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L'histoire

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Introduction :

Il faut distinguer « faire l’histoire » et « faire de l’histoire ». Tel peuple ou tel homme important fait l’histoire, alors que l’historien fait de l’histoire. L’histoire se définit donc de deux manières. D’une part, l’histoire est l’ensemble des faits passés, et d’autre part, l’histoire est la connaissance de ces faits passés.

Mais au-delà du simple savoir historique, une véritable question philosophique se pose à propos du sens de l’histoire (de la direction comme de la signification) et de la réalité historique : l’Homme est-il maître de son histoire, de ce qui lui arrive ? Est-ce l’histoire qui fait l’Homme, ou est-ce l’Homme qui fait l’histoire, son histoire ? Pour le dire autrement : notre histoire est-elle guidée par des forces qui nous échappent, un dieu, un destin, ou le hasard par exemple ? Ou à l’inverse, l’histoire est-elle simplement le résultat de la volonté humaine ? Le problème est de savoir si nous sommes inévitablement passifs dans l’histoire et donc non responsables de ce qui nous arrive, ou au contraire, si nous jouons un rôle actif, étant ainsi responsables des faits de l’histoire. Pour traiter cette question, nous verrons une opposition classique entre deux courants de pensées issus du XIXe siècle : la philosophie de l’histoire de Hegel, pour qui l’histoire fait l’Homme, puis la philosophie de l’histoire de Marx, pour qui l’Homme fait l’histoire.

Le sens de l’histoire selon Hegel

Pour Hegel, l’histoire est une dialectique, c’est-à-dire un développement de l’humanité qui passe par différentes étapes logiques. Pour Hegel, à travers l’humanité, c’est la Raison (qu’il nomme également l’Esprit) qui se développe dans l’histoire. Hegel écrit, dans son livre La Raison dans l’Histoire :

« L’histoire est le processus par lequel l’Esprit se réalise ».

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Définition

Raison :

Pour Hegel, la Raison est un concept universel désignant une volonté supérieure qui échappe à l’homme, un peu comme un dieu. La Raison peut être vue comme une synthèse de toutes les manifestations de la raison humaine des différentes périodes de l’histoire.

Ainsi, l’esprit de la haute Antiquité, marqué par la croyance naïve en une divinité absolue, n’est pas l’esprit du XVIIIe siècle, qui est marqué quant à lui par les lumières de la science. La science est un progrès par rapport à la croyance naïve, mais elle garde encore une idée d’absolu. En effet, la science du XVIIIe siècle revendique un savoir total, absolument vrai et encyclopédique.

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Réflexion

La Aufhebung selon Hegel

Au fil des siècles, la Raison se réalise en se manifestant dans des formes concrètes et de plus en plus rationnelles : la science, mais aussi l’art, le droit, la politique et finalement toutes les expressions de la culture humaine, y compris la religion monothéiste.

Ainsi, la dialectique de l’histoire est un progrès : chaque époque de l’histoire, s’appuyant sur la précédente, apporte quelque chose de plus à l’humanité. La Raison qui gouverne le monde est de plus en plus mûre. Ce progrès est logique et inéluctable. En allemand, Hegel utilise le terme Aufhebung.

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Définition

Aufhebung :

Terme allemand utilisé par Hegel pour désigner à la fois la conservation et le dépassement de l’époque qui vient de se terminer : chaque nouvelle époque conserve les progrès de l’époque précédente, tout en la dépassant et en y apportant quelque chose de nouveau.

Sans cela, l’histoire repartirait à chaque époque des origines de l’Homme, et nous ne progresserions pas.

De plus, dans l’histoire, un facteur joue un rôle déterminant : ce que Hegel appelle « les grands hommes ». Pour le philosophe allemand, Napoléon est un exemple édifiant de grand homme.

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Définition

Grand homme :

Pour Hegel, un « grand homme » est un homme sans qui des réalisations majeures de la Raison n’auraient jamais eu lieu dans l’histoire.

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Exemple

Par exemple, à la suite de la Révolution française de 1789, Napoléon a mis en place un certain nombre de mesures administratives et sociales importantes, comme la création d’un Code civil.

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Réflexion

Hegel et la ruse de la Raison

L’action du grand homme est motivée par un mélange de raison et de passion. Hegel écrit, toujours dans La Raison dans l’Histoire : « Rien de grand ne s’est réalisé dans le monde sans passion ». Le grand homme croit être l’unique responsable de son action alors qu’il est mu par la volonté de la Raison. C’est ce que Hegel appelle « la ruse de la Raison », c’est-à-dire le processus par lequel la Raison fait croire à l’Homme qu’il est le maître de l’histoire, alors que c’est l’histoire qui le guide.

Parler du sens de l’histoire revient à parler aussi de la fin de l’histoire.

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Définition

Fin :

Désigne une finalité, un but à atteindre.

Pour Hegel, l’histoire s’achève quand la Raison des hommes se réalise dans la liberté, c’est-à-dire la liberté d’agir, de créer ou de s’exprimer dans le respect du droit civil.

