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Histoire du roman

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Introduction :

Le terme roman apparaît au XIIe siècle. Il désigne d’abord un récit versifié en langue romane destiné à être lu à haute voix par les troubadours dans les cours royales. Il ne va cesser de se développer, de prendre des formes multiples au fil des siècles et des changements de mentalité. Le roman est en effet un genre mutant en constante évolution au cours de l’Histoire car il est le reflet de la société. Ce cours traite de l’émergence du roman moderne, de son âge d’or mais aussi de sa période de crise au XXe siècle.

Le roman au Moyen Âge et à la Renaissance

Le roman au Moyen Âge s’appelle roman de chevalerie. Il intervient entre la chanson de geste, long poème épique sur les exploits d’un héros médiéval, et les fabliaux, de courts récits comiques à dimension moraliste.

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Définition

Roman de chevalerie :

Il raconte l’histoire de héros vaillants, motivés par l’honneur royal ou l’amour d’une dame.

On étudie toujours aujourd’hui de nombreux romans de chevalerie comme Tristan et Iseult de Béroul ou encore les récits de Chrétien de Troyes sur la légende du roi Arthur et les Chevaliers de la Table ronde.

  • Les romans de chevalerie véhiculent les valeurs, très fortes à l’époque, de foi, de fidélité au roi et à la dame.

Dans le roman de Chrétien de Troyes, Yvain ou Le Chevalier au Lion par exemple, Yvain, un des chevaliers de la Table ronde, cherche à s’attirer les honneurs du roi et l’amour de sa dame en faisant preuve de bravoure lors d’aventures extraordinaires semées d’embûches.

À la Renaissance apparaît un nouveau type de roman qui prend le contre-pied du roman héroïque et fantastique médiéval : c’est le roman picaresque.

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Définition

Roman picaresque :

Inspiré de la littérature espagnole, il met en scène un personnage généralement populaire voire miséreux mais rusé qui se confronte à de nombreuses difficultés lors d’un voyage périlleux. Cet anti-héros est rendu attachant par ses déboires et ses malheurs.

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À retenir

La vie de Lazarillo de Tormes, publié anonymement en 1554, est un des classiques du genre picaresque.

Ce roman raconte l’histoire d’un jeune garçon pauvre d’Espagne abandonné par ses parents et confié tour à tour à divers maîtres. Au fur et à mesure de ses rencontres et de ses aventures, il devient de plus en plus rusé et prêt à affronter le monde.

Le roman à la période classique

Dans la première partie du XVIIe siècle fleurit le genre du roman dit « précieux ».

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Définition

Roman précieux :

Il présente des personnages idéalisés, aux sentiments distingués, le tout écrit dans un style très travaillé et recherché. Il raconte le plus souvent des histoires d’amour passionnelles entre un berger et une bergère dans un cadre pastoral, c’est-à-dire champêtre.

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À retenir

Le roman à succès de cette période est sans conteste L’Astrée d’Honoré d’Urfé. Il y raconte étape par étape, et en plus de 5 000 pages, la passion amoureuse entre deux jeunes bergers, Astrée et Céladon.

Dans la deuxième partie du XVIIe siècle apparaît en France et en Espagne le roman parodique.

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Définition

Roman parodique :

Il vient parodier les valeurs idéalisées et les personnages parfaits du roman précieux.

Les romans parodiques les plus connus sont Le roman comique de Scarron, ou encore le Don Quichotte de Cervantes, où le héros éponyme imite à la fois le personnage précieux et celui des romans médiévaux, comme on peut le lire au chapitre XVIII :

« Il avait à toute heure et à chaque instant l’imagination remplie des combats, des défis, des enchantements, des aventures, des amours, bref, de ces absurdités que l’on trouve dans les romans de chevalerie, et tout ce qu’il disait, pensait ou faisait n’avait d’autre but que de s’y conformer. »

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À retenir

On tend alors de plus en plus vers un roman représentatif de la vision d’un homme imparfait, humain et donc davantage en adéquation avec le simple lecteur.

Le roman au XVIIIe siècle

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À retenir

Le XVIIIe siècle est une période de grande remise en question sociale, politique et morale. Le roman est quelque peu délaissé pendant ce siècle au profit de la littérature d’idées. Il a cependant été exploité sous la forme du roman épistolaire.

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Définition

Roman épistolaire :

C’est un roman fait de lettres fictives échangées entre deux ou plusieurs personnages. Ce type de récit est un moyen efficace pour faire passer ses idées en évitant la censure.

C’est ce que fait Montesquieu par exemple dans les Lettres Persanes, en dénonçant implicitement les mécanismes de la société française à travers le regard de voyageurs étrangers, Usbek et Rica. De même, Choderlos de Laclos dépeint le libertinage d’idées et de mœurs dans la correspondance imaginaire des Liaisons dangereuses.

  • La fin du XVIIIe siècle est marquée par le romantisme.
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Définition

Romantisme :

Mouvement littéraire et culturel qui s’oppose aux codes classiques. Il préconise l’étude de l’Histoire, l’expression du moi, et se concentre sur la nature et sur l’amour.

Les romanciers romantiques écrivent surtout des récits historiques, comme Victor Hugo et Notre-Dame de Paris, ou encore, chez les anglais, Ivanhoé de Walter Scott.

L’âge d’or du roman : le XIXe siècle

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À retenir

C’est au XIXe siècle que le roman prend enfin son essor. Il était jusque-là peu codifié et dénigré vis-à-vis des autres genres littéraires car on le considérait comme trop sentimental.

