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La Révolution française : de la chute de la royauté à l'Empire

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Introduction :

La Révolution française est un évènement capital dans l’histoire de France. Pour la première fois, la notion d’absolutisme est remise en question ; le partage entre pouvoir exécutif, législatif et judiciaire devient alors la norme. Mais jusqu’en 1791, la figure du roi est toujours fondamentale en France. La première phase de la Révolution française, entre les années 1789 et 1792, représente le moment de la monarchie constitutionnelle, c’est-à-dire d’une monarchie dont le pouvoir est limité par une constitution votée par le peuple.

Certains révolutionnaires estiment même qu’avec la ratification de la première Constitution en 1791 et la mise en place de la monarchie constitutionnelle, la Révolution est terminée. Pourtant, le roi et une partie de sa famille seront guillotinés. La monarchie constitutionnelle va alors laisser place à la Ire République.

Que s’est-il passé ? Pourquoi le roi a-t-il été déchu ? Quelles sont les conséquences du mouvement révolutionnaire sans monarchie ?

Pour répondre à ces questions, nous étudierons dans une première partie la chute et le procès de la royauté. Nous présenterons ensuite les troubles autoritaires qui se développent sous la Ire République. Nous nous intéresserons finalement au bilan social de la Révolution française.

La chute de la royauté

La guerre contre l’Autriche et la Prusse

En 1792, les révolutionnaires déclarent la guerre à l’Autriche et à la Prusse, qui menaçaient la stabilité du mouvement. Le roi est favorable à cette guerre, non pas parce qu’il est d’accord avec les révolutionnaires mais parce qu’il espère en réalité que les armées étrangères écraseront ces révolutionnaires et lui rendront son pouvoir. La Prusse remporte d’ailleurs plusieurs victoires sur la France.

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À retenir

C’est à ce moment-là que la rupture définitive entre le roi et le peuple français est déclarée.

Le roi refuse en effet de donner des moyens supplémentaires aux Parisiens pour se défendre de la menace prussienne, qui s’approche dangereusement de Paris. Ces derniers considèrent donc que le roi est coupable de trahison, ce qui déclenche une insurrection (c’est-à-dire une rébellion) du peuple très violente.

La journée du 10 août 1792

La journée du 10 août 1792 est considérée comme la seconde révolution.

  • Ce sont les terribles évènements de cette journée qui vont définitivement faire chuter la monarchie, instaurer la République et engouffrer la Révolution dans une phase de « Terreur ».

Ce sont les sans-culottes, les révolutionnaires issus du peuple, qui s’emparent du palais des Tuileries, dans lequel logeait la famille royale. C’est un véritable coup de force de la part des révolutionnaires, désireux d’en finir avec la monarchie. Ils exigent alors de déposer le roi. Celui-ci est finalement fait prisonnier avec sa famille, et enfermé en attendant son procès. Si de nombreux sans-culottes vont perdre la vie durant cette journée, les gardes suisses, qui protégeaient le roi, vont également être victimes de massacres sanguinaires de la part du peuple.

  • L’arrestation du roi signe la fin de la monarchie en France.

Tandis que Louis XVI attend l’heure de son procès, la Ire République est proclamée à la suite de la victoire de Valmy sur la Prusse, en septembre 1792. L’Assemblée nationale, quant à elle, prend le nom de Convention.

  • On parle alors du « gouvernement de la Convention ».

Selon le calendrier révolutionnaire, le mois de septembre 1792 représente donc le premier mois de l’an I.

La condamnation à mort de Louis XVI : la mise en place des partis

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À retenir

La Convention est, dans un premier temps, dominée par Robespierre, un député révolutionnaire qui souhaite la mise en place de mesures beaucoup plus approfondies et extrêmes que d’autres révolutionnaires plus modérés.

Il fait partie du groupe que l’on nomme les Montagnards, et qui s’oppose aux Girondins à l’Assemblée.

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Définition

Montagnards :

​Les Montagnards sont des députés qui représentent les couches populaires à l’Assemblée, contrairement aux Girondins, qui représentent, quant à eux, la bourgeoisie.

Lors du procès du roi, les Girondins ont d’ailleurs voté contre sa condamnation à mort : ils sont donc favorables à une monarchie constitutionnelle ; mais le roi sera finalement exécuté le 21 janvier 1793, après un procès d’une quinzaine de jours.

  • L’impact de la mise à mort du roi est immense, en France comme à l’étranger : de nombreux troubles externes et internes vont alors apparaître.

Les menaces qui pèsent sur la Révolution Les menaces qui pèsent sur la Révolution

  • À l’intérieur du pays, les révolutionnaires doivent affronter les bastions royalistes.
  • À l’extérieur, les armées étrangères vont former une coalition pour attaquer la France révolutionnaire.

C’est dans ce contexte que, peu de mois après la mort du roi, et face aux menaces internes et externes, les Girondins sont renversés par un coup d’État des Montagnards, soutenus par les sans-culottes.

La Terreur

Définition

À partir de 1793, un Comité de salut public s’installe, dirigé par le député Robespierre. Pour protéger la Révolution, menacée par les armées étrangères ainsi que par les nobles français qui ont émigré, Robespierre estime devoir recourir à la force. Ceux qui s’opposent aux mesures des Montagnards sont alors jugés « contre-révolutionnaires » et passibles de la peine de mort.

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À retenir

Dans le but de préserver les acquis démocratiques de la Révolution, les Montagnards appliquent des méthodes totalement antidémocratiques. Cette période est appelée « la Terreur ».

