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Résistance, libération et naissance de la Ve République (1940-1958)

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Introduction :

En 1940, la France subit une immense défaite. L’armistice est signé avec l’Allemagne nazie le 22 juin 1940. Ébranlée, la IIIe République s’effondre et une écrasante majorité des parlementaires donne les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (seuls 80 députés votent contre). Nous étudierons dans ce cours l’avènement du régime de Vichy et l’organisation de la Résistance qui, autour du général de Gaulle, s’est opposée à lui. Nous nous intéresserons enfin à la naissance de la IVe République et à ses institutions.

La République, de la Résistance à la libération : 1940-1944

Le régime de Vichy

Le maréchal Pétain profite de ses pleins pouvoirs pour changer les institutions françaises. L’avènement de Pétain, figure de la Première Guerre mondiale, n’est pas venu de nulle part : malgré l’installation dans la durée de la IIIe République, il restait encore en France une frange anti-républicaine. Le contexte de crise sociale et économique des années 1930 a permis à cet anti-républicanisme de se consolider, en France comme dans d’autres pays d’Europe. Cette haine de la république a des racines très diverses. Royalistes pour les uns, antiparlementaires pour les autres, cléricales pour un bon nombre d’entre eux, et enfin antisémites pour certains. Tous les moyens étaient bons pour abattre la République et la défaite de l’armée française leur donne l’occasion de passer à l’acte.

C’est donc ce que fait Pétain dès son accession au pouvoir. Toute sa politique vise à défaire les lois républicaines en France, et il qualifie sa démarche de « Révolution Nationale ». Il met fin à la République française, qui est remplacée par l’« État français », et met en place une collaboration avec l’Allemagne nazie.

Pétain s’attaque aux symboles de la République.

  • La devise « Travail, Famille, Patrie » remplace « Liberté, Égalité, Fraternité ».
  • La Marseillaise est interdite et toutes les libertés fondamentales sont supprimées.
  • Il n’y a plus de partis politiques, ni de syndicats, ni d’associations libres.
  • La censure et la propagande sont présentes au quotidien.
  • L’État crée une milice pour suppléer le travail des Allemands dans la chasse aux résistants et à ceux qui ne sont pas d’accord avec « l’ordre nouveau nazi ».
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À retenir

L’antisémitisme du gouvernement de Vichy n’est pas qu’une soumission à l’occupant allemand : le régime de Vichy se caractérise par son propre antisémitisme institutionnel. Le 3 octobre 1940, Pétain fait éditer le statut des Juifs, qui va même plus loin que le statut édicté par les nazis en 1935. Les Juifs, qui étaient des citoyens français depuis la Révolution française, sont désormais considérés comme des parias. Ils perdent tout droit civique, et on leur interdit l’accès à de très nombreuses professions. Une politique antisémite féroce se met en place.

76 000 Juifs ont été déportés par Vichy vers les camps de concentration et d’extermination d’Europe de l’Est. Le 16 juillet 1942, la police et la gendarmerie française effectuent à Paris la plus grande rafle de Juifs du pays. C’est la rafle du « Vel d’hiv ». Les juifs « raflés » sont parqués dans des conditions effroyables pendant plusieurs jours au Vélodrome d’Hiver de Paris. Les journaux collaborateurs comme Le Matin se livrent à une propagande d’une violence inouïe contre les Juifs, désignés comme étant responsables des malheurs de la France.

Les Juifs, mais aussi les francs-maçons, les communistes, les étrangers, et tous les opposants supposés au régime sont pourchassés. La jeunesse n’a pas son mot à dire et est encadrée dans « les chantiers de jeunesse » qui remplacent le service militaire obligatoire. Certains Français rejoignent même la Légion des volontaires français, LVF, qui se bat aux côtés des nazis contre les Soviétiques et les Alliés. Toutes les valeurs de la République sont jetées aux oubliettes.

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À retenir

Sous le régime de Vichy, l’État Français est une anti-république. C’est une régime très autoritaire aux aspects traditionalistes et antisémites.

La Résistance

L’autre France, celle de la Résistance, qu’elle soit intérieure ou basée à Londres, se bat. Pour bien des Français, qui restent cependant minoritaires, il faut continuer le combat pour les valeurs républicaines.

