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L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale de 1970 à nos jours

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Introduction :

Le travail de mémoire sur la Seconde Guerre mondiale a continué des années 1970 à nos jours. C’est une période de nouvelles mémoires, et d’une histoire que l’on souhaite renouveler. C’est d’abord l’apparition d’une nouvelle vision dans les années 1970 qui fait suite à la pensée dominante résistancialiste. C’est également un effort de mémoire par rapport à la Shoah. Nous verrons ensuite l’apport de la justice au travail de mémoire puis terminerons par un phénomène encore bien réel : le négationnisme.

Une nouvelle vision

La nouvelle vision de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale s’explique par :

  • l’ouverture des archives, françaises ou allemandes, qui a amené un nouveau souffle pour les historiens qui travaillent sur la Seconde Guerre mondiale ;
  • une nouvelle génération d’historiens, pas nécessairement liés aux événements de la Seconde Guerre mondiale, et qui s’intéressent aussi à la période ;
  • la parole qui se libère chez les déportés : leurs enfants veulent connaître leur histoire.

Dès la fin des années 1960, on observe les premiers signes du changement :

  • 1971 : Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls, un documentaire qui remet en cause la vision d’une France unie, combattante et résistante. Ce film a été censuré dans de nombreux cinémas et à la télévision ;
  • 1972 : l’historien américain Robert Paxton a accès aux archives françaises et allemandes et il porte un regard neuf et détaché sur la collaboration. Il révolutionne la vision de que l’on avait jusqu’alors de Vichy ;
  • le cinéma s’empare de cette période et s’appuie sur les travaux d’historiens (Lacombe Lucien de Louis Malle, film sur un jeune paysan entré dans la milice).

Mémoire de la Shoah

L’histoire de la Shoah peut enfin s’écrire par la parole des déportés et de leurs enfants, comme​ Serge Klarsfeld, juriste et historien, fils de déporté. Primo Levi, ancien déporté qui a écrit Si c’est un homme en 1947, sur les horreurs de la déportation, ne sera traduit en français qu’en 1987.

C’est le début d’un très long travail pour connaître la vérité sur cette période. Le téléfilm américain Holocaust de 1979 et le film documentaire de Claude Lanzmann SHOAH de 1985, permettent au grand public de prendre conscience de ce que fut la solution finale.

Alt texte nscription au Panthéon de Paris à la mémoire des Justes de france - ©Inocybe/piero d'Houin - CC-BY-SA-3.0

L’histoire de la Shoah s’accompagne de l’histoire des « Justes parmi les nations ». En 1953, l’État d’Israël décide d’honorer les non-juifs qui ont mis en danger leur vie pour sauver des Juifs. Les actes des « Justes » prouvent qu’il était possible d’apporter une aide aux Juifs pourchassés par les nazis et leurs collaborateurs.

  • En France, à ce jour, 3 550 personnes sont reconnues comme « Justes parmi les nations ».

En 1939, il y a en France environ 300 000 Juifs, Français et étrangers. 75 721 d’entre eux sont déportés et seulement 2 560 reviendront des camps. Les lieux de mémoires se multiplient comme celui de Drancy dans la banlieue parisienne.

La justice et la mémoire

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À retenir

​Tous ces travaux et ces recherches contribuent à aider la justice dans la poursuite des auteurs de génocide, crime imprescriptible aux yeux de la loi, et permettent l’ouverture de nombreux procès.

Le travail de la justice est très long.

  • En 1987 a lieu le procès de Klaus Barbie, responsable de la Gestapo de Lyon et organisateur de très nombreuses déportations. C’est lui qui a causé la mort de Jean Moulin, notamment.

Alt texte Photo de Klaus Barbie - auteur inconnu, 1951

  • 1994 : Paul Touvier, premier français condamné pour crime contre l’humanité pour des crimes commis contre des Juifs en tant que chef de la milice lyonnaise. Il est alors âgé de 79 ans.
  • René Bousquet, organisateur de la rafle du Vél’ d’Hiv le 16 juillet 1942, n’est inculpé qu’en 1991 mais est assassiné en 1993 avant son procès.
  • Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de Bordeaux en 1942, s’occupe des « questions juives ». De 1942 à 1944, 1 600 Juifs de Bordeaux sont raflés et déportés.
  • En 1998 Papon est finalement condamné à 40 ans de réclusion criminelle pour complicité de crime contre l’humanité et il est emprisonné.
  • 1995 : le président de la République, Jacques Chirac, reconnait que la France a participé au génocide des Juifs.

Le négationnisme

Malgré le travail des historiens et des associations il existe encore des courants de pensées qui nient la vérité historique.

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Définition

Négationnisme :

Négation du génocide juif de la Seconde Guerre mondiale.

Les négationnistes prétendent que les chambres à gaz et l’extermination des Juifs en Europe par les nazis sont un mythe et non une réalité. Ce terme s’est élargi à d’autres événements historiques.

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Définition

Révisionnisme :

Courant de pensée qui vise à discréditer le travail des historiens sur la Seconde Guerre mondiale.

Les révisionnistes ne nient pas en bloc l’histoire, mais mettent en cause la véracité de certains faits historiques dans le but de minimiser la politique des nazis et de leurs collaborateurs.

Conclusion :

Nouvelles générations, archives ouvertes, paroles libérées, des années 1970 à nos jours l’histoire de ces « années noires » a pu s’écrire différemment. Sont apparus alors la réalité de Vichy et de toutes les collaborations, mais aussi les déchirements de la Résistance. Les procès Barbie, Touvier, Papon et l’affaire Bousquet sont révélateurs d’un travail d’histoire et de mémoire qui a permis de rendre justice aux victimes et de permettre aux nouvelles générations d’avoir une meilleure connaissance du passé.

Mais l’histoire de cette période est complexe et reste ouverte à de nombreux débats, car les historiens continuent à travailler sur des archives inédites et prennent des axes de recherche différents. L’histoire n’est jamais figée, elle est en perpétuelle reconstruction.