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Marianne

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1945-1991, un espace entre guerre froide et logique interne

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​Introduction :

Nous étudierons dans ce cours la période qui va de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la fin de la guerre froide, en 1991. Après l’éclatement de l’Empire ottoman et le redécoupage de la région selon les intérêts occidentaux, la Seconde Guerre mondiale vient aggraver la situation. Nous verrons tout d’abord les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur la région, en particulier pour la Palestine, puis nous étudierons les différents conflits qui s’y sont déroulés en cette période de guerre froide.

L’après Seconde Guerre mondiale

Pendant la guerre, la région est le théâtre d’affrontements majeurs car elle est d’une importance géostratégique primordiale.

  • D’une part, elle constitue un carrefour entre l’Europe et l’Asie.
  • D’autre part, elle possède d’importantes ressources naturelles, en particulier le pétrole.

Les Britanniques ressortent en apparence renforcés du conflit dans la région puisqu’ils sont présents en Syrie, auparavant sous tutelle Française, en Iraq et en Iran. La volonté d’indépendance des États sous mandats l’emporte, et la Syrie et le Liban obtiennent la fin des mandats européens.

  • La présence européenne diminue donc dans la région, et son influence décroit.

Les pays arabes se regroupent dans la Ligue arabe en 1945, organisation promouvant l’indépendance des pays membres et combattant l’ingérence des Européens.

En 1945, c’est l’ONU qui est chargée de gérer et de définir l’avenir de la région. Le principal problème de cette région, c’est la Palestine.

  • À l’issue de la Première Guerre mondiale, les Britanniques avaient promis la création d’un foyer national juif en Palestine.

Après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale et de la solution finale en Europe, des milliers de Juifs rescapés souhaitent quitter le vieux continent pour s’installer sur ce qu’ils voient comme étant la « terre promise », comme l’affirment les écrits religieux auxquels ils croient.

Cette arrivée massive déstabilise encore un peu plus la région et les conflits avec les populations arabes s’intensifient.

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À retenir

En 1947, pour remédier à la situation, l’ONU décide d’un plan de partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe, avec Jérusalem comme capitale internationale administrée par l’ONU.

Plan de partage de la Palestine, 1947 Plan de partage de la Palestine, 1947

Le partage apparaît clairement sur cette carte : en rose l’État juif, et en vert l’État arabe. Jérusalem, au centre, n’est pas sous contrôle juif ou arabe, mais a un statut particulier de capitale internationale. On voit que les deux États ne sont pas uniformes et qu’ils se chevauchent.

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À retenir

​Ce découpage ne verra jamais le jour et le plan est refusé par les Arabes. Suite au départ des Britanniques, Israël proclame son indépendance le 14 mai 1948. En réaction, les États arabes voisins l’envahissent.

Israël en sort rapidement vainqueur et prend le contrôle de 78 % du territoire palestinien. Le reste est administré par l’Égypte (Gaza) et la Jordanie (Cisjordanie). La région voit alors un afflux massif de Juifs dans le nouvel État d’Israël, doublé d’un départ massif de Palestiniens.

  • Pour les Palestiniens, c’est la Nakba, la « grande catastrophe », qui voit l’exode de plus de 700 000 Arabes qui fuient les combats ou sont expulsés de leurs villages.

La Palestine avant et après la guerre de 1948-1949 La Palestine avant et après la guerre de 1948-1949

On peut voir sur cette carte l’agrandissement du territoire israélien après la première guerre de 1948-1949. L’État arabe de Palestine a disparu, puisqu’annexé par les pays arabes voisins.

Le conflit israélo-palestinien échappe aux logiques de la guerre froide en vigueur à l’époque. Mais la région n’en reste pas moins un enjeu stratégique pour les deux blocs de l’Est et de l’Ouest.

Le Proche et Moyen-Orient pendant la guerre froide

Le Proche-Orient devient un enjeu dans la guerre froide entre pays occidentaux et soviétiques. Les forces en présence sont les suivantes :

Côté soviétique :

  • L’Égypte jusqu’en 1973,
  • la Syrie,
  • l’Iraq,
  • le Sud Yémen,
  • et l’Afghanistan jusqu’en 1979.

Côté occidental :

  • Israël,
  • la Jordanie,
  • le Liban,
  • l’Iran jusqu’en 1979,
  • l’Arabie saoudite,
  • la Turquie,
  • et tous les petits États de la péninsule arabique.

Les Nord-Américains mettent en place un système d’alliance pour contrer l’influence soviétique dans cette région.

Ils fomentent avec les Anglais un coup d’État en Iran pour renverser le gouvernement en place. Il s’agit d’éliminer Mossadegh, Premier ministre iranien démocratiquement élu, qui avait nationalisé les compagnies de pétrole iraniennes. Ce faisant, Mossadegh avait privé les Britanniques d’une manne pétrolière dont ils refusaient de renégocier les prix.

  • Il est arrêté, et les Nord-Américains donnent un pouvoir total au shah Reza Pahlavi, pro-occidental. L’Iran est dès lors un allié sûr des Nords-Américains, et ce jusqu’en 1979.

On assiste en parallèle à la montée du panarabisme (système qui tend à unir tous les peuples de langue ou de civilisation arabe) sous le président égyptien Nasser. Celui-ci nationalise le canal de Suez en 1956, alors qu’il était auparavant sous contrôle franco-britannique. Pour défendre leurs intérêts, les Français et les Britanniques interviennent alors militairement avec le concours des Israéliens pour « libérer » le canal.

  • L’opération militaire est une réussite, mais dans ce contexte, Américains et Soviétiques (pour des raisons différentes) obligent Français et Britanniques à se retirer.