  • Du côté de la résistance extérieure, le général de Gaulle, lance son appel du 18 juin 1940 dans lequel il appelle les Français à entrer en résistance et à le rejoindre à Londres. Il se retrouve à la tête des FFL, les Forces françaises libres, véritable armée extérieure de combattants français. Ces forces vont continuer à grossir pendant toute la durée du conflit, pour atteindre 70 000 soldats lors de la libération du pays. Elles comprennent une grande part de combattants coloniaux, qui n’ont pas la nationalité française. La reconquête de l’Afrique du Nord en 1942 permettra l’installation à Alger du CFLN, Comité français de libération nationale, qui devient la capitale de la France libre, et où s’installe de Gaulle.
  • La résistance intérieure est au départ peu répandue et individuelle. Elle regroupe toutes les catégories sociales, toutes les familles religieuses et politiques. Les premiers réseaux, peu nombreux et peu organisés, sont fondés par des hommes et des femmes qui refusent l’occupation allemande par patriotisme et par rejet du nazisme, et le régime de Vichy par attachement aux valeurs républicaines et aux idéaux de la Révolution française. Les premiers mouvements comme les journaux Combat (fondé en août 1940), Libération (fondé en novembre 1940) et Franc-Tireur (fondé en 1941), revendiquent ouvertement l’idéal républicain, la démocratie et les droits de l’Homme. De Gaulle est conscient que l’ennemi allemand et ses collaborateurs doivent être combattus de l’intérieur, et il donne pour consigne à Jean Moulin de rassembler et unifier les différentes forces de résistance.

De multiples mouvements ont ainsi pu être unifiés par Jean Moulin lors de la création en 1943 du CNR, le Conseil national de la Résistance. Le CNR rassemble tous les mouvements majeurs de résistance sur le sol français afin de les unifier et d’être plus efficace dans la lutte contre l’occupant allemand. Les valeurs pour lesquelles luttent ces mouvements sont les valeurs républicaines. En 1944, les différents mouvements membres du CNR sont regroupés avec les forces militaires des FFI, Forces françaises de l’intérieur.

  • Ces FFI participent à la libération de la France aux côtés des Forces françaises libres et des Alliés.

En 1940, de Gaulle entre en résistance sans mentionner la république. Ce n’est qu’en 1942 qu’il annonce clairement sa résolution de « recouvrer intégralement la forme républicaine du gouvernement pour la France ». En 1943, il met en place une Assemblée consultative réunissant les représentants de la France libre, de la résistance intérieure, des partis politiques et des syndicats.

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À retenir

Le 2 juin 1944, alors que les batailles pour la libération du pays font rage, de Gaulle crée le GPRF, le Gouvernement provisoire de la République française, qui vient remplacer le CFLN. Le GPRF est, à partir de ce moment-là, la seule autorité légitime en France. Des commissaires de la République sont nommés dans tous les départements pour restaurer l’autorité de l’Etat républicain. Le GPRF encourage la reconstitution des partis politiques et des syndicats et fait repartir la vie démocratique en organisant les premières élections en 1945.

De Gaulle pense déjà à l’après guerre, et le programme politique du CNR est républicain et social. Toutes les libertés fondamentales doivent être rétablies, ainsi que le suffrage universel. Le volet économique et social est important avec un grand programme de nationalisations, la mise en place de la Sécurité sociale, une retraite décente et l’éducation pour tous.

  • C’est le contre-pied de la politique menée par le maréchal Pétain et le régime de Vichy.

Après le traumatisme de Vichy, la IVe République : 1946-1958

  • Quelle république pour la France en 1946 ?

Deux choix se présentent aux Français :

  • une constitution où l’exécutif serait très fort : c’est le choix de De Gaulle ;
  • ou plus de pouvoirs au parlement : c’est le choix du PCF (le parti communiste), de la SFIO (le parti socialiste), et du MRP (le parti centriste).

Ces derniers l’emportent, de Gaulle est désavoué et se retire de la vie politique.

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À retenir

Le préambule de la Constitution de 1946 rappelle les malheurs d’une France qui s’est détournée des valeurs des droits de l’Homme de 1789. La République redevient démocratique, sociale et laïque.

