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Marianne

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La fin des totalitarismes

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Introduction :

Dans ce cours, nous allons essayer de comprendre les évolutions, les changements qui ont eu lieu au sein des sociétés qui ont été traversées par des idéologies totalitaires. Nous ne traiterons ici que des cas allemand et soviétique. Nous verrons d’un côté l’Allemagne, qui fut rapidement scindée en deux régimes totalement différents, mais où la dénazification fut bien réelle et concrète. Puis nous verrons qu’il en va différemment du cas soviétique, en nous intéressant à la déstalinisation de l’URSS et à la série de réformes qui a ouvert le bloc soviétique au monde.

La fin de l’Allemagne nazie

Le procès de Nuremberg

  • Qu’est-ce que la dénazification en Allemagne ?

Il s’agit de juger et de punir les responsables du désastre qu’a engendré le nazisme dans la société allemande.

Le procès de Nuremberg a eu lieu entre 1945 et 1946, un grand nombre de nazis y a été jugé. Pourquoi à Nuremberg ? Le choix de cette ville est symbolique, car elle est le berceau du nazisme : on y a donc institué un tribunal militaire international afin de juger les principaux criminels de guerre, les organisations nazies, ainsi que le gouvernement et l’état-major allemand.

22 hauts dignitaires nazis y sont jugés dans un procès équitable, avec avocats, instruction à charge et à décharge. 22 seulement car Hitler, Himmler, Heydrich et Goebbels, entre autres, se sont donné la mort avant la défaite pour échapper au jugement. De plus, un grand nombre de responsables nazis ont pu fuir ou ont été « récupérés » par les États-Unis et l’URSS pour diverses raisons, échappant ainsi à la justice. Néanmoins, le procès de Nuremberg fut exemplaire. Il a permis de mettre en lumière tout le système nazi, et ses conséquences dramatiques.

Les États-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni et la France organisent et mènent le procès. Trois chefs d’accusation principaux sont retenus :

  • crime de guerre ;
  • crime contre la paix ;
  • et, pour la première fois dans l’histoire, crime contre l’humanité.

12 condamnations à mort sont prononcées, ainsi que des peines de prison à vie, des peines de 20 ans d’emprisonnement et 3 acquittements. En se suicidant dans sa cellule, Hermann Goering échappe à la sentence rendue par le procès.

Le procès se veut pédagogique, surtout pour le peuple allemand qui est mis face aux atrocités commises en son nom par ses dirigeants.

La chasse aux nazis

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À retenir

En marge du procès viendra l’acte final de la conférence de Potsdam en 1945 qui défait tout le système de la société nazie sur le plan juridique.

Il faut mettre en place l’épuration. Cela consiste à faire la chasse à ceux qui ont été nazis ou qui ont soutenu ouvertement le régime nazi. L’administration leur est interdite, l’armée, le monde de la culture, et de l’enseignement également, et ils ne peuvent bien sûr occuper aucune responsabilité politique. Certains perdent même leurs droits de citoyens et ne peuvent pas devenir dirigeants d’entreprises.

  • Les tribunaux travaillent sans relâche pour extirper le nazisme de la société allemande.

La société allemande est d’ailleurs scindée en deux zones, l’une contrôlée par les Russes, l’autre par les Occidentaux.

L’Allemagne de l’Est face à celle de l’Ouest

  • Dans la zone soviétique, la dénazification se fait dans le cadre de la mise en place d’une société communiste. Le KPD, l’ancien parti communiste allemand, et le SPD, l’ancien parti socialiste allemand, sont réunifiés et donnent naissance au SED à majorité communiste. C’est la mise en place d’une société basée sur le modèle soviétique en vigueur en URSS. La dénazification prend fin en 1948 et les anciens nazis sont obligés de travailler pour la communauté et l’édification du communisme à l’Est. La RDA, République démocratique allemande, voit le jour en 1949, après le blocus de Berlin par Staline.
  • Dans la zone occidentale, la dénazification prend fin en 1950. L’épuration légale a fonctionné, mais une certaine indulgence était nécessaire pour trouver une nouvelle classe politique, économique et administrative pour faire redémarrer le pays. Le but des Occidentaux est de faire de l’Allemagne une démocratie et un pays économiquement performant pour lutter contre le communisme de l’Est. La RFA, République fédérale allemande, voit le jour en 1949. Une constitution démocratique est mise sur pied. L’article 26 de cette Constitution interdit à la RFA d’avoir une armée offensive. Cette RFA est décentralisée, contrairement au Reich nazi, et elle est associée à la construction européenne. Elle est également arrimée à la CEE dans un espace démocratique et capitaliste en pleine guerre froide.

Le bilan est que de très nombreux nazis ont échappé à la justice, ou bien ont été intégrés à la nouvelle société allemande. Mais la « rééducation » du peuple allemand passe aussi par l’éducation et un changement de mentalité. Sur le plan de la mémoire, les deux Allemagne ont fait un travail de fond, afin de ne pas oublier les erreurs du passé. Le chancelier de la RFA, Willy Brandt est venu s’agenouiller à Varsovie devant le monument dédié aux Juifs du ghetto en 1970.

