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L’élargissement du monde au XVe siècle : l’exemple de Magellan

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Introduction :

Comment et pourquoi les Européens sont-ils partis à la conquête du monde ? Nous nous intéresserons dans ce cours à l’exemple du navigateur Magellan. L’étude de ses voyages permet d’en apprendre beaucoup sur les motivations des Européens au XVIe siècle.

Dans une première partie, nous étudierons la connaissance que les Européens avaient du monde au XVIe siècle. Nous présenterons dans une seconde partie les voyages de Magellan, et nous terminerons par l’analyse des conséquences de ses découvertes.

Origines des grandes explorations

Motivations diverses

Au XVe siècle, plusieurs royaumes d’Europe financent une série d’explorations, qui aboutira à la découverte du continent américain.

Les grandes découvertes Les grandes découvertes

Les raisons de ces explorations sont diverses.

  • En premier lieu, on trouve une motivation commerciale.

Les principales routes méditerranéennes, qui relient l’Europe occidentale à l’Asie sont dominées et contrôlées par les musulmans, et principalement par l’Empire ottoman.

Bien qu’Istanbul soit une ville cosmopolite, dans laquelle vivent des minorités chrétiennes et juives, les relations entre l’Empire ottoman et l’Europe chrétienne sont difficiles. Dans cette perspective, les royaumes chrétiens, et en particulier l’Espagne et le Portugal, se mettent en tête de contourner l’obstacle musulman et de relier l’Europe à l’Asie par de nouvelles routes.

Dans le cas précis des Espagnols, la possibilité de contourner la route méditerranéenne par le sud de l’Afrique était compromise par la présence des Portugais. Ceux-ci contrôlaient en effet la route de l’or, de l’Afrique Noire jusqu’au Portugal. L’idée de relier l’Asie par la route de l’Ouest apparaît donc comme une possibilité intéressante.

  • Les grandes découvertes s’expliquent également par des motivations religieuses.

Les expéditions des grands navigateurs sont alors autant de possibilités d’évangéliser de nouvelles populations.

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Définition

Évangélisation :

Fait de diffuser le christianisme.

La Reconquista espagnole, qui avait permis de récupérer et d’unifier les territoires chrétiens d’Espagne, s’achève avec Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille.

  • Les « rois très catholiques » comme on les surnomme, ajoutent donc un objectif religieux à l’objectif commercial.

Connaissance du monde au XVIe siècle

Au Moyen Âge, on savait que la Terre était ronde mais on pensait que le monde était divisé en trois continents : l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Le monde habité était entouré d’une « mer infranchissable ».

Il y avait déjà eu des opérations d’explorations, telles que celles de Marco Polo, au XIIIe siècle. Mais ces explorations furent isolées, dans le sens où elles n’ont pas eu d’impact majeur en Europe.

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À retenir

Ce sont les grands explorateurs du XVe et XVIe siècle qui vont révolutionner la connaissance de notre monde.

Les techniques

À partir du XVe siècle, les nombreuses avancées technologiques dans le domaine de la navigation vont permettre de mener à bien ces explorations.

  • C’est le cas notamment de l’astrolabe, un objet qui permet de se situer par rapport à la position des étoiles.
  • L’utilisation de la boussole se généralise à partir du XVe siècle.
  • Mais c’est surtout la création d’un nouveau type de bateau, la caravelle, qui va servir de support aux grandes explorations.
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Définition

Caravelle :

La caravelle est un navire à voile inventé par les Portugais au début du XVe siècle.

Mais c’est aussi à la redécouverte de la Géographie de Ptolémée et de ses nombreux détails et précisions sur les continents que l’on doit la possibilité des grandes explorations.

  • Ptolémée était un scientifique de l’Antiquité grecque. Ses œuvres, comme celles de beaucoup d’intellectuels grecs et romains, vont être redécouvertes à partir du XVe siècle. La Géographie de Ptolémée sert alors de guide et de support à tous les grands explorateurs à partir du XVe siècle.

Le monde selon Ptolémée Le monde selon Ptolémée

Les voyages de Magellan

Antécédents

Le génois Christophe Colomb est le premier à traverser l’Atlantique et à mettre un pied sur le continent américain en 1492. Financé par la monarchie espagnole, Colomb souhaitait en réalité rejoindre l’Asie.

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À retenir

Le traité de Tordesillas, signé en 1494, partage le « Nouveau Monde » en deux zones d’explorations entre l’Espagne et le Portugal. C’est pour cette raison que l’on parle portugais aujourd’hui au Brésil.

Délimitation des zones selon le Traité de Tordesillas Délimitation des zones selon le traité de Tordesillas

À partir de cette découverte, les explorations vont se multiplier. Vasco de Gama parvient en 1498 à relier le Portugal à la Chine en passant par le sud du continent africain. Mais c’est Fernand de Magellan qui parvient, en 1522, à réaliser le premier tour du monde.

  • On dit alors qu’il a réalisé la première « circumnavigation » de la Terre.

Qui est Magellan ?

Magellan est né au Portugal en 1480. Si la vie du navigateur n’est pas connue de manière précise, on connait son voyage avec plus de détails. Un des survivants du voyage de Magellan, Antonio Pigafetta, a en effet publié un récit, intitulé Journal du voyage de Magellan.

Suite à divers problèmes avec la cour du roi du Portugal, Magellan décide de proposer ses services au jeune Charles Quint, roi d’Espagne. Jouant de la compétition entre l’Espagne et le Portugal, Magellan obtient la nationalité espagnole et des fonds pour mener à bien ses expéditions.