La République ne fait pas de distinctions entre citoyens selon les origines, les croyances ou les opinions, elle ne reconnaît que des citoyens égaux. « Liberté, Égalité, Fraternité » redevient la devise de la France.

Sur le plan social, la IVe République suit le CNR, selon lequel l’État-providence doit assurer le bien-être de tous ses citoyens et protéger les plus faibles :

  • la Sécurité sociale permet d’aider les Français en cas d’accidents de travail, de maladies, ou de handicap ;
  • les allocations familiales doivent aider les familles à se reconstruire ;
  • grâce aux retraites par répartition formant une solidarité entre les générations, ceux qui travaillent cotisent pour ceux qui sont à la retraite et ainsi de suite ;
  • l’État intervient directement dans l’économie, c’est le keynésianisme qui est en vigueur ;
  • enfin, l’État nationalise de nombreuses entreprises comme EDF, GDF, Air France, ou Charbonnage de France entre autres.

Sur le plan politique, la IVe République n’a pas laissé un bon souvenir. Le système de cette République fut très instable.

Le personnage politique le plus important sous la IVe République est le président du Conseil, chef du gouvernement. Il est investi par une majorité à l’Assemblée nationale. Le président de la République n’a, quant à lui, que peu de pouvoirs. Sous la IVe République, on vote pour les députés à la proportionnelle : avec un seul tour de scrutin, le nombre de députés est égal au pourcentage de voix recueillies à la sortie des urnes.

  • Ce type d’élection permet à de très nombreux petits partis politiques d’être représentés à l’Assemblée nationale. De Gaulle appelait ce système le régime des partis.

Difficile en conséquence de trouver une majorité stable. Avec 21 gouvernements en 12 ans d’existence, la IVe République est une période de très forte instabilité ministérielle. Les Français gardent un très mauvais souvenir de ces changements incessants de gouvernement.

La IVe République dut faire face à de très nombreux problèmes au lendemain de la guerre. Des problèmes économiques et sociaux certes, mais aussi la guerre froide, la décolonisation avec ses deux guerres, l’Indochine de 1946 à 1954 et la guerre d’Algérie immédiatement après, de 1954 à 1962. Il était très difficile d’assurer une majorité sur tous ces sujets sensibles avec une Assemblée nationale très morcelée. La IVe République a fini par s’effondrer lorsque les difficultés de la guerre d’Algérie ont emporté ce système incapable d’assurer une cohérence politique.

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À retenir

Le 13 mai 1958, alors que des militaires prennent le pouvoir à Alger et font pression pour que Pierre Pfimlin ne soit pas élu président du Conseil, de Gaulle est « rappelé » à la gouvernance de la nation. Il conditionne son retour au changement des institutions et à l’instauration d’une nouvelle république.

Conclusion :

Les valeurs de la République n’étaient pas partagées par tous. Le régime de Vichy du maréchal Pétain fut un régime anti-républicain. Les hommes de Vichy voulaient revenir à une France mythique, « pure », avec des valeurs réactionnaires et fascistes. La haine du juif, de l’étranger ainsi que du « mauvais français » ont amené les hommes de Vichy à participer, aux côtés des nazis, au système qui a produit les pires horreurs de l’humanité.

Ce fut donc une guerre de valeurs, entre celles de Vichy et son régime antirépublicain, et les valeurs portées par les résistants républicains. La première mesure du CNR est de proclamer le GPRF, Gouvernement provisoire de la République française. Pourquoi provisoire ? Parce qu’en République c’est le peuple, le suffrage universel qui décide.

Le préambule de la constitution de la IVe République donne l’essentiel de la philosophie républicaine. La IVe République a redonné la parole au peuple français, mais elle n’a cependant pas bien fonctionné sur le plan politique, du fait de son instabilité. Avec la mise en application du programme du CNR, la IVe République a également instauré un État-providence, visant à protéger tous les Français des difficultés de la vie, et elle est marquée par l’implication de l’État dans l’économie. Ce fut une démocratie avec une forte politique sociale, basée sur l’idéal républicain des droits de l’Homme et de l’égalité des citoyens, quelles que soient leurs origines ou leurs confessions.