La Terreur va notamment s’attaquer aux Vendéens et aux Chouans, c’est-à-dire à un nombre important de paysans et de nobles de l’ouest de la France favorables à la monarchie. C’est à ce moment-là que la Révolution française se transforme en guerre civile.

Le bilan

Au niveau social, c’est durant cette période que de grandes avancées démocratiques vont néanmoins avoir lieu :

  • l’abolition de l’esclavage est votée en 1793, tout comme une série d’aides sociales destinées aux plus pauvres des citoyens ;
  • c’est également à ce moment qu’un effort profond pour déchristianiser la société est amorcé. Autrement dit, les Montagnards souhaitent écarter tout signe religieux de l’espace public.

Mais ce qu’on retient généralement de la période de la Terreur c’est avant tout son terrible bilan humain. En ce qui concerne la guerre contre la Vendée royaliste, on estime qu’entre 200 000 et 300 000 personnes ont péri (républicains et royalistes confondus).

  • C’est donc au prix de centaines de milliers de morts que les Montagnards sont parvenus à rétablir l’ordre en France.

Cette période de Terreur, marquée par de nombreux massacres de citoyens jugés « contre-révolutionnaires », prend finalement fin en 1794. Un certain nombre de députés parvient à reprendre la main sur l’Assemblée en condamnant fermement les dérives de la Révolution.

Robespierre est alors victime de sa propre logique : jugé en tant que menace pour la République, il est finalement arrêté en 1794 et guillotiné.

Le Directoire et le Consulat

Le Directoire

Tout au long de la Révolution, il a existé des tensions, non seulement entre républicains et royalistes, mais également entre révolutionnaires.

L’enjeu des débats est finalement la place du peuple :

  • doit-on laisser l’intégralité du pouvoir au peuple, ou doit-on limiter l’accès au pouvoir, et laisser par-là même la bourgeoisie gouverner ?

Après l’épisode de la Terreur, c’est finalement cette seconde tendance qui l’emporte.

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Définition

Directoire :

Le Directoire est une période allant de 1795 à 1799, durant laquelle seuls les plus riches gouvernent.

Ce régime, extrêmement instable, disparaît finalement sous les coups d’un personnage qui résume à lui seul toutes les contradictions de la Révolution : Napoléon Bonaparte.

Le Consulat

Le 18 et 19 brumaire, c’est-à-dire le 9 et 10 novembre 1799, Bonaparte, jeune révolutionnaire qui avait combattu contre les armées étrangères, prend le pouvoir par la force. L’objectif de Bonaparte est de mettre un terme à la Révolution. Pour cela, un grand nombre d’acquis révolutionnaires vont être préservés, mais la notion même de souveraineté populaire est remise en question, puisque Napoléon se fait sacrer, en 1804, empereur.

La complexité de la démarche de Napoléon est d’ailleurs résumée par son titre : il n’est pas empereur de France mais bien « empereur des Français ».

Bilan social de la Révolution Française

L’appropriation de l’espace public

La Révolution Française a permis aux Français de s’approprier l’espace public.

Pour la première fois, les Français ont eu légitimement le droit, à travers de nombreuses instances, de donner leur opinion et de peser sur le cours des choses.

  • Le droit de vote, même s’il est restreint, permet à un groupe amplifié de choisir ses représentants.
  • Les différents clubs qui se mettent en place à la suite de la Révolution sont également des espaces de discussions ouverts et féconds.
  • Les sans-culottes, qui représentent les couches populaires, ont quant à eux pu s’exprimer non seulement dans la rue, mais également dans les différentes sections (divisions de la ville de Paris).

Le rôle des femmes

Lorsque la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est proclamée, elle ne s’applique pas aux femmes. En effet, malgré la participation massive des femmes aux différents mouvements révolutionnaires, il n’y a pas eu d’égalité institutionnelle entre hommes et femmes.

  • Olympe de Gouges en est l’illustration, puisqu’elle rédigea une Déclaration des droits des femmes et de la citoyenne, et fut finalement guillotinée.

Les institutions modifiées

La Révolution française modifia en profondeur les institutions françaises. C’est le Code civil de 1804 qui reprend et condense les principales modifications, telles que :

  • la création des départements,
  • le droit de propriété,
  • et surtout, l’établissement dans la loi de l’égalité civile.

Conclusion :

Entre 1789 et 1804, la France a radicalement changé de visage.
L’Ancien Régime, qui reposait sur la concentration du pouvoir dans les mains du roi, ainsi que sur une société d’ordres, disparaît. La Révolution fut tout d’abord orientée vers l’instauration une monarchie constitutionnelle ; mais les multiples trahisons du roi ainsi que l’influence grandissante des Montagnards aboutiront à sa mise à mort. La Ire République, quant à elle, n’a pas attendu la mort du roi pour être proclamée. Le mois de septembre 1792 représente la première année d’un processus que l’on espère alors définitif.

Toutefois, la prise en charge du mouvement révolutionnaire par la bourgeoisie ne permet pas d’empêcher qu’un jeune homme ambitieux n’accapare le pouvoir. Seulement 10 ans après la proclamation des principes de liberté, d’égalité et de fraternité, un régime autocratique se met en place, celui de Napoléon. Ce n’est qu’au prix d’une succession de mouvements révolutionnaires et réactionnaires que la France parviendra à s’apaiser, à la fin du XIXe siècle.

La Révolution française est donc un évènement capital dans l’histoire de France car elle marque une rupture profonde avec l’Ancien Régime, et introduit une interrogation nouvelle sur le rôle du peuple dans la vie publique.