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L’Europe et le monde face aux crimes de la Seconde Guerre mondiale

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Introduction :

En 1942, l’Europe est sous domination allemande. Hitler se fonde sur des théories racistes, antisémites et pseudo-scientifiques pour justifier la conquête du Lebensraum, à l’Est de l’Europe. Il met en place la guerre d’anéantissement à travers la mise en œuvre d’une politique d’extermination. En Asie, la politique expansionniste japonaise entraîne la destruction de nombreuses vies. De leur côté, les démocraties savent qu’elles doivent anéantir totalement leurs ennemis pour mettre fin à la barbarie totalitaire.
Nous nous intéresserons dans ce cours à la politique de colonisation puis d’anéantissement du régime nazi. Nous verrons ensuite que le système concentrationnaire a été un outil central dans les génocides juif et tzigane notamment. Enfin, nous nous intéresserons à la notion de crime de guerre, crimes commis par tous les protagonistes de la Seconde Guerre mondiale.

L’occupation de l’Europe et le Lebensraum

Le pillage des pays conquis

IMG01-L’Europe au milieu de l’année 1942

L’Europe sous occupation nazie est divisée en plusieurs catégories d’États :

  • le Grand Reich : il est constitué de l’Allemagne et des territoires qu’elle a annexé ;
  • les pays satellites indépendants et alliés au IIIe Reich ;
  • les territoires directement administrés par le Reich ;
  • et les territoires occupés par la Wehrmacht.

Les pays vaincus, et même ceux normalement alliés au Reich, sont systématiquement pillés. Le Reich peut ainsi garantir le niveau de vie des Allemands et financer la guerre contre le Royaume-Uni et l’URSS. La France est le premier fournisseur du Reich en armes et munitions. Elle contribue à 5 % au moins de ses besoins en blé et à 12 % de ses besoins en viande.

Le projet de colonisation (Generalplan Ost)

L’entrée en guerre permet au IIIe Reich de mettre en œuvre son idéologie raciste et antisémite. Dès novembre 1939, les nazis élaborent un Generalplan Ost.

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Définition

Generalplan Ost :

Le Généralplan Ost est un projet de colonisation de l’Europe de l’Est afin de mettre en place le Lebensraum.

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Définition

Lebensraum :

Concept allemand datant du XIXe siècle, il est repris par le régime nazi pour justifier les visées expansionnistes de l’Allemagne. Il s’agit d’exterminer ou d’expulser les populations pour y installer des colons allemands. L’Europe doit être réorganisée suivant les critères racistes et antisémites du nazisme.

Dès le début de l’invasion polonaise, les nazis partent donc à la recherche des communautés allemandes vivant en Pologne pour leur faire peupler les territoires colonisés. Des ingénieurs et médecins raciologues mènent des enquêtes au sein des populations d’origine allemandes. Ils vérifient si la personne est en bonne santé, si elle est blonde, a les yeux bleus, étudient leur arbre généalogique pour vérifier si la famille n’a pas d’ancêtres juifs, de malades mentaux, d’alcooliques etc. Un officier de la Gestapo est ensuite chargé de vérifier les opinions politiques de la personne. Si la personne remplit toutes les catégories, elle peut faire partie des SS (homme ou femme).

Le Lebenstraum doit être peuplé de gens respectant la « race aryenne ». Pour le régime nazi, le terme « aryen » définit une race germanique supérieure aux autres.

Au sommet de la société nazie, on retrouve les blonds, aux yeux bleus, en bonne santé, qui ont des sympathies nazies et n’ont pas d’ancêtre juif. Ceux-ci peuvent entrer dans la SS. Tout en bas, on retrouve les personnes qui sont expulsées vers le Gouvernement général de Pologne (nom donné à la partie polonaise contrôlée par le IIIe Reich), qui concentre les populations jugées indésirables.

Sous le prétexte de la protection de la « race allemande », Hitler veut donc se débarrasser de tout ce qui peut, selon lui, la menacer. Les Juifs, les Tsiganes, les populations slaves (considérées comme des « sous-hommes »), les « déviants sociaux » (criminels, feignants, malades, handicapés, homosexuels, etc.), les opposants politiques (principalement socialistes et communistes) sont ainsi traqués.

Le cas des Juifs et des Tsiganes

Dès 1933, les Juifs et les Tsiganes sont mis à l’écart de la société, et subissent les persécutions et violences de la part des nazis. Les arrestations sont nombreuses. En 1935, les lois de Nuremberg renforcent la pénibilité de la vie des Juifs dans le Reich, leur interdisant de nombreuses choses et les ciblant officiellement comme ennemis du régime.

