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Marianne

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L’élargissement du monde au XVe siècle : de Constantinople à Istanbul

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Introduction :

Nous étudierons dans ce cours la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance à partir de l’exemple de la capitale de l’Empire romain d’Orient, anciennement Constantinople, devenue Istanbul.

Dans une première partie, nous étudierons la tragique fin de Constantinople et ses conséquences politiques. Nous présenterons ensuite de quelles manières les différentes populations parviennent à cohabiter à Istanbul. Nous terminerons enfin par une analyse d’Istanbul et de ses sultans.

De Constantinople à Istanbul : conséquences politiques

La capitale de l’Empire byzantin

Constantinople est située entre la Méditerranée et la mer Noire, sur le détroit du Bosphore. Sa position idéale lui permet, dès l’Antiquité, d’être une plaque tournante du commerce méditerranéen et asiatique. C’est pour cela qu’en 330, l’empereur Constantin a décidé d’ériger, sur l’ancienne ville de Byzance, sa nouvelle capitale. Jusqu’au XIIe siècle, la ville de Constantinople rayonne dans le monde entier.

  • Alors qu’en France, à la même époque, 9 habitants sur 10 vivent à la campagne, Constantinople possède plus de 400 000 habitants.

Localisation de Constantinople Localisation de Constantinople

L’empereur de Constantinople

L’Empire romain d’Orient devient, dès la fin du IVe siècle, un empire chrétien.

L’empereur, que l’on appelle plutôt le basileus, tient son pouvoir de Dieu : il est considéré comme le lieutenant de Dieu sur Terre.

  • Son pouvoir est donc « théocratique », c’est-à-dire qu’il considère que son pouvoir lui a été donné par Dieu.
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À retenir

Le basileus est donc à la fois un chef politique et religieux.

En 1054, l’Empire romain d’Orient se sépare des royaumes occidentaux, c’est ce que l’on appelle « le schisme ».

  • Le pape de Rome considérait qu’il était le seul chef des croyants, et le basileus apparaît, dans cette perspective, comme un concurrent.

C’est alors que naît « l’église chrétienne orthodoxe », qui existe encore de nos jours. En 1204, lors de la quatrième croisade, les croisés se détournent de leur objectif premier (récupérer Jérusalem) et pillent la ville de Constantinople. Cet événement sépare un peu plus l’Orient chrétien de l’Occident.

Le symbole architectural de la théocratie byzantine est la basilique Sainte-Sophie, construite au VIe siècle.

Basilique Sainte-Sophie, Istanbul Basilique Sainte-Sophie, Istanbul

  • On remarque sur la photo la présence de plusieurs minarets. Cela permet de comprendre que la basilique n’a pas été détruite lors de la chute de Constantinople, mais a été « adaptée » en mosquée.

La chute de Constantinople

Ce sont les Turcs ottomans qui font chuter la capitale. Les Turcs sont à l’origine des nomades qui proviennent d’Asie. Ils ont servi pendant longtemps dans l’armée des différents califats musulmans avant d’eux-mêmes prendre le pouvoir. Ils ne prendront alors pas le titre de « calife » mais seulement celui de « sultan ».

À partir du XIIIe siècle, la tribu des Ottomans remporte victoire sur victoire sur l’Empire byzantin, et dès le XIVe siècle, elle est solidement implantée tout près de Constantinople.

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À retenir

La ville de Constantinople, au XVe siècle, ne possède d’ailleurs plus son ancienne grandeur : elle s’est difficilement relevée des pillages de 1204, réalisés par les croisés. Elle connaît des difficultés financières et, au niveau politique, elle est largement influencée par les marchands italiens.

Lorsque les Ottomans se décident à attaquer la ville, les forces en présence sont ridiculement disproportionnées :

  • le sultan Mehmet II possède plus de 100 000 soldats et 120 navires,
  • alors que l’empereur n’a qu’à peine 7 000 soldats.

Même les fortifications de la ville ne peuvent rien contre la stratégie ottomane : celle-ci possède une très lourde artillerie qui détruit rapidement les murailles.

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À retenir

Le 29 mai 1453, la ville de Constantinople se rend aux Ottomans. Près de 3 000 personnes auraient succombé lors de l’attaque, dont l’empereur Constantin IX, qui serait mort les armes à la main.

En Europe, la nouvelle de la chute de Constantinople fait vivement réagir : certains y voient un signe de la fin des temps, tandis que les musulmans y voient la supériorité de l’Islam sur le christianisme.

Cohabitations religieuses

Conséquences directes de la chute de Constantinople

Lorsque la ville se rend, les textes racontent que les pillages et massacres se seraient ensuite poursuivis pendant 3 jours. Très rapidement, le sultan Mehmet II reprend les choses en main et transforme les lieux de culte chrétien en lieux de culte musulman.