Déstalinisation et réformes en URSS

Perestroïka et glasnost

À la mort de Staline en 1953, Khrouchtchev entreprend la « déstalinisation » de la société soviétique au congrès de 1956 du parti Communiste de l’Union soviétique, ou PCUS. Même si de nombreux progrès sont faits dans la société soviétique, la déstalinisation reste très limitée : il faut attendre l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir en 1985 pour voir la fin du totalitarisme en URSS.

L’URSS était plongée dans l’immobilisme et dans une impasse économique, le système était déficient. Le peuple demandait de plus en plus de réformes et plus de liberté. Gorbatchev lui répondit en lançant deux réformes : la perestroïka et la glasnost.

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Définition

Perestroïka :

La perestroïka, réforme lancée par Gorbatchev en URSS, est la restructuration de la société soviétique en profondeur. Gorbatchev ouvre la société soviétique au multipartisme. Le parti communiste n’a plus le monopole. Il ouvre la société à l’économie de marché, c’est la fin de l’économie étatisée, collectivisé et planifiée.

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Définition

Glasnost :

La glasnost, réforme lancée par Gorbatchev en URSS, c’est la transparence : une liberté de parole et une transparence sur les grandes difficultés de la société soviétique voient le jour.

Avec la glasnost, on montre les pénuries, les files d’attente, les tares du système et on donne la parole aux simples citoyens sur leur vie au quotidien. L’accident nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en 1986 fut dévoilé rapidement au monde entier, une chose impossible avant Gorbatchev.

La fin du totalitarisme en URSS

Les réformes de Gorbatchev font tâche d’huile dans les démocraties populaires d’Europe de l’Est, alliées de l’URSS. Le mur de Berlin tombe en novembre 1989 et il n’y a bientôt plus de pays communiste en Europe de l’Est.

En URSS, Gorbatchev devient très impopulaire. Ces réformes arrivent trop tard, et la société soviétique s’enfonce encore plus dans de nombreuses difficultés. Elle est déchirée entre les nouveautés du système et les résistances dont elle fait preuve. En effet, les forces conservatrices communistes font tout pour enrayer ses réformes.

  • En 1990, le Congrès abolit le rôle dirigeant du parti communiste en URSS.

En 1991, Boris Eltsine est élu à la tête de la Fédération de Russie et concurrence directement Gorbatchev, président de l’URSS.

La situation dégénère sur le plan politique et social. De nombreuses républiques faisant partie du bloc communiste demandent leur indépendance, comme l’Ukraine par exemple, là ou d’autre la proclament purement et simplement, comme la Géorgie et les pays Baltes.

La situation échappe à Gorbatchev et en août 1991, les conservateurs communistes lance un coup d’État contre lui. C’est un échec cuisant.

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À retenir

La Fédération de l’URSS n’existe plus, Gorbatchev est à la tête d’un État fantôme et il démissionne finalement le 25 décembre 1991.

  • C’est la fin d’un système mis en place lors de la révolution de 1917, et l’URSS est remplacée par une structure appelée la CEI, la Communauté des États indépendants.

Il n’y a pas eu de manifestations pour soutenir le régime. Il s’est effondré dans l’indifférence générale, mais Gorbatchev est resté très populaire en Occident car il incarne la fin du totalitarisme. En revanche, il est peu apprécié dans l’ancienne URSS, pour ne pas avoir maîtrisé le processus de fin de la puissance soviétique.

Bilan et conséquences

La dénazification fut dans l’ensemble une réussite dans les deux Allemagne. La culture démocratique dans le cadre européen pour la RFA et la culture communiste, anti nazie en RDA ont joué leur rôle. Certes, on ne peut tuer les idéologies. En temps de crise et pour certains « marginaux », les thèses d’Hitler trouvent encore une oreille attentive ! Nous avons même observé dans les années 2000 une recrudescence des meurtres ouvertement racistes en Allemagne. Précisons que cela est très marginal dans la société allemande.

Pour la Russie, les problèmes sont différents. La culture démocratique est moins ancrée dans la société. Le passage du communisme à un capitalisme libéral et sauvage a jeté une grande majorité de la population dans la misère et le désarroi total. Les Russes n’étaient pas préparés à un tel choc, d’où les difficultés à avoir une vraie vie démocratique. Même si certains Russes souhaiteraient revenir au régime communiste, le stalinisme est condamné. Ils réclament cependant une meilleure répartition des richesses dans la société russe.

  • Cette société reste toutefois très dure, violente et peu démocratique sous Poutine, le nouvel homme fort de la Russie.

Conclusion :

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne fut rapidement scindée en deux régimes totalement différents, entre RDA et RFA. D’un côté comme de l’autre, la dénazification fut bien réelle et concrète, en particulier grâce au procès de Nuremberg, où de nombreux dignitaires nazis furent jugés et condamnés, et à la conférence de Potsdam, qui lança une grande campagne de chasse aux nazis. Malgré tous ces efforts, de nombreux criminels de guerre et membres du parti nazi échappèrent aux sanctions. Du côté de l’URSS, la déstanilisation de la société a été plus lente à mettre en oeuvre. C’est Gorbatchev qui lance, dans les années 1980, la série de réformes qui ouvre le bloc soviétique au monde, jusqu’à aboutir à la fin de l’URSS, après la chute du mur de Berlin en 1989.