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La guerre froide : affrontements et crises politiques dans un monde bipolaire

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Le début de la guerre froide, une période de fortes tensions (1947-1956)

  • Les premières années de la guerre froide sont marquées par de très fortes tensions entre les superpuissances, qui se considèrent mutuellement comme une menace.
  • La constitution des blocs se fait avec l’aide directe – ou indirecte – des États-Unis ou de l’URSS.
  • Le premier conflit périphérique commence en 1950 en Corée. Le pays est divisé entre :
  • une zone d’occupation soviétique au nord, devenue la République démocratique populaire de Corée ;
  • et une zone d’occupation américaine au sud, devenue la République de Corée.
  • Le conflit est très près de dégénérer en guerre nucléaire, mais le front se stabilise entre Corée du Nord et Corée du Sud, et aboutit à l’armistice en 1953, après un million de morts.
  • Dans le reste du monde, on agit pour ou contre le communisme :
  • Dans les pays encore colonisés, on soutient la rébellion communiste, comme en Indochine française. Dans cette région, la principale force de résistance est incarnée par le Viet Minh, dirigé par Hô Chi Minh ;
  • en Europe de l’Est la « tactique du salami » est appliquée, qui consiste pour les communistes à s’allier aux autres forces politiques avant de les exclure du pouvoir (cf. « coup de Prague » de février 1948) ;
  • les États-Unis réagissent via des pactes d’alliance, en aidant à la reconstruction des pays dévastés par la guerre (plan Marshall) ;
  • En France, les ministres communistes sont exclus du gouvernement de Paul Ramadier au printemps 1947 ;
  • en Iran, la CIA (service de renseignement américain) aide au renversement du Premier ministre Mossadegh en 1953, considéré comme trop favorable aux communistes.
  • En janvier 1953, le président américain Eisenhower approfondit la doctrine Truman avec la politique du Roll Back (refoulement du communisme).
  • Les États-Unis et l’Union soviétique revendiquent la supériorité de leurs modèles de société respectifs :
  • le modèle du libéralisme capitaliste repose sur l’idée que l’individu peut travailler librement dans une société libre pour accéder à l’American Way of Life, fondée sur le confort matériel et la famille traditionnelle ;
  • Si la prospérité est une réalité, elle concerne avant tout les Blancs protestants, car la ségrégation raciale reste en place jusqu’aux années 1960.
  • en URSS, le Parti Communiste contrôle l’économie pour assurer l’égalité matérielle entre tous les citoyens et construire une société communiste sans classes.
  • La population est surveillée par un État totalitaire omniprésent.
  • Pendant la guerre froide une course aux armements s’engage : augmentation du nombre de bombes possédées par l’URSS et les États-Unis et diversification des moyens de les lancer (bombardiers, missiles, sous-marins, etc.) et de les contrer.
  • En 1957, les Américains apprennent que les Soviétiques ont mis en orbite le premier satellite artificiel de l’histoire, Spoutnik. Chaque côté craint l’attaque de l’autre.
  • L’intellectuel français Raymond Aron résume cette situation par la formule « paix impossible, guerre improbable ».

La coexistence pacifique (1956-1962)

