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La vérité

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Problématique

  • Qu’est-ce qui fait qu’une opinion est vraie ?
  • À quoi reconnaît-on la véracité d’une chose ?

Définitions à connaître : dogme, vérité, opinion, subjectivité, réalisme, idéalisme, empirisme, rationalisme.

  • L’allégorie de la caverne : Platon

Dès l’Antiquité, Platon a bien compris le caractère doxique de nos idées. Le philosophe grec considère que le monde dans lequel nous évoluons est celui du vraisemblable, de l’opinion. Dans La République, écrit en 380 av. J.-C., Platon décrit un monde où des individus sont prisonniers, enchaînés face à un mur sur lequel apparaissent des images. Ces images sont le reflet d’objets réels que d’autres individus manipulent derrière eux. Faute d’avoir connu autre chose, les prisonniers pensent avec certitude que ce qu’ils voient est le réel, alors qu’ils ne perçoivent que son ombre.

  • Cette histoire, connue sous le nom d’allégorie de la caverne, critique le rapport illusoire que l’humain entretient avec la vérité en la confondant avec l’opinion. En effet, chacun croit détenir des vérités alors qu’il ne possède que des opinions.

À la fin de l’allégorie, un prisonnier se libère de ses chaînes et sort. Il comprend alors que tout ce qu’il pensait être vrai n’est qu’illusion. Il prend conscience qu’il n’a jamais eu accès à la vérité, mais seulement à sa copie. Cette prise de conscience est douloureuse car comprendre qu’on ne sait rien et qu’on ne possède aucune vérité est assez dur à admettre.

  • Socrate et la vérité

Socrate, le principal protagoniste des dialogues de Platon, considère que la vérité n’est pas innée pour l’être humain mais qu’elle doit être acquise. Pour cela, nous devons d’abord prendre conscience que la plupart de nos pensées sont en fait des opinions, comme nous l’avons vu plus tôt.

  • Pourtant Socrate assume et proclame une unique certitude : « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. »

Cette prise de conscience est nécessaire pour celui qui veut vraiment conquérir la vérité. Celle-ci ne se donne pas, elle se dévoile progressivement. D’ailleurs en grec « vérité » se dit alètheia et signifie à la fois « vérité » et « dévoilement ».

  • Descartes : rien n’est vrai sauf la conscience

Au XVIIe siècle, Descartes a mené un travail d’examen de ses opinions pour tenter de sortir de son dogmatisme. Depuis son enfance, il a emmagasiné de nombreuses connaissances dans tous les domaines et les a acceptées sans sourciller ni les vérifier. Il constate alors que nos vérités sont construites soit par nos sens, soit par notre intellect, or ces deux peuvent se tromper voire être une illusion créée par notre inconscient.
Au moment où Descartes abandonne l’espoir d’atteindre une vérité, et semble admettre que nous sommes condamnés à nous contenter d’opinions, une vérité surgit enfin de manière fulgurante : il ne peut douter que son esprit est en train de douter.

  • « Je pense, donc je suis » : je suis avec certitude un esprit pensant capable de douter, d’examiner, de rejeter. Je ne peux pas douter de mon esprit qui s’efforce de penser. Cette vérité est connue sous le nom du cogito ergo sum.
  • Hume et la vérité

Hume, empiriste sceptique, va plus loin que Descartes en déclarant qu’aucune vérité n’est définitive. Selon lui, seule l’expérience est révélatrice de vérité, or elle sera toujours insuffisante pour révéler des vérités universelles et nécessaires : il est en effet impossible pour l’être humain de faire l’expérience de l’universel (vrai partout) et du nécessaire (vrai de tout temps).
C’est ainsi qu’écrit Kant, dans sa Critique de la raison pure, que Hume l’a réveillé de son « sommeil dogmatique ».

  • C’est finalement par le dialogue avec d’autres philosophes que doit naître, pour lui, la vérité.
  • Kant et le sens commun

Le sens commun est une référence commune à tous, indispensable pour que les esprits s’accordent. Cet effort suppose au moins deux conditions selon Kant :

  • chercher à penser par soi-même sans se contenter de répéter bêtement ce qui a été entendu ;
  • penser en se mettant à la place des autres interlocuteurs :cela implique de sortir de soi-même afin d’envisager d’autres points de vue.

La véritable connaissance n’est pas solitaire. C’est un processus commun, dans lequel chacun accueille le point de vue des autres afin d’élargir le sien. La démarche n’est pas évidente, mais elle garantit un accès à la vérité.

  • La vérité se définit plutôt comme un chemin à emprunter, et une certaine attitude intellectuelle envers l’ignorance et les opinions.
  • La vérité est relative et non absolue selon Nietzsche

Au XIXe siècle, Nietzsche réaffirme l’idée qu’il n’existe pas une seule vérité, mais plusieurs dans une réalité donnée.

  • D’un point de vue philosophique, la vérité est une construction de l’être humain qui lui permet d’étendre sa puissance et de développer ses capacités.

À travers la science, la politique, l’art et bien d’autres domaines, nous recherchons la vérité car elle est un moyen d’accroître notre puissance vitale, et de développer notre potentiel de création.

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À retenir

  • La vérité est difficile d’accès, mais certains philosophes comme Descartes prouvent que notre esprit peut atteindre des vérités. La condition préalable semble être la nécessité de se défaire des opinions léguées par tous ceux qui participent à notre formation intellectuelle.
  • L’esprit peut s’acheminer vers une connaissance certaine comme en mathématiques, ou se contenter d’accorder son crédit aux opinions les plus raisonnables lorsqu’il s’agit de la vie quotidienne.
  • La vérité est une valeur universellement recherchée parce qu’elle offre à l’être humain un intérêt intellectuel et moral. Mais la vérité est aussi un baume qui apaise notre esprit en quête de stabilité et de permanence.