Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
La Ve République à l'épreuve de la durée (1958-2012)

Déjà plus de

1 million

d'inscrits !

​Introduction :

La Ve République naît en 1958, dans un contexte de guerre d’Algérie et de crise politique interne. Le Général de Gaulle, vainqueur de la Libération, était parti à la retraite en 1948. Mais dix ans plus tard, face au « problème algérien » comme on l’appelait alors, les Français le rappellent. C’est la fin de la IVe République et le début de la Ve. La Ve République est toujours la nôtre. Cette incroyable longévité est pourtant traversée par des crises politiques très importantes, et nombreux sont les hommes politiques français qui réclament la création de la VIe République.

Cette partie a donc été conçue afin de comprendre les évolutions du système politique actuel. Nous allons ainsi voir dans une première partie les grandes caractéristiques du système républicain tel que de Gaulle l’a pensé, et nous étudierons ensuite et tout particulièrement la période 1981-1986. Nous terminerons ce chapitre par l’analyse des défis actuels.

Les grandes caractéristiques de la Ve République

Chronologie rapide

Apres le général de Gaulle, qui a démissionné suite aux mouvements de mai 1968, la France a eu de nombreux présidents :

  • Georges Pompidou, président de 1969 à 1974 ;
  • Valery Giscard d’Estaing, président de 1974 à 1981 ;
  • François Mitterand président de 1981-1995, pour deux mandats consécutifs ;
  • Jacques Chirac président de 1995 à 2007 ;
  • Nicolas Sarkozy président de 2007 à 2012 ;
  • François Hollande président depuis 2012 ;
  • Emmanuel Macron, président depuis 2017.

Les présidents de la V<sup>e</sup> République Les présidents de la Ve République

Les pouvoirs du président

Lorsque de Gaulle reprend le pouvoir en 1958, en plein milieu de la crise algérienne, il crée une nouvelle république.

  • La constitution de 1958 donne au président de la République des fonctions très larges, on parle de « suprématie du pouvoir exécutif ».

En 1962, le président de la République est désormais élu au suffrage universel direct. De Gaulle s’adresse directement aux Français, par la télévision ou bien par référendum, ce qui est totalement nouveau. Son pouvoir est donc marqué par une autorité personnelle mais aussi par une légitimité démocratique.

Par ailleurs, de Gaulle souhaite rétablir la stabilité politique du pays, tout en rétablissant le prestige de la France dans le monde. Non seulement il signe en 1962 les accords d’Évian qui donnent à l’Algérie son indépendance mais il conteste également la domination des États-Unis sur le plan militaire et économique. Il permet également à la France d’acquérir l’arme nucléaire en 1960. Cependant, malgré une période de stabilité économique, le mouvement étudiant de 1968 affaiblit l’image du président. Suite au référendum de 1969, de Gaulle quitte le pouvoir.

Les années 1970

Les présidents élus après de Gaulle vont alors orienter leurs efforts vers un élargissement de l’Europe mais également vers une modernisation de la France. Pompidou permet à la Grande-Bretagne d’adhérer à la CEE, la Communauté économique européenne (c’est-à-dire l’ancêtre de l’Union européenne). Il crée également le SMIC, c’est-à-dire le salaire minimum. Valery Giscard d’Estaing abaisse la majorité civique de 21 ans à 18 ans, fait voter le remboursement de la contraception par la Sécurité sociale et légalise l’avortement par la loi Veil en 1975.

  • La France des années 1970 connaît donc de nombreuses évolutions et modernisations sociales.

1981 et 1986

La contestation du pouvoir s’était exprimée par les grandes manifestations sociales de 1968, c’est-à-dire dans la rue. Mais à partir de 1981, le pouvoir de contestation s’exprime dans les urnes, c’est-à-dire en sanctionnant les hommes politiques par le moyen du vote. L’alternance est le terme qui désigne la succession des partis politiques au pouvoir. Par exemple en 2007, c’est l’UMP, parti de droite, avec Nicolas Sarkozy qui gagne les élections. Mais en 2012, c’est le PS, parti socialiste, de François Hollande qui l’emporte.

