souhaitent faire en sorte que la culture, l’éducation, l’eau potable, les soins, l’énergie deviennent des « produits  » comme les autres et que n’importe quel pays puisse venir investir dans ces domaines-là. Beaucoup de pays, dont la France, se sont alarmés à propos des conséquences de ces mesures si elles aboutissaient.

Un produit mondialisé : l’automobile

L’automobile symbolise la société de consommation des pays riches. L’étude de sa conception, de sa production et de sa diffusion révèle les tenants et les aboutissants de la mondialisation

  • Plus d’un milliard d’automobiles en circulation sur la planète en 2010.
  • C’est un produit qui s’est massifié et qui est diffusé dans le monde entier.
  • La conception se fait dans les pays du Nord, Toyota au Japon, Général Motors aux États-Unis, Volkswagen en Allemagne, Renault en France par exemple.
  • Les bureaux d’étude, remplis d’ingénieurs et de designers qualifiés, se trouvent au Nord.
  • Les sièges sociaux, où se prennent les décisions stratégiques, ainsi que les puissances bancaires qui financent cette industrie s’y trouvent également.
  • Les usines d’assemblage et de construction ont par contre été délocalisées dans des pays plus pauvres où la main-d’œuvre est bien moins chère (même si pour certains modèles, rares, les pays du Nord gardent encore des chaînes de montage).
  • Par contre, les réseaux de vente sont présents dans toutes les régions les plus consommatrices.

Des études de marché à l’échelle mondiale sont réalisées pour connaitre les goûts et les pratiques de chaque société afin de créer le bon produit qui sera vendu sur tel continent et dans tel pays.

Les ventes se font dans le monde entier mais certaines régions du monde sont privilégiées de par leur pouvoir d’achat : l’Union européenne, l’Amérique du Nord, et l’Asie du Sud-Est sont les régions les plus consommatrices d’automobiles. Cependant les pays émergents deviennent de gros consommateurs.

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À retenir

L’apparition d’une classe moyenne rêvant de l’automobile comme un signe de liberté et d’ascension sociale dans ces pays émergents redistribue la carte de l’automobile mondiale. Les Brésiliens, les Chinois, les Indiens sont pleinement intégrés au marché de l’automobile. Ils viennent aussi concurrencer les producteurs traditionnels en produisant leurs propres modèles.

Si tous les pays émergents ou en voie de développement consomment autant de véhicules que les pays du Nord, ce sont cette fois les défis écologiques qui vont être très difficiles à relever.

Conclusion :

La mondialisation c’est avant tout une plus grande mobilité des capitaux, des Hommes, des informations et des marchandises. Ces flux à l’échelle planétaire se coupent et recoupent en réseaux via des hubs où transitent la plupart des échanges mondiaux. Si les échanges se font au niveau global, ce sont bien les pays du Nord qui profitent le plus de la mondialisation libérale et capitaliste. Face à ce constat d’inégalité croissante, les altermondialistes souhaitent offrir une solution différente aux besoins grandissants de l’économie mondiale.