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Liberté et nation en France et en Europe dans la première moitié du XIXe siècle

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Introduction :

Entre 1799 et 1815, un gouvernement autocratique, c’est-à-dire fondé sur le pouvoir d’une personne, s’est mis en place en France. Napoléon Bonaparte a en effet su profiter des faiblesses institutionnelles de la Révolution pour accaparer le pouvoir tout en se proclamant révolutionnaire. L’ambiguïté de l’Empire napoléonien, qui se veut à la fois autoritaire et démocratique, résume à lui seul la complexité de l’héritage révolutionnaire. C’est cet héritage que nous allons étudier aujourd’hui à partir de plusieurs événements significatifs de la première moitié du XIXe siècle.

Dans un premier temps, nous analyserons les conséquences de la fin de l’Empire napoléonien dans l’organisation de l’Europe. Nous étudierons ensuite un exemple de mouvement nationaliste, celui des carbonari italiens. Nous terminerons ce cours par une présentation des mouvements révolutionnaires de 1848.

La fin de l’Empire napoléonien

Rappels

Afin de comprendre parfaitement les enjeux des différents mouvements politiques qui se développent au XIXe siècle en Europe, il faut se souvenir que Napoléon avait été sacré « empereur des Français » en 1804, mettant ainsi un terme au mouvement révolutionnaire. L’Empire napoléonien, qui recueille en partie l’héritage politique de la Révolution, a profondément modifié le visage de la France, notamment par l’instauration du Code civil en 1804.

  • Durant les premières années de l’Empire, Napoléon s’est lancé dans la conquête de l’Europe.

Les premières victoires de l’armée napoléonienne permettent d’exporter les idées de la Révolution.

  • Les privilèges seigneuriaux, qui avaient été abolis dès 1789 en France, vont être éliminés au fur et à mesure des conquêtes de l’empereur, dans la plupart des pays européens.
  • Le Code civil va également être appliqué dans de nombreux pays, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne.
  • Cette information est plus importante qu’elle n’y parait : c’est en effet à partir du Code civil que l’égalité entre les citoyens est instaurée, ce qui va provoquer de multiples réactions sociales en Europe.
  • C’est également à l’occasion de ses victoires que Napoléon redessine les frontières de l’Europe, en installant sur les différents trônes des membres de sa famille. C’est précisément ce découpage qui va être intégralement revu lors de la chute de l’Empire napoléonien en 1815.

Le congrès de Vienne

À la suite de la défaite de Waterloo et de la chute de Napoléon, la plupart des chefs d’États européens se réunissent à Vienne, entre septembre 1814 et juin 1815. 

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À retenir

Les discussions sont menées par les quatre principaux vainqueurs de Napoléon : la Russie, le Royaume-Uni, l’Autriche et la Prusse. La France, grande vaincue, parvient néanmoins à se glisser dans les décisions finales, grâce aux différentes manœuvres diplomatiques de Talleyrand, qui représente alors la France.

Deux évènements majeurs sont à retenir de ce congrès.

  • Le redécoupage de l’Europe

Deux blocs s’affrontent lors du congrès : la Russie et la Prusse d’un côté, et l’Autriche et le Royaume-Uni de l’autre.

  • La Russie et la Prusse souhaitent profiter du congrès pour accroitre leurs territoires, au détriment de la Pologne et de la Saxe (région située à l’est de l’Allemagne).
  • Le Royaume-Uni et l’Autriche tempèrent et modèrent les deux premières puissances, tout en avançant leurs pions de leurs côtés.

L’Europe du congrès de Vienne L’Europe du congrès de Vienne

L’Europe de 1815 est simplifiée par rapport à celle de 1789 :

  • la Russie se partage la Pologne avec la Prusse ;
  • la Prusse obtient la Saxe et la Rhénanie ;
  • l’Autriche, quant à elle, annexe le Tyrol ainsi qu’une partie de l’Italie du nord ;
  • quant à l’Allemagne, elle reste divisée en une confédération de multiples États.
  • Le retour à l’ordre ancien

Au niveau territorial, les modifications apportées par le congrès de Vienne expriment un retour à un ordre ancien.

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À retenir

Les dirigeants du congrès de Vienne n’ont pas tenu compte des aspirations nationalistes pour redécouper l’Europe.

La Révolution française avait diffusé l’idée de souveraineté populaire, et par là même de nation.

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À retenir

Ceci signifie qu’un peuple peut se sentir uni culturellement et historiquement, même s’il ne l’est pas territorialement.