En quelques années à peine, la ville connaît une forte croissance démographique, en raison notamment d’une politique stricte de repeuplement de la ville.

  • Mehmet II fait venir des Turcs d’autres régions et autorise également les chrétiens à revenir s’y installer.

Les politiques de repeuplement permettent à des minorités, grecques et arméniennes notamment, de s’implanter dans la nouvelle capitale. En 1457, le palais du sultan est terminé : il s’agit du palais de Topkapi, qui devient rapidement le centre politique et culturel de l’Orient méditerranéen.

  • Le développement d’Istanbul signifie bien le renouveau de la ville, qui était en déclin depuis plusieurs siècles déjà.

Les cohabitations

Les politiques des sultans ottomans ont consisté à accueillir à Constantinople les populations chrétiennes et juives.

  • Il existait dans la ville des quartiers réservés à chacun.

On constate l’existence de quartiers vénitiens, génois et pisans, c’est-à-dire des marchands du nord de l’Italie. Ces derniers continuent de jouer un rôle économique majeur dans la nouvelle Istanbul, rôle qu’ils jouaient déjà sous Constantinople.

On note également la présence de quelques synagogues, signe qu’une minorité juive s’était installée. Ces juifs provenaient d’Espagne, pays duquel ils avaient été chassés au XVe siècle : ils avaient donc trouvé refuge à Istanbul, capitale musulmane.

Les Turcs s’étaient installés dans la vieille ville, qui devient alors un centre religieux majeur (construction de nouvelles mosquées, adaptation d’églises chrétiennes en mosquée), mais aussi un centre économique, organisé autour du « bazar ».

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À retenir

Les chrétiens et les juifs d’Istanbul avaient la liberté de pratiquer leur culte à la condition de s’acquitter d’un impôt. C’était d’ailleurs la règle dans toutes les terres d’Islam : les minorités pouvaient pratiquer leur culte, à la condition de payer l’impôt du non musulman : c’est le statut de la dhimma.

Istanbul la rayonnante

Un centre culturel

Avec l’installation des sultans ottomans, Istanbul renoue avec un éclat qu’elle avait perdu depuis longtemps.

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À retenir

Le caractère cosmopolite de la ville (c’est-à-dire le fait qu’elle réunisse plusieurs religions et plusieurs populations différentes) explique en partie ce dynamisme nouveau.

  • Istanbul devient alors le centre culturel de l’islam.

Les sultans y font venir des artistes et intellectuels de toute l’Europe. Les historiens n’hésitent d’ailleurs pas à appeler la période du sultan Soliman II, qui a régné au XVIIe siècle, et que l’on nomme « le Magnifique », le siècle d’or des Ottomans. Il fait construire notamment sa très célèbre mosquée, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’architecture de la basilique Sainte-Sophie.

La mosquée est entourée d’un hammam et d’une université, et se positionne rapidement comme un centre culturel majeur de l’Islam des temps modernes.

une puissance commerciale

La prise de Constantinople puis de l’Égypte permet aux Ottomans de dominer largement le commerce méditerranéen. Ils contrôlent en particulier le commerce des épices en provenance d’Inde et en direction de l’Europe. Les Européens sont donc particulièrement dépendants, à partir du XVIe siècle, des Ottomans.

L’empire ottoman au XVI<sup>e</sup> siècle L’Empire ottoman au XVIe siècle

  • Cela explique en partie pour quelles raisons les souverains européens ont demandé à leurs navigateurs de chercher d’autres routes pour relier l’Europe à l’Inde.

Ces recherches aboutiront à la découverte de l’Amérique. Car malgré le cosmopolitisme de la ville d’Istanbul, les zones de tension entre l’Orient et l’Occident sont nombreuses, notamment en raison de la puissance navale des Ottomans qui inquiète profondément les Européens.

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À retenir

C’est d’ailleurs au XVIe siècle, en 1571, qu’a lieu une célèbre bataille navale, celle de Lépante entre les Européens et les Ottomans. Cette bataille marquera l’arrêt de l’expansion ottomane.

Conclusion :

Les Turcs ottomans se sont emparés de Constantinople en 1453. Bien qu’ils imposent la domination de l’Islam dans la ville, les autorités pratiquent la politique de la dhimma, c’est-à-dire la liberté de culte aux minorités religieuses, en échange de paiement d’un impôt. C’est donc peuplée de musulmans, de juifs et de chrétiens que la ville va rapidement se relever et retrouver un éclat économique et culturel qu’elle avait perdu depuis longtemps. Entre le XVIe et le XVIIe siècle, Istanbul est donc une capitale multi-ethnique, qui possède un rayonnement culturel, économique et politique majeur.