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La gouvernance économique mondiale depuis 1944

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À la différence du programme des séries L et ES, l’étude de la gouvernance économique mondiale ne débute qu’à partir du sommet du G6 de 1975 en série S. La lecture des événements qui ont précédé cette date peuvent néanmoins permettre de comprendre son contexte.

Introduction :

Une des évolutions majeures qu’a connu le XXe siècle fut la remise en cause du rôle des États-nations, bâtis à travers les siècles à force de guerres et de conflits divers. Un État-nation se forge pour avoir une totale indépendance : une indépendance politique, diplomatique, des frontières sûres et reconnues. La monnaie est un des symboles de cette indépendance et de l’identité de chaque pays.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, deux nouvelles échelles de gouvernement s’imposent, l’échelle régionale, comme l’Union européenne par exemple, et l’échelle mondiale. Cette dernière transforme notamment les modes de gestion de l’économie mondiale. La gouvernance économique mondiale désigne les structures internationales de concertation et de régulation économiques qui « gouvernent », par traités interposés et règles communes, les échanges mondiaux.

Dans une première partie nous allons étudier la mise en place de nouvelles structures de 1945 aux années 1970. La seconde partie sera, elle, consacrée à la gouvernance de la mondialisation.

La mise en place de nouvelles structures de 1945 aux années 1970

Bien avant le fin du second conflit mondial, la préoccupation première des pays européens était d’éviter les erreurs commises lors des années 1930.

La multiplication des zones monétaires concurrentes, les dévaluations sauvages et l’élévation des barrières douanières pour protéger les économies nationales ont été extrêmement néfastes pour tous les pays européens, avec des conséquences politiques et sociales parfois dramatiques.

L’objectif est maintenant de garantir la liberté de commerce et la paix mondiale dans un cadre multilatéral, c’est-à-dire, de manière internationale.

Les accords de Bretton Woods sont signés par 44 pays en 1944 sous l’impulsion des États-Unis, sortis renforcés et enrichis de la guerre. Le but est de stabiliser les fluctuations monétaires. Le dollar devient la monnaie de référence internationale et reste convertible en or.

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À retenir

Les accords de Bretton Woods créent le FMI, Fond monétaire international et la BIRD, Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement.

Le FMI est chargé de garantir la stabilité du SMI, système monétaire international, avec l’aide de la Banque mondiale.

  • Le premier travail du FMI est d’encourager la coopération monétaire internationale et de stabiliser les taux de change monétaire.

Le FMI va progressivement devenir l’organisme qui vient en aide aux pays endettés, en contrepartie de plans d’ajustement structurels, c’est-à-dire qu’il oriente la politique financière et économique des pays aidés avec, en corollaire, une perte d’indépendance pour ces derniers.

Jusque dans les années 1970-1980, ce sont surtout les pays en voie de développement (dits du tiers-monde) qui doivent faire appel à l’intervention du FMI. Priorité est mise sur le remboursement de la dette et des intérêts de la dette : le FMI met l’accent sur les exportations, notamment les productions agricoles pour les pays les plus pauvres, pour faire rentrer des devises afin de rembourser les créances du pays.

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À retenir

Les aides du FMI se sont aussi accompagnées, pour les États endettés, de la mise en place de politiques d’austérité et de coupes budgétaires dans les secteurs « non productifs » pour la dette : l’enseignement, la santé et la culture, parfois au détriment du développement à long terme du pays.

  • Le plan Marshall a fortement participé à cette nouvelle organisation mondiale.

Au sortir de la guerre, il soutient la croissance dans les pays européens, c’est une bonne illustration de la politique keynésienne (du nom de l’économiste John Maynard Keynes) c’est-à-dire de l’intervention des États dans l’économie. Il a grandement joué dans la naissance des Trente Glorieuses, trente années de forte croissance économique et sans chômage en Europe.

Conséquence de ces différentes initiatives des États-Unis, l’économie monétaire des pays d’Europe de l’Ouest s’est organisée autour du dollar, et l’économie américaine a joué un rôle de plus en plus prépondérant sur la scène internationale.

Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et les quatorze points du président Wilson, les États-Unis souhaitent des échanges mondiaux sans entraves.

En 1947 après la Seconde Guerre mondiale, ils sont à l’origine de la signature du GATT, acronyme anglais pour Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce.

  • Le but du GATT est de mettre en place des cycles de négociations afin de réduire les barrières douanières sur des produits de plus en plus nombreux.

L’objectif à terme est de faciliter grandement les échanges mondiaux. Tous ces organismes sont ratifiés par les pays occidentaux et rejetés en bloc par les pays communistes, qui y voient une tentative américaine d’affirmer son influence sur l’économie mondiale. En réponse, le monde communiste organise autour de l’URSS un système de coopération appelé CAEM, pour Conseil d’assistance économique mutuelle en 1949.

  • Quoi qu’il en soit, le libre-échange se développe durant cette période, et bientôt, 80 % du commerce international passe par le GATT.

Dans le même temps, les pays nouvellement décolonisés appartenant au tiers monde se regroupent en 1964 au sein de la CNUCED, Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement.

  • Leur but est de s’insérer dans le commerce international tout en protégeant leur marché et en favorisant l’exportation de certains de leur produits.

Cependant la parité dollar/or se dégrade. Cela est lié à la baisse de compétitivité de l’économie américaine, à la course aux armements de la guerre froide et à la guerre du Vietnam, qui ont creusé les déficits américains.

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À retenir

En 1971, avec l’abandon de la convertibilité dollar/or c’est la fin du SMI, le système monétaire international: on change de période et de contexte économique.

La gouvernance de la mondialisation

La fin des accords de Bretton Woods amène un désordre monétaire international.

Le flottement des monnaies pénalise le commerce international. Les deux chocs pétroliers, en 1973 et en 1979, viennent accentuer les difficultés économiques de la planète. Le FMI multiplie les plans d’ajustement structurel pour de nombreux pays en difficulté et endettés.

  • On assiste à la fin des Trente Glorieuses et à la fin d’un cycle économique. Une nouvelle vision économique voit le jour.

Le keynésianisme n’est plus à l’ordre du jour, c’est le néolibéralisme qui s’impose, sous l’influence de l’économiste Milton Friedman et de l’école de Chicago.

Ronald Reagan aux États-Unis et Margareth Thatcher au Royaume-Uni lancent une révolution conservatrice et appliquent cette nouvelle politique économique.

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À retenir

Le rôle de l’État est remis en cause, c’est la fin de l’État-providence. On assiste à de nombreuses privatisations, à la libéralisation des capitaux et à la dérégulation de la finance mondiale dans la majeure partie du monde occidental.

En parallèle, la planète s’organise en régions économiques de libre-échange :

  • l’ALENA en Amérique du Nord,
  • l’UE, en Europe,
  • le MERCOSUR, en Amérique du Sud,
  • ou encore l’ASEAN en Asie.
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À retenir

Les pays du Nord essaient de s’entendre et de maîtriser les évolutions économiques et financières notamment via le G6, créé en 1975 et qui regroupe les pays les plus puissants de la planète : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, devenu G7 l’année suivante puis G8 par la suite en y incluant le Canada et la Russie (à nouveau exclue depuis son annexion de la Crimée en 2014).

  • Les mêmes objectifs sont à l’origine de la création du G20 en 1999, qui inclue les nouveaux pays émergents sur la scène économique mondiale. La naissance du G20 est liée à l’apparition de nouveaux rapports de force entre les pays du Nord et les pays émergents du Sud, dont le poids économique augmente.

La fin du monde communiste, avec la chute de l’URSS, étend le capitalisme libéral à l’ensemble de la planète. Parallèlement, les échanges se multiplient et les barrières tombent : on assiste au développement de la mondialisation. En 1995, le GATT est remplacé par l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce. Avec l’intégration de la Chine et la Russie, ce sont 95 % des pays de la planète qui sont désormais membres de l’OMC.