  • Staline meurt le 5 mars 1953. Nikita Khrouchtchev s’impose en 1956 comme son successeur. Une nouvelle ère s’ouvre dans les relations américano-soviétiques, marquées par une capacité à coexister.
  • Le 24 février 1956, au XXe Congrès du Parti Communiste d’Union Soviétique (PCUS), Khrouchtchev dénonce les purges et la terreur de masse du régime stalinien.
  • La bipolarité du monde se réduit, les blocs se fissurent et le processus de décolonisation crée de nombreux nouveau États – que chaque Grand tente d’attirer dans son camp –.
  • C’est ainsi qu’en 1954, la guerre d’Indochine aboutit à la division du Vietnam entre un Nord communiste et un Sud capitaliste.
  • En 1959, Khrouchtchev expose ainsi les principes de la coexistence pacifique devant le Soviet Suprême (Parlement soviétique).
  • En 1956, les deux superpuissances coopèrent pour résoudre une crise internationale autour du canal de Suez :
  • le colonel Gamal Abdel Nasser projette de nationaliser le canal de Suez pour financer l’industrialisation du pays ;
  • craignant de perdre ce passage stratégique, les Britanniques réagissent et planifient une opération militaire de prise du contrôle du canal à laquelle se joignent la France et Israël ;
  • ces derniers sont victorieux sur le terrain mais sous la menace américaine, ils retirent leurs troupes.
  • Nasser a transformé une défaite militaire en victoire politique aux yeux des États arabes et du tiers-monde en formation.
  • Des signes de bonne volonté se manifestent de part et d’autre, avec notamment le voyage de Khrouchtchev aux États-Unis en 1959 ou sa rencontre avec Kennedy à Vienne en 1961.
  • La guerre froide continue cependant, comme le montrent les crises autour de Berlin (cf. blocus de Berlin).
  • Khrouchtchev tente de négocier l’annexion de Berlin-Ouest à la RDA en 1958 mais se heurte au refus catégorique des Occidentaux. Dans la nuit du 13 août 1961, il fait construire un mur entourant hermétiquement Berlin-Ouest.
  • Ce « mur de la honte » est érigé en symbole de l’oppression communiste à partir de la visite de Kennedy (1961-1963) en 1961.

La détente, un recul maîtrisé des tensions (1962-1975)

  • La coexistence pacifique est mise à l’épreuve avec la crise de Cuba :
  • en 1959, Fidel Castro prend le pouvoir à Cuba ;
  • en juillet 1960, Che Guevara annonce que Cuba fait partie du camp socialiste. Pour la première fois, la doctrine Monroe est remise en cause ;
  • la doctrine Monroe est formulée au XIXe siècle, les États-Unis annoncent qu’ils sont les seuls à pouvoir intervenir dans les affaires de l’hémisphère ouest (continent américain). Pendant la guerre froide, il s’agit d’empêcher l’installation d’un pouvoir pro-soviétique en Amérique Latine.
  • les États-Unis établissent un blocus naval de l’île, mais l’URSS vient au secours de Cuba en lui apportant une aide économique et militaire ;
  • en octobre 1962, les États-Unis se rendent compte que des missiles soviétiques sont en train d’être installés sur le territoire cubain, menaçant leur territoire ;
  • le 22 octobre 1962, Kennedy annonce un ultimatum à Khrouchtchev et exige le démantèlement des missiles et l’arrêt de l’aide militaire soviétique à Cuba.
  • La crise de Cuba a montré la dangerosité et la fragilité de l’équilibre de la terreur.
  • L’équilibre de la terreur a un coût très lourd pour les deux Grands. Une série de traités interdit les expériences nucléaires dans l’atmosphère, l’espace et l’océan.
  • En 1968, le Traité de non-prolifération nucléaire voit la plupart des pays renoncer au nucléaire militaire en échange d’une aide au développement du nucléaire civil.
  • Des accords commerciaux sont conclus entre Américains et Soviétiques, aboutissant à un échange de produits agricoles et technologiques américains contre du pétrole et du gaz naturel soviétiques.
  • En 1969, le chancelier de la RFA, Willy Brandt, inaugure l’Ostpolitik, un rapprochement avec la RDA et les pays d’Europe de l’Est.
  • La bipolarité du monde recule avec l’émergence du tiers-monde (cf. Indépendance et nouveaux États pendant la guerre froide), et principalement de la Chine populaire, proclamée en 1949.
  • La détente américano-soviétique culmine avec les Accords d’Helsinki de 1975.
  • Cependant, ces accords sont suivis d’une prise de conscience que la guerre froide continue par d’autres moyens et dans d’autres régions, notamment en Afrique.