Rousseau soulignait d’ailleurs ce caractère négatif du roman ainsi que son immoralité dans la préface de Julie ou la nouvelle Héloise :

« Il faut des spectacles dans les grandes villes, et des romans aux peuples corrompus. […] Jamais fille chaste n’a lu de romans. »

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À retenir

Pour enfin donner ses lettres de noblesse au roman, les auteurs du XIXe siècle comme Maupassant, Balzac ou Flaubert vont s’attacher à en faire un reflet de la réalité.

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Définition

Réalisme :

C’est un courant littéraire qui veut représenter avec exactitude les hommes et la société.

Dans les œuvres réalistes, les descriptions sont précises et fouillées, et la psychologie des personnages très travaillée. La réalité est traitée sans être embellie ou transformée, dans une logique d’authenticité. Il s’agit de donner l’illusion du vrai.

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À retenir

Les partisans du réalisme, soucieux de représenter une grande part de la société ont en ce sens écrit de véritables fresques romanesques.

C’est le cas de Balzac et de sa Comédie Humaine de plus de quatre-vingt-dix œuvres, avec laquelle il entendait « concurrencer l’état civil ».

  • Le réalisme va évoluer naturellement vers le naturalisme.
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Définition

Naturalisme :

Courant qui veut toujours recréer le vrai mais en tentant cette fois-ci de démontrer l’influence de l’environnement, de la famille ou du milieu social sur les individus.

Zola s’appuiera sur cette assise pour créer une œuvre monumentale de vingt volumes sur la classe ouvrière, Les Rougon-Macquart.

« Le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l’odeur du peuple » dit-il dans la préface de l’une de ses œuvres. Dans ses romans, les personnages tiennent leurs vices de leurs ancêtres, à l’image de Gervaise, modeste lingère dans L'Assommoir, condamnée à l’alcoolisme et à la misère comme l’étaient ses parents. Par ce travail sur l’hérédité dans la fiction, Zola met en avant une forme de tragique social moderne.

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À retenir

Le XIXe voit aussi naître deux types de récit à succès, les romans policiers d’Edgar Allan Poe et le roman de science-fiction, un genre popularisé par Jules Verne.

La crise du roman

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À retenir

Au XXe siècle, les deux guerres mondiales mais aussi les découvertes de Freud sur la psychanalyse et l’inconscient remettent profondément en question le genre romanesque. Globalement, les romanciers du XXe siècle rejetteront le modèle classique du roman de type balzacien.

Le genre romanesque, dès les années 1930, souligne les nouvelles interrogations de l’Homme face à son destin incertain. C’est le cas par exemple des œuvres de Jean-Paul Sartre comme La Nausée, journal fictif dans lequel le narrateur, Antoine Roquentin, fait l’expérience du non-sens et de la vacuité de l’existence.

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À retenir

Dans la lignée de Sartre, Albert Camus écrit en 1942 L’Étranger, un récit à la première personne où l’étrange narrateur évolue dans le climat absurde et creux d’une existence que la société entend lui dicter.

Un autre type de roman apparaît à la même période, que l’on appelle roman d’anticipation ou dystopie.

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Définition

Romans d’anticipation et dystopie :

Ce sont des récits fictifs, imaginant des sociétés « parfaites » et futuristes, mais prêtes à tous les excès pour atteindre le bonheur.

Ils se font en réalité le reflet des sociétés imaginées par les régimes totalitaires de l’époque. C’est le cas du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, publié en 1932.

Dans les années 1950, la crise du roman est poussée à son paroxysme avec le courant du nouveau roman.

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Définition

Nouveau roman :

Avec ce genre, tous les repères et fondations du récit éclatent petit à petit. Le cadre spatio-temporel n’est plus systématiquement proposé, le personnage n’est plus toujours caractérisé voire même parfois anonyme, et l’intrigue ne suit pas forcément une logique précise.

La Modification de Michel Butor par exemple est racontée par un narrateur qui parle à la deuxième personne du pluriel, ce qui donne au roman un caractère perturbant et intriguant.

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À retenir

Les auteurs du nouveau roman les plus reconnus sont Samuel Beckett, Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute ou encore Marguerite Duras.

  • Ce mouvement littéraire refuse ce personnage dont le caractère a été trop bien défini et lissé par le passé.
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À retenir

Les partisans du nouveau roman veulent bouleverser le confort du lecteur et le pousser dans ses retranchements en le faisant participer plus activement à l’histoire.

Nathalie Sarraute dira d’ailleurs vouloir apporter « de nouvelles formes et une nouvelle substance au roman » afin de modifier la vision du monde du lecteur.

La littérature du XXIe siècle a retenu les leçons de la crise romanesque. Elle se veut plus diverse et moins codifiée. Il y a aujourd’hui autant de types de romans que de lecteurs. De nouveaux genres voient le jour comme le roman de gare, un type de récit distrayant, se lisant rapidement et facilement. La littérature de science-fiction a littéralement explosé depuis une quinzaine d’années grâce au succès de sagas célèbres comme Harry Potter de J.K Rowling par exemple. Mais d’un point de vue général, le roman contemporain est davantage centré sur le personnel et l’intime que dans l’engagement politique comme il avait pu l’être aux siècles précédents.

Conclusion :

Le roman est jusqu’au XIXe siècle un genre mal-aimé, parodié et placé en bas de la hiérarchie littéraire. Les intellectuels le critiquent pour son invraisemblance et son caractère sentimental, et privilégient la littérature d’idée. Mais la dimension moraliste et réaliste qu’il revêt au XIXe lui donne ses lettres de noblesse. Au XXe siècle, le roman classique est entièrement remis en question car il ne peut être représentatif de la vision désabusée de l’homme et du monde que l’on a à l’époque. Il se révèle aujourd’hui multiforme et plus proche de son lecteur.