  • L’objectif du roi d’Espagne est de trouver de nouvelles routes entre l’Espagne et les « îles à épices », c’est-à-dire les territoires asiatiques producteurs d’épices.

Les voyages

Le voyage de Magellan Le voyage de Magellan

  • C’est en 1519 que l’expédition part de Séville, avec pas moins de 5 bateaux et plus de 250 hommes.
  • Après quatre mois de voyage, l’équipe arrive au Brésil, où elle réalise une brève escale. Magellan décide ensuite de poursuivre sa route plus au Sud.
  • L’hiver approchant, Magellan fait escale en Patagonie. C’est à ce moment-là qu’une mutinerie éclate au sein de l’équipage. Plusieurs membres doutent en effet d’un passage vers l’ouest et craignent pour leur vie dans ce milieu hostile et inhabité. Plusieurs chefs de la mutinerie vont alors être exécutés, voire même abandonnés sur place avec pour seul recours une épée et un peu de pain.
  • Un des navires, parti en reconnaissance du terrain s’échoue quelques mois plus tard. Il reste alors à Magellan quatre navires. Mais il n’est pas encore au bout de ses peines : même s’il a repéré un passage vers l’Ouest (le futur « détroit de Magellan »), un autre navire décide d’abandonner l’aventure et rebrousse chemin vers l’Espagne. C’est donc avec seulement trois caravelles que l’explorateur tente de réaliser son tour du monde.
  • Lorsqu’il parvient à dépasser l’estuaire, la malchance continue à l’accompagner : même si les eaux sont calmes, tellement calmes que Magellan les surnomme « pacifique », il ne parvient à accoster sur aucune des petites îles qui sont sur son chemin. L’équipage connait alors une période de famine, décrite de manière surprenante par Pigafetta : « nous ne mangions que du vieux biscuit tourné en poudre, tout plein de vers et puant, pour l’ordure de l’urine que les rats avaient faite dessus et mangé le bon, et buvions une eau jaune infecte. »
  • Après être finalement parvenu près des Philippines, l’équipage se ravitaille et noue des relations avec les différents chefs locaux. Si certains se convertissent au christianisme, d’autres s’opposent fermement aux conquistadores. C’est le cas du roi Lapu-Lapu, dans l’île de Mactan. Croyant fermement en la supériorité de l’armement espagnol, Magellan donne l’ordre d’attaquer et se fait finalement tuer, touché par une flèche empoisonnée.
  • Alors qu’il ne reste plus suffisamment d’hommes pour conduire les trois navires restants, le nouveau capitaine décide d’en brûler un.
  • Après encore quelques mois, les deux navires restants accostent en Asie, puis, le dernier navire toujours en condition pour poursuivre l’aventure, la Victoria, traverse finalement l’océan Indien, passe le cap de Bonne-Espérance et revient en Espagne.
  • Ce sont à peine 18 hommes, sur plus de 250 à l’origine, qui parviennent à rejoindre leurs terres en 1522.

Conséquences des explorations

Conséquences du voyage de Magellan

D’un point de vue économique, le voyage de Magellan s’avère être une catastrophe.

  • Non seulement la vente des épices rapportées par le dernier navire est insuffisante pour dédommager les très nombreuses veuves et orphelins,
  • mais en plus, la route qui contourne le sud de l’actuel Chili est considérée trop dangereuse. Elle sera d’ailleurs abandonnée pendant plusieurs siècles.
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À retenir

C’est d’un point de vue scientifique que le voyage de Magellan tire tout son intérêt. Non seulement Magellan a permis de prouver au monde que la Terre était bien ronde, mais les récits de Pigafetta permettent également d’obtenir des détails très précis sur des terres jusqu’alors peu connues. Le Brésil, la Patagonie ou les Philippines seront alors connus avec plus de précision.

Conséquences des grandes découvertes

Christophe Colomb décrivait les Indiens d’Amérique comme des êtres sauvages et féroces, voire même cannibales. L’Europe va alors se lancer dans une entreprise de conquête et de soumission des peuples amérindiens à partir du justificatif suivant : « ce ne sont pas des hommes mais des sous-hommes ».
En suivant cette logique, il devient légitime de les soumettre à l’esclavage.

Un processus de colonisation se met en place, qui va rapidement décimer les populations locales. Dès le début du XVe siècle, celles-ci sont en effet victimes d’un « choc microbien », c’est-à-dire d’une absence d’immunité face aux microbes européens. C’est à ce moment-là que la traite des Noirs va débuter, afin de remplacer les esclaves amérindiens par des esclaves africains.

Conclusion :

L’étape des grandes découvertes modifie en profondeur l’organisation du monde. En effet, la découverte puis la colonisation du continent américain permet à l’Europe de se positionner en chef de file, et d’amorcer un premier processus de mondialisation. Les grands explorateurs ont contribué à faire connaitre avec plus de précisions la géographie terrestre. Magellan en particulier a permis de démontrer que le monde avait des limites et qu’il était possible de relier entre elles toutes les parties du globe. L’Espagne et le Portugal s’enrichissent tout particulièrement grâce à l’or des Amériques. Le choc fut surtout culturel : on se rendit compte que le monde était composé de plus de trois continents et que l’humanité connaissait d’autres religions en dehors des trois grands monothéismes.