Photo du président Nasser Photo du président Nasser - Auteur inconnu - Domaine public

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À retenir

Le prestige de Nasser est à son zénith, et il parade triomphalement. C’est le recul des Européens dans cette région, au profit des Américains et des Soviétiques.

Les relations entre Israël et les États arabes s’enveniment encore un peu plus. En 1967, ces derniers commencent à masser des troupes aux frontières d’Israël.

Tsahal, l’armée Israélienne, défait les Égyptiens et conforte un peu plus sa domination sur la région. L’Égypte est bientôt au cœur d’une nouvelle guerre, suite à son offensive contre Israël en 1973.

  • C’est la guerre du Kippour, qui voit une nouvelle victoire d’Israël et un renforcement des liens entre Israël et son allié américain.

Ce conflit renforce l’antiaméricanisme dans la région. La guerre du Kippour est certes une guerre entre pays arabes et Israël mais c’est aussi un enjeu pétrolier.

Le premier choc pétrolier de 1973, c’est-à-dire la très forte augmentation du prix du baril, est une réponse des pays producteurs de pétrole à la défense d’Israël par l’Occident, mais aussi une réaction au bras de fer Nord/Sud dans la lutte pour un prix équitable de l’énergie.

  • De 3 dollars, le baril de pétrole passe à 15 dollars en 1973.

Il sera suivi d’un second choc pétrolier en 1979, suite à la révolution iranienne qui renverse le shah et instaure un gouvernement islamiste.

  • De 40 dollars, le baril passe à 100 dollars en 1979 !

Les États-Unis, membres du Conseil de sécurité, bloquent toutes les résolutions de l’ONU visant à trouver une solution entre Palestiniens et Israéliens. Sur place, l’OLP, l’Organisation de Libération de la Palestine, menée par Yasser Arafat, s’engage dans des actions terroristes visant Israël.

Alt texte Photo de la signature des accords de Camp David - ©Warren K. Leffler - Domaine Public

Dans les années 1970, les Nord-Américains réussissent à faire basculer l’Égypte dans leur camp.

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À retenir

En septembre 1978, l’Égypte et Israël, avec l’intervention des Américains, signent un accord de paix : les accords de Camp David.

  • Anouar el-Sadate, le président égyptien, le paye de sa vie et est assassiné par sa propre garde présidentielle en 1981, lors d’une parade militaire.

À partir de la fin des années 1970, de nombreux conflits échappent de plus en plus à la logique de guerre froide.

C’est le cas de la guerre civile libanaise, de 1975 à 1990, illustration de la complexité des situations politiques au Proche et Moyen-Orient. La Syrie pro-soviétique, et Israël, pro-américain, y jouent certes un rôle fondamental, mais la mosaïque des peuples, des religions et des minorités sont aussi en cause au-delà de toute dimension Est/Ouest. Les chrétiens s’opposent aux Arabes, sur fond d’opposition entre chiites du Hezbollah, soutenus par l’Iran, sunnites ou encore maronites. Le pays est occupé en partie par la Syrie, qui le considère comme faisant partie de sa sphère d’influence et dans lequel elle doit donc défendre ses intérêts.

La guerre civile au Liban La guerre civile au Liban

On voit sur cette carte la véritable mosaïque libanaise, où cohabitent de nombreuses religions et groupes ethniques, aux intérêts parfois divergents.

La guerre Iran/Iraq, de 1980 à 1988, échappe également à la logique de guerre froide.

  • C’est une guerre sur fond de conflit de frontières, de quotas pétroliers et de religion entre sunnites et chiites.

Le bilan s’élève entre 800 000 et 1,2 million de victimes. Des armes chimiques ont été utilisées en masse, notamment contre les populations kurdes d’Irak, que Saddam Hussein soupçonnait de ne pas être fidèles à son régime. Le conflit se termine finalement sans réel vainqueur.

Cependant, un conflit important s’inscrit dans le cadre de la guerre froide : celui qui se déroule en Afghanistan de 1979 à 1988.

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À retenir

L’Afghanistan est un régime communiste depuis le début des années 1970. Le régime est attaqué de toutes parts et fait appel aux troupes soviétiques pour garder le pouvoir. La guerre d’Afghanistan fut « le Vietnam » des Soviétiques. L’Armée rouge perd le conflit puisque l’URSS se retire sur un échec en 1988.

Les États-Unis ont soutenu l’opposition afghane en lui fournissant argent et armements. Cette aide a été en grande partie fournie à des mouvements fondamentalistes musulmans, dont faisaient partie les talibans.

  • Alors que la guerre froide touche à sa fin, le conflit israélo-palestinien n’est toujours pas réglé. La Palestine s’enflamme régulièrement.

Conclusion :

Le redécoupage de la région après la Seconde Guerre mondiale a donné lieu à bien des conflits et troubles. Le partage de la Palestine en 1947 n’a contenté personne, et la région a été le théâtre de nombreux conflits entre des Israéliens désireux de confirmer leur position de force et des voisins arabes qui souhaitaient protéger leurs intérêts et défendre un peuple palestinien considéré comme opprimé par l’occupant.

La guerre des Six Jours et la guerre du Kippour se sont toutes deux soldées par des victoires israéliennes, repoussant un peu plus l’influence du voisin égyptien. L’Égypte a d’ailleurs été le leader du mouvement de révolte contre les Occidentaux, avec la nationalisation du canal du Suez.

Pendant la guerre froide, le secteur a vu de nombreux conflits, pas toujours dictés par la logique d’affrontement entre les blocs de l’Est et de l’Ouest, mais toujours représentatifs de la complexité d’une région telle que celle du Proche-Orient.