Mais certains pays veulent aller plus loin dans les échanges mondiaux et rêvent d’une planète totalement ouverte aux capitaux, aux marchandises mais aussi aux investissements dans les biens et les services. Un exemple signifiant est la négociation des accords de l’AMI, pour Accord multilatéral sur l’investissement.

  • Ils ont été négociés secrètement au sein de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, un organisme international d’études économiques comprenant actuellement 34 pays développés, dont la France.

Au sein de l’AMI, la proposition de certains était de permettre aux sociétés privées d’investir dans n’importe quel pays dans l’enseignement, la santé, la culture, l’eau potable, l’énergie, tous ces secteurs étant appelés à être privatisés.

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À retenir

Les négociations ont finalement été dévoilées au grand public par des mouvements citoyens américains et européens. Les réactions ont été vives à travers la planète et les gouvernements se sont positionnés ouvertement.

La France a alors défendu notamment le principe de « l’exception culturelle », pour protéger les biens culturels de la simple logique de marché. Le projet est finalement abandonné.

D’autres structures de dimension internationale prennent de plus en plus de puissance. Ainsi, chaque année à Davos en Suisse, le forum économique mondial réunit les dirigeants des plus grandes multinationales et des représentants politiques du monde entier afin de débattre des nouvelles orientations mondiales en matière économique et financière pour le monde entier.

Autres structures extra-étatiques au pouvoir grandissant, les agences de notations privées, notent entre autres les performances des États, et influencent les marchés financiers. Il a été beaucoup question de l’influence de ces agences lors de la crise des subprimes en 2007.

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À retenir

Un des pays a avoir le plus souffert de cette crise est la Grèce, qui a du faire face à une véritable banqueroute suite à l’explosion de sa dette lors de la crise et après le retournement des marchés financiers contre le pays.

En échange d’une aide financière, la Grèce a alors subi des plans d’ajustement drastiques de la part du FMI, de la Banque centrale européenne et de l’Union européenne.

Cependant, le krach boursier de 1987 et la crise financière de 2008 ont suscité l’apparition de nouvelles voix.

  • Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, est par exemple un néokeynésien qui déclare qu’« il y a une autre économie en dehors des marchés, le marché n’est pas une fatalité ».
  • L’altermondialisme se développe également et tente de défendre une autre gestion économique et écologique de la planète.

Dans la foulée de la crise économique de 2008, on assiste à une remise en cause de la gouvernance mondiale et de la politique de l’OMC par les populations elles-mêmes dans de nombreux pays en Europe, en Amérique latine et en Asie.

  • Le mouvement « Occupy Wall Street » à Manhattan, New York, en 2012, se dresse contre la dérégulation de la finance mondiale, et milite pour une autre gestion de la planète.
  • La même année, les « indignés » de Madrid refusent les logiques libérales de la gouvernance mondiale.

Conclusion :

La fin de la Seconde Guerre mondiale a vu la mise en place de nouvelles structures de gestion de l’économie mondiale. Afin de ne pas commettre les mêmes erreurs que dans les années 1930, les États-Unis impulsent la signature de l’accord de Bretton Woods et la création du FMI. À partir de là, l’idée est de permettre une circulation des capitaux et des marchandises à l’échelle mondiale et sans entraves. Les pays occidentaux se regroupent au sein du GATT et ouvrent leurs marchés.

Dans les années 1970, les choses changent drastiquement. Jusque là, l’idée était que l’État se devait d’intervenir dans l’économie et de protéger ses populations. Mais petit à petit, la logique keynésienne est remplacée par le libéralisme économique de l’école de Chicago, et les instances internationales allègent leur contrôle des marchés. En parallèle, le FMI impose aux pays à qui il apporte son soutien des mesures sévères de baisse des dépenses, ce qui provoque la colère de beaucoup de pays en voie de développement. Les pays émergents prennent également de plus en plus de place sur la scène internationale, ce qui est bien illustré par la création du G20.