La logique d’anéantissement menée par l’Allemagne nazie se met en place rapidement. La traque des « indésirables », des intellectuels et des religieux commence dès 1939. D’abord mis à l’écart, les opposants sont ensuite tout simplement éliminés.

Les ghettos

IMG2- Le Gouvernement général de Pologne

Le Gouvernement général de Pologne accueille les populations indésirables. L’économie est ruinée par la guerre, le territoire doit livrer 30 % de sa population au Reich et on y meurt de faim.
Les Allemands enferment les Juifs dans des ghettos (quartiers insalubres dont ils ne peuvent sortir) dès qu’ils commencent à occuper la Pologne, en 1939. Les Juifs y meurent de faim ou de maladie. Le plus vaste est le ghetto de Varsovie (550 000 personnes), créé en 1940.

Le système concentrationnaire

Dès son accession au pouvoir, en 1933,Hitler fait ouvrir des camps de concentration en Allemagne (Dachau, Buchenwald, etc.) pour y enfermer les opposants politiques, les Juifs, les Tziganes, les homosexuels… Ils sont dirigés par les SS. Durant la guerre, ils accueillent aussi les prisonniers de guerre et les résistants.
Les prisonniers sont également mis à contribution pour l’effort de guerre nazi. Ils fournissent ainsi une main-d’œuvre gratuite à l’industrie du IIIe Reich (on peut citer les usines IG Farben, Krupp, etc.). Ils sont sous-alimentés, soumis à de prétendues expériences médicales et exterminés par le travail.
Cette politique concentrationnaire est appliquée dès 1940, dans les territoires conquis par les Nazis.

L’apogée de la guerre d’anéantissement : l’extermination systématique et la « solution finale »

La mise en place de la politique d’extermination

La guerre d’anéantissement trouve son apogée dans la politique d’extermination menée par l’Allemagne nazie, qui passe rapidement de la mise à l’écart et du régime de terreur des populations « indésirables » à leur extermination pure et simple.

Dès 1939, en Pologne puis en URSS les Einsatzgruppen (des commandos du IIIe Reich) qui suivent la Wehrmacht (armée du IIIe Reich) massacrent systématiquement les Juifs et les civils slaves (Tchèques, Ukrainiens, Russes, Polonais, Serbes), y compris les femmes et les enfants. Ces groupes d’intervention armés ont ainsi appliqué la première phase de la Shoah. On parle de « Shoah par balles ».

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Définition

Shoah :

Terme hébreu signifiant « catastrophe », il désigne le génocide des Juifs par les nazis.

Lors de la préparation de l’opération Barbarossa entre mars et juillet 1941, les nazis prévoient de germaniser les territoires de Leningrad à Odessa. Or la colonisation est un échec. Le Lebensraum n’a attiré que 4,5 millions de colons, et ils ne font pas assez d’enfants. Les nazis décident alors d’exterminer les 27,8 millions d’habitants de ces territoires, jugés indésirables.

La Shoah et les « camps de l’horreur »

IMG03 : La Shoah en Europe de l’Est

Le 20 janvier 1942, une étape est franchie dans le processus d’extermination des Juifs et des Tziganes, avec la conférence de Wannsee à Berlin. Hitler y décide que tous les Juifs d’Europe (11 millions de personnes), doivent être déportés et éliminés. C’est un crime de masse.

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Définition

Crime de masse : Mises à mort d’une ampleur massive, ordonnées et organisées par des gouvernements ou des organisations, et à visée d’une population en particulier.

Le projet est appelé « solution finale » par le IIIe Reich. Elle est mise en place malgré le coût de la guerre pour l’Allemagne. Cette procédure conduit à la fermeture progressive des ghettos, dont les populations sont déportées vers les camps d’extermination.

Tous les camps d’extermination se trouvent en Pologne. Il en existe 6 :

  • Auschwitz-Birkenau (également camp de travail forcé) ;
  • Treblinka ;
  • Belzec ;
  • Sobibor ;
  • Chelmno (existant depuis 1941, et où les prisonniers étaient gazés via le gaz de camions) ;
  • Majdanek (également camps de travail forcé).

Les premières victimes des camps se comptent dans les convois de la mort, partant de toutes les villes d’Europe. Entassés dans des wagons à bestiaux, subissant la faim, la soif, la chaleur ou le froid, nombreux sont ceux qui ne survivent pas.