C’est le cas tout particulièrement de l’Italie. Après le congrès de Vienne, elle est fragmentée en huit régions, alors même que ces régions réclamaient une unification.

Le retour à l’ordre ancien, cela signifique non seulement que les monarchies sont rétablies dans toute l’Europe, mais aussi que les aspirations nationales n’ont absolument pas été écoutées.

  • L’histoire du XIXe siècle européen devient alors la lutte de ces peuples pour obtenir une unité nationale, face à des régimes politiques monarchiques défavorables aux mouvements nationalistes.

L’exemple d’un mouvement nationaliste en Italie : les carbonari

Le carbonarisme

À l’origine, le carbonarisme est une association secrète qui tire son nom des forestiers qui fabriquent le charbon de bois. Cette association existait en France et en Italie, bien avant les mouvements nationaux du XIXe siècle. Le carbonarisme fonctionnait sur le modèle d’une société secrète, fondée sur des rites initiatiques.

À partir des décisions du congrès de Vienne, le mouvement carbonariste prend une dimension politique : il va s’élever contre le redécoupage de l’Italie et provoquer alors de nombreux troubles sociaux.

  • Les carbonari utilisent pour cela des méthodes violentes, telles que les attentats, dans le but de renverser les différents princes des régions italiennes.

Découpage de l’Italie en régions lors du congrès de Vienne Découpage de l’Italie en régions lors du congrès de Vienne

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À retenir

Entre 1820 et 1830, une série d’actions politiques menées par les carbonari pour déstabiliser les différents gouvernements échouent.

L’échec des différents mouvements carbonaristes s’explique par la violence de la répression autrichienne : certains carbonaristes emblématiques sont enfermés et torturés tandis que d’autres, tels que Mazzini, sont contraints à l’exil.

On comprend, à partir de la présentation des carbonaristes, que les monarchies européennes ne sont pas disposées à écouter les revendications nationales des peuples européens.

  • Bien au contraire, la violence de la répression démontre une volonté de fer pour maintenir à tout prix l’ordre monarchique.

Le libéralisme

Les mouvements secrets tels que les carbonaristes en Italie (mais il y a eu d’autres sociétés secrètes en Europe) démontrent que l’idée de nation est étroitement liée à celle de libéralisme.

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Définition

Libéralisme :

Le libéralisme est une idéologie à la fois politique et économique qui repose sur l’idée de liberté individuelle.

En ce sens, le nationalisme et le libéralisme sont deux idées qui se rapprochent. Les libéraux refusent en effet le retour à une société de l’Ancien Régime, fondée sur les privilèges seigneuriaux.

  • Ils souhaitent, au contraire, que l’idée de liberté se concrétise non seulement au niveau politique, à travers le soutien aux différents mouvements nationaux, mais aussi au niveau économique.

L’idée de libre-échange économique se développe dans cette première moitié du XIXe siècle, associée à celle de nationalisme.

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Attention

Le terme « libéralisme » fait référence à une idée générale de liberté, mais il recouvre également des groupes politiques parfois opposés. En France, les libéraux sont ceux qui sont attachés à l’idée de République mais qui se divisent sur la question de la souveraineté populaire.

  • Doit-on permettre à tous les citoyens de participer à la vie politique ou doit-on limiter l’accès de la citoyenneté ?

Les révolutions de 1830

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À retenir

Entre 1815 et 1830, les différents mouvements nationalistes qui se sont développés en Europe ont échoués face à la répression.

Mais en 1830, une nouvelle vague de révolutions secoue à nouveau les Européens.

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À retenir

Le XIXe siècle est une succession de révolutions et de réactions monarchiques, qui démontrent que la Révolution française a laissé un héritage complexe.

L’enjeu principal de ces mouvements politiques est une opposition entre des partisans de la monarchie et d’un ordre socio-culturel d’avant la Révolution, face aux idées de souveraineté du peuple et de droit des nations à disposer d’elles-mêmes.

La Révolution de 1830 en France reflète ces tensions : le peuple se soulève durant les journées des 27, 28 et 29 juillet.

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Astuce

Le célèbre tableau de Delacroix La liberté guidant le peuple illustre cette révolution.

Toutefois, la révolution de 1830 n’aboutit pas à la mise en place d’un système républicain, mais maintient au contraire la monarchie constitutionnelle. Si cette monarchie s’installe avec un nouveau roi, qui est désormais le « roi des Français », les aspirations populaires ne sont pas pour autant résolues.