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À retenir

Ainsi, l’histoire, révélation de la Raison au cours des siècles, guide les grands hommes. Les grands hommes, à leur tour, guident les hommes et les peuples.

  • Par conséquent, selon Hegel, c’est l’histoire qui fait l’Homme et non l’Homme qui fait l’histoire.

Cependant, la volonté des hommes et des peuples n’a-t-elle pas un effet direct sur le cours de l’histoire ? L’histoire serait-elle un progrès si l’Homme n’était capable pas, de lui-même, de défendre ses propres causes ?

Le sens de l’histoire selon Marx

C’est en ce sens que, pour Marx, l’Homme joue un rôle actif dans le progrès historique.

Marx garde de Hegel une idée majeure à propos de l’histoire : celle de l’histoire comme dialectique et comme progrès. Cependant, le moteur de cette dialectique est, pour Hegel, spirituel, abstrait – il s’agit de la Raison qui se développe au fil de l’histoire. Pour Marx, au contraire, ce moteur de l’histoire est matériel, c’est-à-dire que ce qui fait avancer l’histoire relève de ce qui est réellement dans le monde social et non d’un principe abstrait.

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À retenir

Marx est un penseur matérialiste et défend la théorie d’un matérialisme historique : pour lui toute réalité, naturelle, sociale ou historique, est matérielle.

Le principe de l’histoire tient dans ce que Marx nomme « la lutte des classes ».

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Définition

Lutte des classes :

Pour Marx, la lutte des classes désigne les relations concrètes, matérielles, que les hommes entretiennent entre eux. Ces relations font naître des conflits sociaux. Chaque époque de l’histoire est marquée par un antagonisme – une opposition conflictuelle – entre une classe sociale dominante et une classe sociale dominée.

  • Par exemple, l’Antiquité présente une lutte entre les maîtres et les esclaves.

L’esclave est alors considéré comme un objet qui appartient au maître et sur qui le maître a tous les droits. La volonté des esclaves de se libérer de la domination des maîtres a produit un progrès dans l’histoire.

Pour Marx, la dialectique se poursuit.

  • Le Moyen Âge oppose les seigneurs et les serfs, les paysans.

Ces derniers, contrairement aux esclaves, possèdent quelques droits : le droit d’être protégés par le seigneur, le droit de disposer d’une habitation et d’une partie des récoltes qu’ils produisent pour le maître. Ces droits correspondent à des devoirs pour le maître. Là aussi, selon Marx, la volonté des serfs de se libérer de la domination des seigneurs a engendré dans l’histoire un progrès. Ainsi, l’analyse marxiste essaie de montrer comment les anciens serfs, qui ont fui les campagnes, se sont installés aux abords des villes, des bourgs, formant ainsi les faubourgs. Ils y ont développé une activité d’artisanat et de commerce.

  • Marx voit dans cette classe sociale l’apparition historique de la bourgeoisie, classe qui s’opposera à la noblesse, notamment au moment de la Révolution française de 1789.
  • Au XIXe siècle, la lutte des classes concerne les capitalistes et les prolétaires.
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Définition

Capitaliste :

Selon Marx, le capitaliste (ou bourgeois), se définit comme celui qui possède des richesses matérielles et un capital, par exemple des infrastructures économiques (usines, machines, moyens de transport), un patrimoine personnel, financier et architectural. Sa richesse lui permet de se développer en investissant dans la production de biens ou de services.

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Définition

Prolétaire :

Selon Marx, le prolétaire est celui qui ne possède rien, sauf son corps, qu’il peut utiliser comme force de travail, de production. Pour vivre et faire vivre sa famille, le prolétaire, l’ouvrier, est obligé, malgré sa volonté, d’échanger sa force de travail contre un salaire.

En ce sens, l’ouvrier reste socialement dominé par le capitaliste.

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À retenir

Toutefois, à partir de ces analyses, Marx considère que le progrès de l’histoire est dû à la volonté des classes dominées de s’affranchir des classes dominantes.

C’est leur action qui fait avancer l’histoire. Ainsi, selon Marx, seule une révolution, à l’initiative de la classe prolétarienne, permettra de renverser dans un premier temps les rapports de force dans la société, puis d’instaurer une société conçue comme égalitariste, c’est-à-dire une société où règne entre les individus une égalité non simplement en droit ou devant la loi mais dans les moyens et les conditions d’existence.

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Définition

Communisme :

Système politique où les richesses sont mises en commun et non monopolisées par quelques familles.

Ainsi, l’Homme – ici le peuple – est en mesure de faire l’histoire, son histoire, plutôt que de subir la domination d’une élite économique. L’intérêt de cette élite n’est pas de changer la société ou de faire avancer l’histoire d’un point de vue social, mais de conserver ses intérêts économiques, d’où le mot « conservatisme ».

Conclusion :

Reste à évaluer les effets de ces philosophies de l’histoire. Leurs différentes applications ont-elle été, pour l’Homme, bénéfiques ou tragiques ? Si l’Homme fait son histoire, alors ne reste-il pas responsable de ses drames ?