Dans les camps d’extermination, les hommes valides sont mis au travail forcé (ainsi à Auschwitz les détenus fabriquaient du caoutchouc pour IG-Farben), tandis que les enfants, leur mère, les personnes âgées et les infirmes sont directement envoyés dans les chambres à gaz. Les déportés sont gazés au zyklon B. Des prisonniers sont ensuite chargés de récupérer ce qui peut être réutilisé (dents en or, vêtements, cheveux, etc.), avant de faire disparaître les corps dans des fours crématoires.

Les nazis se livrent aussi à de pseudo-expériences médicales. À Auschwitz par exemple le docteur Mengele tente de démontrer la supériorité de la « race aryenne » : amputations inutiles, injection du typhus etc.

Auschwitz est le plus vaste ensemble concentrationnaire du IIIe Reich. C’est donc à la fois un camp de concentration et d’extermination. Il reçoit pendant la guerre 1,3 million de déportés, dont 960 000 Juifs, mais aussi des Tziganes, des prisonniers de guerre soviétiques et des détenus d’autres nationalités. On estime le nombre de victimes à 1,1 million, rien que dans ce camp.

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À retenir

6 millions de Juifs ont ainsi péri au cours de la Shoah, ainsi que 220 000 Tsiganes. Tous les pays « collaborateurs » avec les nazis ont participé à la Solution finale.

Les violences de l’Axe et des Alliés

L’Allemagne nazie n’est pas la seule coupable de crimes pendant la période 1939-1945.

Les crimes de l’Axe

La Seconde Guerre mondiale a également fait rage en Asie. Les crimes des Japonais, poursuivant leur politique expansionniste, peuvent être comparés à ceux de la Wermacht. Pillant les pays qu’ils conquièrent, ils massacrent la population et réduisent en esclavage des millions de personnes. Considérant les Chinois comme des sous-hommes, les Japonais se rendent coupables de crimes de masse par l’assassinat d’environ 4 millions d’entre eux, pour la majorité des civils.
On peut citer en exemple le massacre de Nankin (décembre 1937-février 1938), où les membres de l’armée japonaise assassinent plus de 200 000 personnes et violent des milliers de femmes.
Des armes chimiques furent utilisées, et on peut également signaler de nombreux cas de tortures et d’expériences pseudo-médicales sur des prisonniers de guerre.

Les crimes des Alliés

Lors de l’invasion de la Pologne par l’URSS, en 1939-1941, de nombreux crimes de guerres ont été recensés. Par exemple, au printemps 1940, le NKVD commet le massacre de Katyn durant lequel plusieurs milliers de Polonais sont assassinés parce qu’ils sont considérés comme hostiles à l’idéologie communiste. En 1943, lors de l’avancée des troupes de l’Armée rouge vers l’ouest, il est fait acte de nombreux actes de barbarie (tortures, viols) envers les populations civiles, soupçonnées de collaboration avec l’ennemi, ou simplement habitantes des territoires ennemis. Le gouvernement soviétique encourage ces pratiques, justifiées comme une vengeance des exactions des troupes nazies sur les populations slaves.

En Europe, comme en Asie, de nombreuses troupes américaines se rendent coupable de violences et de crimes contre des soldats et des civils, qui peuvent être qualifiés de crimes de guerre. Pour mettre fin à la guerre face au Japon, les États-Unis n’hésitent pas à utiliser à deux reprises l’arme atomique sur Hiroshima puis sur Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

Chaque pays ayant participé au conflit est donc responsable d’actions répréhensibles et non justifiables par l’état de guerre. Néanmoins, les procès les plus célèbres lors de l’après-guerre sont ceux jugeant les puissances de l’Axe.
On peut citer le procès de Nuremberg, incriminant les plus hauts dignitaires nazis, et dans lequel les notions de crimes de guerre et de crime contre l’humanité apparaissent pour la première fois. Le tribunal de Nurenberg a défini le crime de guerre de la façon suivante : « Assassinat, mauvais traitement ou déportation pour des travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, assassinat ou mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, exécution des otages, pillage de biens publics ou privés, destruction sans motif des villes et des villages, ou dévastation que ne justifient pas les exigences militaires ».

Conclusion :

En 1945, à la fin de la guerre, le monde découvre les atrocités perpétrées depuis 1939. Cet épisode de l’Histoire est un drame collectif qui concerne toutes les générations. En Europe, en Asie, du côté des Alliés et du côté de l’Axe, il est temps de faire le bilan et de reconstruire, autant que possible.