La « révolution de Juillet » comme on la surnomme, a des conséquences sur toute l’Europe : elle fait en effet renaître les mouvements nationalistes qui avaient été réprimés quelques années plus tôt.

  • En Allemagne, en Italie et en Belgique, des revendications nationales et libérales se font entendre.
  • À l’exception de la Belgique, elles n’aboutissent cependant pas à de grands changements.
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À retenir

Les sentiments nationalistes se maintiennent dans toute l’Europe, et c’est pour cela que la situation va finalement se répéter en 1848, à l’occasion de ce que l’on appelle le « Printemps des peuples ».

Les révolutions politiques et sociales en Europe en 1848

La question sociale

En France, le roi Louis-Philippe suscite de nombreux mécontentements. Durant la première moitié du XIXe siècle, la France et l’Europe se sont industrialisées. Et ce processus d’industrialisation a provoqué de nombreuses inégalités sociales.

  • Les conditions de travail des ouvriers sont lamentables et le gouvernement du roi ne propose aucune réforme pour y remédier.
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À retenir

De plus, une crise économique se développe en Europe, provoquant une augmentation du chômage et un accroissement de la misère quotidienne.

C’est dans ce contexte difficile que, le 22 février 1848, le gouvernement interdit une réunion politique. C’en est trop pour le peuple : les étudiants et les ouvriers manifestent. Plus surprenant, ils sont rejoints dès le lendemain par la Garde nationale, composée de petits bourgeois.

Les manifestations dégénèrent rapidement, provoquant une centaine de morts. Le Premier ministre Guizot est remplacé par Adolphe Thiers, ce qui ne change en rien le mécontentement du peuple.

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À retenir

La monarchie de Juillet est finalement renversée le 24 février et remplacée par une république, la Seconde République.

L’« esprit de 1848 »

La Seconde République est extrêmement courte, elle dure à peine 4 ans. Mais elle a profondément marqué les esprits par les valeurs qu’elle proclame.

  • On parle d’ailleurs d’« esprit de 1848 ».

La République accueille en effet des modérés mais également, et pour la première fois, des socialistes. Le clergé participe d’ailleurs activement aux débuts de cette république, en bénissant par exemple les nombreux arbres de la liberté qui vont être plantés un peu de partout en France pour symboliser le renouveau du peuple.

Mais ce sont surtout les mesures phares de 1848 qui symbolisent cet esprit.

  • Le suffrage universel masculin pour les hommes de plus de 21 ans est instauré.
  • On abolit la peine de mort pour des raisons politiques (on la maintient dans les autres cas).
  • On autorise la liberté de la presse mais aussi la liberté de réunion et de grandes mesures sociales sont prises pour régler la question du chômage.
  • Mais c’est surtout l’abolition de l’esclavage dans les colonies qui symbolise le mieux les aspirations de cette république.

Les faiblesses des mouvements nationaux

La Seconde République échoue cependant rapidement. Les tensions sociales et les troubles économiques n’ont pas diminué durant les quelques années de la République. Et, encore une fois, face aux divisions des républicains, un opportuniste profite de la situation pour prendre le pouvoir.

Il ne lui faut que deux ans pour provoquer un coup d’État et instaurer en 1852, le « Second Empire ». Encore une fois, les faiblesses institutionnelles et les divisions internes entre la bourgeoisie et les couches populaires ont favorisé l’émergence d’un ambitieux empereur, digne de son oncle.

L’Europe entière est touchée par cette seconde révolution française. En Autriche, les différentes nationalités se soulèvent et réclament leur indépendance : Tchèques, Hongrois et Croates. Les mouvements italiens profitent de l’affaiblissement de l’Autriche pour réclamer leur indépendance et l’unification des régions. L’Allemagne est également touchée par les revendications nationalistes.

  • Toutes ces revendications seront cependant réprimées assez rapidement et les leaders du Printemps des peuples fusillés.

Conclusion :

Durant la première moitié du XIXe siècle, l’idée du droit des nations à disposer d’eux-mêmes se développe dans toute l’Europe. S’opposant au redécoupage de l’Europe lors du congrès de Vienne, les mouvements nationalistes dénoncent également un retour à l’ordre social d’avant la Révolution française.

Malgré de multiples mouvements révolutionnaires qui secouent régulièrement le XIXe siècle, les revendications nationalistes et libérales sont lourdement réprimées et ne parviennent pas à concrétiser leurs aspirations. Ce va et vient entre révolutions et réactions favorise les ambitieux qui profitent des faiblesses institutionnelles pour mieux prendre le pouvoir. Napoléon III en est un parfait exemple.