En 1981, la droite menée par Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac perd les élections. À la tête du parti socialiste, François Mitterrand lance alors de grandes réformes : l’abolition de la peine de mort, la création de l’impôt sur la grande fortune, les retraites à 60 ans, ou encore la cinquième semaine de congés payés. Mais lorsque la France est touchée par la crise économique en 1983, Mitterrand adopte une « politique de rigueur » (on parle de politique de rigueur quand on supprime certains droits sociaux afin de faire des économies) et le parti socialiste perd alors les élections législatives en 1986.

Les élections législatives permettent d’élire les députés. À cette époque, le président est socialiste, et l’Assemblée Nationale, où siègent les députés, est majoritairement de droite. Afin de respecter le principe démocratique, Mitterrand doit alors choisir un Premier ministre de droite. C’est pour cela qu’en 1986, Jacques Chirac, leader de la droite, devient Premier ministre, alors que le président est socialiste.

  • Ce phénomène bien particulier à la France s’appelle la « cohabitation ».
bannière à retenir

À retenir

À partir de ce moment-là, l’alternance et la cohabitation vont devenir deux phénomènes majeurs de la Ve République.

En 1993, c’est Édouard Balladur, homme politique de droite, qui devient Premier ministre de Mitterrand, et en 1997, c’est Lionel Jospin, socialiste, qui devient Premier ministre de Jacques Chirac, président de droite. Ce phénomène est donc complexe. Pendant cinq ans, Jacques Chirac a été le président de la France mais c’est Lionel Jospin qui dirige le gouvernement et fait passer une série de réformes socialistes.

Les défis actuels : l’immigration et la construction européenne

Les origines du problème de l’immigration

Comment expliquer ces changements politiques ? Comment expliquer que le parti politique au pouvoir perd généralement les élections suivantes ?

La personnalité des hommes politiques ne suffit pas à tout expliquer : il faut replacer la Ve République dans le contexte économique et social du XXe siècle. Entre la guerre froide, la décolonisation, les crises économiques et la construction européenne, le monde de l’après-guerre offre bien des visages.

De 1945 à 1975, la France a connu une période de forte croissance économique : ce sont les « Trente Glorieuses ». La reconstruction et le développement industriel ont eu pour conséquence une augmentation de l’immigration en France qui avait besoin de main-d’œuvre dans les industries.

Mais à partir du milieu des années 1970, la France est touchée par une crise économique profonde. Le chômage atteint presque 10 % et l’inflation (l’augmentation des prix) est sans précédent. La France décide alors de restreindre l’immigration. Le thème de l’immigration et des étrangers en France devient un sujet privilégié de l’extrême-droite.
En 2014, le sujet est non seulement national mais surtout européen : le nombre de migrants frappant aux portes de l’Europe dans des conditions dramatiques ne cesse d’augmenter et reflète un développement du monde et de l’Europe à deux vitesses.

La construction européenne

La construction européenne est le débat qui a traversé la Ve république. Dans quelles conditions faut-il l’élargir ? Quelle est la constitution qui doit être adoptée ? Depuis 40 ans, les hommes politiques français s’opposent entre la volonté d’instaurer une Europe puissante et garante de la paix, qui puisse faire face aux États-Unis et à la Russie ou à la Chine et la volonté d’instaurer une Europe sociale, qui garantit un niveau de vie élevé pour tous ses citoyens.

​Conclusion :

La présidence du général de Gaulle marque une nouvelle conception de la République. Mais le pouvoir présidentiel a souvent été contesté par des manifestations ou par le vote contraire (l’alternance), obligeant les dirigeants à moderniser la France afin de répondre aux demandes sociales. Dans ce cadre, la Ve République n’a cessé de se moderniser, notamment par un élargissement des droits sociaux et des droits des femmes en particulier. Mais la crise économique de 1973 oblige à repenser ces acquis sociaux et surtout ouvre à nouveau le débat sur la construction européenne. Quelle est la place de la France en Europe ? Comment gérer l’immigration en France et en Europe ? Dans un contexte de crise économique, doit-on réduire les droits sociaux ou au contraire les augmenter ? Toutes ces questions que se sont posés les présidents français depuis 1973 sont encore d’actualité.